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Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions)

3 avril 2013 : Sectes - Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions) ( rapport de commission d'enquête )
Audition de M. Thierry WAYMEL, président de la Fédération française des kinésiologues spécialisés et M. Bernard OPHOVEN, président du Syndicat francophone des kinésiologues spécialisés (mercredi 20 février 2013)

M. Alain Milon, président. - Mes chers collègues, nous recevons aujourd'hui M. Thierry Waymel, président de la Fédération française de kinésiologie spécialisée et M. Bernard Ophoven, président du Syndicat francophone des kinésiologues spécialisés.

Notre réunion d'aujourd'hui n'est pas ouverte au public ; un compte rendu en sera publié avec le rapport.

Messieurs, vous avez donné votre accord pour que cette audition fasse l'objet d'une captation vidéo. En revanche, vous subordonnez le fait que cette vidéo puisse être accessible sur le site Internet du Sénat au fait de la visionner préalablement.

M. Thierry Waymel. - Je le confirme.

M. Alain Milon, président. - Il est pris acte de votre souhait. Je précise à l'attention des personnes auditionnées que notre commission d'enquête s'est constituée à l'initiative de M. Jacques Mézard, qui est notre rapporteur, et qui n'est pas en mesure d'assister à cette audition.

Je vais maintenant, conformément à la procédure applicable aux commissions d'enquête, demander à MM. Waymel et Ophoven de prêter serment.

Je rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission serait passible des peines prévues aux articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal.

Monsieur Waymel, Monsieur Ophoven, veuillez prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, levez la main droite et dites : « Je le jure ».

Les deux personnes se lèvent et prêtent serment.

Messieurs, ainsi que vous en avez été informé, notre audition est prévue pour durer quarante-cinq minutes. Je vous invite donc à prononcer un court exposé introductif, puis les sénateurs membres de la commission vous poseront quelques questions.

Vous avez la parole...

M. Thierry Waymel. - Je suis ancien militaire de carrière. J'exerce la kinésiologie depuis plus de quinze ans, en particulier la kinésiologie sportive. Je représente ici la Fédération française de kinésiologie spécialisée, dont j'occupe le poste de président depuis un an et demi, après quatre années de vice-présidence. Je suis accompagné par M. Bernard Ophoven, kinésithérapeute, méziériste, ostéopathe et kinésiologue, également président du Syndicat francophone des kinésiologues spécialisés.

La Fédération existe depuis plus de vingt ans. Actuellement, nous comptons environ 550 licenciés et une centaine d'étudiants. Nous possédons un code de déontologie, un code éthique, un règlement intérieur, une charte et un syndicat, déjà évoqué. Ce métier est référencé sous le code Rome - K1103.

Nous estimons que, sur le territoire français, environ 5 000 personnes utilisent le test musculaire ou les méthodes tirées de la kinésiologie. Ces personnes peuvent avoir une formation complète ou incomplète dans le domaine de la kinésiologie.

J'ai personnellement, depuis quatre ans, porté le dossier de professionnalisation au sein de la Fédération, afin de restructurer notre profession et de lui trouver un cadre légal et surtout juridique. J'ai été suivi dans cette démarche par l'ensemble du conseil d'administration de la Fédération.

Depuis, nous nous sommes structurées en région, chacune s'organisant autour d'un bureau et d'un comité d'organisation, afin de créer une homogénéité sur le territoire français. Nous souhaitons que la Fédération devienne l'interlocuteur principal des instances gouvernementales et gère l'ensemble des écoles à travers la régionalisation, respectant ainsi le choix et l'orientation des élèves.

