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La défense antimissile balistique : bouclier militaire ou défi stratégique ?

6 juillet 2011 : La défense antimissile balistique : bouclier militaire ou défi stratégique ? ( rapport d'information )
(2) Niveau 2 d'ambition : attaquer le marché des intercepteurs

Un niveau supérieur d'ambition serait de lancer un programme d'intercepteur.

Du point de vue strictement commercial, il serait sans doute plus utile d'aider les entreprises nationales qui affrontent une vive concurrence internationale, avec des compétiteurs bénéficiant de programmes étatiques aussi substantiels que récurrents. L'appui au concept de missile endo-atmosphérique Aster Block 2 de MBDA s'inscrirait dans cette logique.

Ce projet présente en outre trois avantages : il peut être lancé en coopération avec d'autres Etats européens ; il comble un trou capacitaire du marché (le segment haut-endo-atmosphérique) ; il répond à notre évaluation de la menace la plus probable (missiles manoeuvrants à courte portée).

Commercialement, l'option consistant à développer un intercepteur exo-atmosphérique ne paraît pas présenter le même degré de priorité. Astrium ST réalise le missile balistique de la dissuasion française. A ce titre, la pérennisation des compétences est indispensable et ne saurait être tributaire de succès commerciaux.

Par ailleurs, l'intercepteur exo-atmosphérique - en raison de sa dimension stratégique - est un système d'armes pour lequel des coopérations internationales équilibrées sont plus difficiles à envisager. Certes, le Japon coopère avec les Etats-Unis sur le missile SM-3 Block IIA. Mais sa contribution financière a été substantielle et il n'est pas certain qu'il ait obtenu un retour technologique significatif50(*). En outre, il semble peu probable que les Etats-Unis acceptent de nouvelles coopérations industrielles sur le développement des futurs missiles SM-3 Block IIB.


* 50 Concernant la coopération américano-japonaise, les activités de développement côté japonais concernent la coiffe et le moteur du 2ème étage du missile. Les Japonais n'auraient obtenu qu'une faible participation sur les technologies DACS (amélioration des corrections de trajectoires) de même que sur les technologies de l'autodirecteur (QWIP : technologies émergentes pour un détecteur de rayonnement infrarouge dans le cadre d'applications d'imagerie rapide).