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La défense antimissile balistique : bouclier militaire ou défi stratégique ?

6 juillet 2011 : La défense antimissile balistique : bouclier militaire ou défi stratégique ? ( rapport d'information )
b) Quel niveau d'ambition pour la France ? Quel niveau d'unité pour l'Europe ?

Notre niveau d'ambition au plan diplomatique dépend de deux facteurs : notre capacité à nous unir avec les autres nations européennes afin de peser collectivement dans la future DAMB de l'OTAN ; notre capacité nationale à garantir notre accès au C2 de cette DAMB.

(1) Niveau 1 d'ambition : la recherche de coopérations européennes

Le gouvernement français pourrait proposer la réunion d'une conférence aux nations européennes, y compris la Turquie, désireuses de contribuer à la DAMB, au-delà du financement du C2 et autrement qu'en achetant sur étagère du matériel américain. Une telle conférence est peut-être vouée à l'échec. Mais au moins aurons nous essayé. D'autant qu'il existe beaucoup de terrains de coopération possibles entre Européens. L'Agence européenne de défense serait le cadre naturel pour une telle initiative. En cas de succès, une coopération structurée pourrait être envisagée.

Listons comme coopérations envisageables :

1. La coopération entre l'Italie et la France sur le radar du SAMP/T - ce système est concurrent du Patriot PAC-3 et pourrait intéresser d'autres pays européens de l'Alliance.

2. La coopération entre l'Italie, le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas sur le fait de doter leurs frégates de défense aérienne élargies de capacité de DAMB de théâtre. Ces frégates ont beaucoup d'éléments en commun. L'Allemagne pourrait être associée à ce projet. Nous n'avons pas pour l'instant suffisamment considéré les potentialités de la DAMB navale. Nous devrions sans doute revoir notre position. DCNS possède des compétences avérées dans la tenue simultanée de plateformes (capacité à faire coopérer plusieurs systèmes d'armes). Il serait dommage de ne pas tirer profit de ces compétences, en liaison avec les autres marines européennes.

3. Le désengagement américain du programme MEADS doit nécessairement amener nos alliés allemands et italiens à se poser la question de savoir comment utiliser de la meilleure façon les sommes importantes déjà engagées. Une coopération avec MBDA France qui a beaucoup travaillé sur le concept de l'Aster Block II devrait être non seulement possible, mais naturelle.

4. Un système d'alerte avancée aéroportée de type ABIR pourraient peut être mis en place en coopération entre la France - qui dispose d'un grand savoir faire en matière de senseurs infrarouges - et l'Allemagne, qui a acheté des drones Hale américains équipés par EADS. La France a déjà exploré ce domaine par des programmes d'étude amont qui pourraient s'avérer utiles. Le financement de cette capacité qui offre une grande flexibilité d'adaptation à la menace, pourrait être partagé entre plusieurs nations européennes.

5. En matière d'alerte spatiale avancée notre pays envisage de réaliser un satellite de détection infrarouge. Pour autant un seul satellite géostationnaire n'offre qu'une couverture limitée. Une coopération européenne permettrait de mieux couvrir le besoin tout en apportant aux pays impliqués les avantages d'une réelle autonomie d'appréciation en matière de connaissance de la menace et de détection.