Par ailleurs, nous sommes en relation avec la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP), afin de déposer un dossier de certification comprenant trois niveaux. Nous avons en effet un niveau à 600 heures frontales6(*), un second à 1 200 heures frontales et un troisième à 1 500 heures frontales. Je tiens à votre disposition un extrait de ce document, qui représente en particulier ma spécificité, afin de vous donner une idée du dossier que nous avons déposé. Aujourd'hui, le nombre d'heures demandé est de 500 heures. Cette formation est sanctionnée par des écrits, de la pratique supervisée et par un mémoire, mais cela nous semble aujourd'hui insuffisant.

Lors de notre prochaine assemblée générale, au mois de mars, nous allons faire passer le nombre d'heures de formation à 800 et à 1 500 heures. Comme je vous l'ai indiqué, nous disposons d'une charte, d'un code de déontologie, d'un règlement intérieur et sommes calqués sur le cursus européen. Nous avons de ce fait signé un partenariat avec le Regroupement européen pour la formation et la reconnaissance des médecines non conventionnelles (Reformed), sur la base d'une reconnaissance de 600 heures, en présence de sa présidente, Mme Delaporte, afin de bénéficier d'une transversalité de nos cursus.

Nous sommes aussi en contact avec M. Didier Pachoud, président du Groupe d'étude des mouvements de pensée en vue de la protection de l'individu (Gempi). M. Ophoven est d'ailleurs correspondant missionné pour y étudier tous les dossiers qui seraient en relation avec la kinésiologie. Quelques kinésiologues sont en outre, à titre personnel, adhérents au Gempi. Nous échangeons d'autre part avec 105 pays étrangers et organisons à Paris, cet été, une rencontre destinée à définir une nouvelle prospective de la kinésiologie en France, en Europe et dans le monde.

Selon notre Fédération, il n'existe pas de dérives sectaires dans la kinésiologie. Cependant, nous veillons que les éventuels écarts soient sanctionnés par notre commission éthique.

Cette année, nous avons ainsi refusé l'adhésion de deux écoles et de deux personnes qui ne répondaient pas à nos codes, associant à la kinésiologie d'autres techniques ne nous convenant absolument pas sur le plan déontologique.

Les atteintes médiatiques que nous subissons, comme les allégations d'organismes chargés de veiller à la protection des individus, nous paraissent réellement injustifiées. Nous n'avons jamais eu de droit de réponse ou de débat contradictoire à ce sujet. De fausses rumeurs concernant les honoraires - pourtant demandés avec tact et mesure - viennent souvent en contradiction avec l'état économique de la plupart des kinésiologues, qui ont vu leur pouvoir d'achat diminuer. Ce dossier est en cours d'étude dans le cadre de la validation de la CNCP. Il s'agit en effet de créer un nouveau métier, et non de fabriquer de nouveaux chômeurs !

Malheureusement, dans le contexte économique actuel, du fait de l'irresponsabilité des détracteurs de notre profession, qui tiennent des propos mensongers à notre égard, les kinésiologues ont aujourd'hui bien du mal à préserver leur pouvoir d'achat. Nous le prenons comme une machination organisée, sans concertation, provoquant une désinformation inacceptable ! Nous sommes heureux de pouvoir être enfin auditionnés aujourd'hui pour répondre à vos questions.

En tant que profession non réglementée, nous souhaiterions être labellisés pour pouvoir être en accord avec l'administration. Certains critères de reconnaissance, dans les pays européens, sont en faveur d'une validation de notre profession. La Fédération française de kinésiologie spécialisée a le devoir d'être un exemple pour le développement des pratiques professionnelles, et nous sommes attachés à la transparence des méthodes de kinésiologie. Notre code éthique est strict à ce sujet. Les kinésiologues n'appliquent aucunement leur système de croyance et n'imposent pas leur façon de penser. La charte du Gempi est affichée dans le cabinet de ceux qui l'ont signée.

En aucun cas les kinésiologues ne détournent leurs clients du parcours médical, en particulier si la personne consulte pour une séance de prévention du stress, dans le cadre de l'accompagnement d'un problème de santé. Nous sommes dans la prévention et non dans le soin, et nous considérons plus comme des éducateurs que comme des thérapeutes.

