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Egalité des femmes et des hommes dans le sport : comme dans le marathon, ce sont les derniers mètres les plus difficiles

21 juin 2011 : Egalité des femmes et des hommes dans le sport : comme dans le marathon, ce sont les derniers mètres les plus difficiles ( rapport d'information )
2. Le Mouvement olympique : une gouvernance réservée aux hommes ?

Intérêts financiers, médiatiques et symboliques forts : autant d'enjeux qui font du sport de haut niveau un domaine réservé aux hommes. Aussi, la sous-représentation des femmes aux postes à responsabilité y est-elle particulièrement criante.

a) Le Comité international olympique (CIO) et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF)

A l'instar des structures fédérales, le Mouvement olympique national reste encore largement aux mains des hommes.

Une seule des 30 fédérations françaises olympiques est présidée par une femme. Elles sont cependant plus nombreuses aux postes de trésorières (où l'on trouve sept femmes, soit 23,3 %) et de secrétaires générales (cinq femmes, soit 16,6 %).

Au sein du Comité national olympique français (CNOSF), les femmes représentent 17,8 % des élus du conseil d'administration (onze femmes dont une est élue au bureau exécutif), alors qu'elles ne représentaient que 8,8 % en 2005 (quatre élues)46(*).

Encore faut-il rappeler que ce progrès n'a été rendu possible que grâce aux recommandations émises par le groupe de travail installé par Henri Sérandour en 2002, qui préconisait, notamment, de réserver cinq postes aux femmes dans le futur conseil d'administration.

Le Mouvement olympique international accuse un retard encore plus marqué, au regard de son histoire : bien que des progrès aient été constatés au niveau de la participation des femmes à des activités physiques et aux Jeux olympiques, le pourcentage de femmes dirigeantes et administratrices dans le Mouvement olympique, aussi bien au CIO que dans les fédérations internationales (FI) est encore très bas. Le CIO avait adopté en 1997 une décision selon laquelle tous les comités nationaux olympiques et les FI devaient, d'ici la fin de l'an 2000, réserver au moins 10 % des postes dans leurs structures décisionnelles à des femmes, pourcentage qui devait passer à au moins 20 % avant la fin de l'an 2005. Mais on en est encore loin.

La composition du Comité d'organisation des Jeux olympiques (COJO) de Londres 2012 en fournit une illustration : parmi ses dix-neuf membres, il ne compte qu'une femme, la princesse Anne d'Angleterre.

La délégation relève qu'avec trois femmes sur ses vingt-quatre membres, le Comité de candidature Annecy 2018 se rapproche certes davantage, mais sans l'atteindre, de l'objectif de 20 % de femmes.

Si, comme il faut le souhaiter, la candidature d'Annecy était retenue pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2018, la délégation invite le CNOSF à veiller à ce que la composition du futur Comité d'organisation des Jeux olympiques respecte le quota de 20 % de femmes recommandé par le CIO.

Elle invite le Comité international olympique à prendre en compte à l'avenir, parmi les critères de sélection des villes candidates à l'organisation des Jeux, le respect de cette règle dans la composition des comités de candidature.

b) La nécessité de fixer des quotas

La délégation est convaincue de la nécessité d'imposer des règles fixes qui garantissent un certain nombre de postes aux femmes au sein des instances de direction du Mouvement olympique.

Le témoignage de Mme Françoise Sauvageot a particulièrement éclairé la délégation : « Au "bureau exécutif" [du CNOSF], qui se réunit parfois plusieurs fois par semaine, je suis la seule femme. Un second niveau de Bureau compte deux vice-présidents supplémentaires et se réunit de manière plus aléatoire ; je puis compter sur une autre femme, Isabelle Severino, avec laquelle j'ai immédiatement noué une complicité. Le "bureau élargi", enfin, qui se réunit une fois par mois, compte encore une autre femme. Nous y sommes donc trois, sur une vingtaine de membres, et le courant passe admirablement, ce qui nous aide à progresser ».

Cette expérience, comme d'autres, démontre qu'une minorité ne peut être représentée que par un groupe.

La délégation invite le CIO à veiller à ce que tous les comités nationaux olympiques et toutes les fédérations internationales olympiques réservent au moins 20 % des sièges à des femmes dans leurs structures décisionnelles.

La prochaine conférence mondiale du CIO sur la femme et le sport, qui se tiendra en 2012 et dont le titre « Plus forts ensemble : l'avenir du sport », laisse présager une volonté d'avancer, doit être l'enceinte dirigeante idéale pour exprimer et formaliser ces propositions.


* 46 Issu de chiffres clés, précité, et confirmé par Mme Françoise Sauvageot.