C. AFGHANISTAN : EXPLIQUER À L'OPINION PUBLIQUE LES RAISONS D'UNE GUERRE

Relevant l'effritement du soutien de l'opinion publique afghane aux opérations militaires menées dans son pays, la commission pour les relations parlementaires et publiques a cherché à analyser les raisons d'une telle défiance. Les pertes humaines au sein de la population apparaissent bien évidemment comme un élément déterminant. Le travail de commission ne tend pas à remettre pas en cause la légitimité de l'intervention alliée ou la validité de la stratégie employée. Elle vise au contraire à améliorer la visibilité de l'action internationale sur place.

Comme l'a souligné Mme Françoise Hostalier (Nord - UMP) , la mise en oeuvre d'une véritable politique de communication à l'endroit de la population afghane relève d'une ardente nécessité :

« Ce rapport fait suite au point 11 du rapport que j'avais moi-même eu l'occasion de présenter en décembre dernier. Cela démontre, s'il en était besoin, la continuité des préoccupations de notre assemblée vis-à-vis de l'Afghanistan. À mon avis, il était très important d'engager cette réflexion sur au moins quatre points.

Tout d'abord, comme l'a rappelé à l'instant mon collègue, vis-à-vis des opinions publiques dans nos pays contributeurs au niveau de la coalition. Ensuite, vis-à-vis de la population afghane. Vis-à-vis surtout des militaires engagés et de leurs familles, vis-à-vis enfin, de l'opinion publique internationale à l'égard de deux pays qui ne sont pas forcément directement engagés, mais qui sont concernés par ricochet, notamment quant à l'aspect régional.

Nous sommes tous conscients de l'importance du rôle joué par la communication dans les conflits armés, et ce n'est pas à la veille de l'appel du 18 juin du général de Gaulle qu'il faut démontrer l'importance des médias. C'était il y a déjà 60 ans. En cet instant, nous devons avoir une pensée pour les très nombreux journalistes qui, avec courage et talent, remplissent leur mission dans les pays en guerre, notamment en Afghanistan. Je pense particulièrement aux jeunes femmes journalistes afghanes qui ont été assassinées, à celles qui risquent leur vie pour exercer leur métier et aux deux journalistes français toujours otages en Afghanistan.

De manière générale, je trouve qu'il existe un curieux paradoxe entre le fait que notre époque vit à l'heure de la communication directe grâce à laquelle nous savons instantanément ce qui se passe dans le monde, y compris dans les coins les plus reculés, et notre incapacité à trouver le bon niveau pour pouvoir communiquer. Par conséquent, il est indispensable que nous ayons cette communication. Sinon, comment justifier les sommes colossales engagées sans une information directe au niveau des médias ?

Il me paraît essentiel que, sans langue de bois, nous nous engagions à communiquer sur les réalisations positives. Que chacun ici puisse se les approprier. Que les militaires sachent que les pays sont reconnaissants de l'action qu'ils mènent et que nous soutenons.

Je rappellerai la nécessité de soutenir l'effort des journalistes afghans, comme cela est indiqué dans le rapport. Nous en avons reçu sept la semaine dernière, en France. Nous avons été très impressionnés par leur courage et la qualité de leurs travaux, bien qu'ils aient encore trop peu de moyens.

Lucie Aubrac disait : « la terreur se nourrit de l'ignorance ». Ce sont précisément les médias qui, avec notre soutien, permettront de mieux participer à cette guerre contre l'ignorance, guerre que nous devons gagner. »

La recommandation adoptée insiste sur la nécessité pour l'OTAN et les Nations unies d'adopter une stratégie de communication davantage axée sur les progrès et les réalisations de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) et notamment sur les projets qu'elle à menés en direction de la société civile. L'accroissement continu du niveau de vie de la population afghane doit, à cet égard, être mis en avant.

Le texte insiste également sur la nécessité de rappeler les objectifs des opérations menées : la lutte contre le terrorisme, les narcotrafiquants et la corruption ainsi que le renforcement de la sécurité collective. Il convient à cet effet de s'appuyer sur les médias afghans, en renforçant notamment leurs moyens.

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