Je tiens à votre disposition la copie de plusieurs documents, dont plusieurs courriers rédigés depuis 2005, date du procès de Quimper, qui a bâti autour de la kinésiologie une réputation que je considère injustifiée ! Notre Fédération ne peut être derrière chaque personne. Nous essayons de faire respecter nos règles à travers les supervisions, les écrits, les pratiques, les mémoires et les contrôles que l'on peut effectuer.

M. Bernard Ophoven. - J'ai soixante et un ans, je suis kinésithérapeute depuis 1976, j'ai découvert l'ostéopathie depuis plus de quinze ans et, sur mon chemin, j'ai découvert aussi la kinésiologie, menant de front ces deux pratiques. Ceci m'a permis d'associer à la kinésithérapie certains éléments de la kinésiologie tout en faisant la différence entre l'aspect kinésithérapeutique et l'aspect kinésiologique de prévention de la personne.

Je représente aujourd'hui le Syndicat de la kinésiologie francophone spécialisée. Comme l'a dit Thierry Waymel, la kinésiologie est victime d'une désinformation relayée par les médias. En l'absence de toute vérification, nous n'avons jamais pu obtenir de droit de réponse !

Je n'étais pas encore dans cette Fédération, mais je voudrais revenir sur le triste fait divers qui a entraîné le décès d'un jeune enfant, suite à un traitement inapproprié, à l'issue duquel les époux Durand ont été condamnés en tant qu'« adeptes de la kinésiologie ». Faut-il condamner une profession parce que deux personnes - que je ne connais pas - n'ont pas respecté la règle, l'éthique ou la déontologie ? Non, on ne peut condamner une profession parce que deux individus n'ont pas été à la hauteur !

On a incriminé la kinésiologie. Un jugement a été rendu et nous ne pouvons nous y opposer, mais je le ressens toutefois personnellement comme une injustice ! On ne peut condamner une profession parce qu'elle comporte des « brebis galeuses » !

Notre profession cherche à faire en sorte que les gens qui ne suivent pas notre code éthique quittent nos rangs - mais ceci n'est pas simple : notre activité n'est pas réglementée. Nous avons donc besoin d'un cadre et souhaitons en quelque sorte recevoir l'aval du Gouvernement afin de cadrer les choses. De ce point de vue, il est fort utile que cette commission soit chargée d'auditionner des personnes évoluant dans le milieu des techniques non réglementées.

En conclusion, nous souhaitons sensibiliser la population au bien-être, dans le cadre de la prévention, hors du champ médical ou paramédical - cadre dans lequel je suis bien placé, étant moi-même kinésithérapeute. Nous souhaitons être une courroie de transmission auprès de personnes qui sortent de problèmes de santé, afin d'améliorer leur bien-être, et désirons permettre une meilleure gestion des mécanismes du stress dans tous les domaines de la vie. On sait que ce stress est à l'origine de nombreux problèmes dans les relations sociales, familiales ou professionnelles et qu'il peut déboucher sur des problèmes de santé très importants.

La population, on le sait, est très informée de ces phénomènes grâce aux nombreuses émissions de télévision, de radio, aux journaux. Nous souhaitons développer un partenariat avec les professionnels du sport, de l'éducation et de la santé, dans un esprit d'amélioration des compétences.

Comme l'a dit Thierry Waymel, nous désirons obtenir un droit de réponse et des débats contradictoires, afin de nous faire entendre démocratiquement. Nous voudrions que les représentants des associations - Centre contre les manipulations mentales (CCMM), Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi) ou même Gempi - et la Miviludes nous rencontrent dans un esprit d'ouverture, afin d'apparaître transparents dans notre pratique.

Aujourd'hui, 40 % de la population réclame des méthodes complémentaires pour assurer son mieux-être. Nous croyons que le Gouvernement doit prendre en compte toutes les méthodes alternatives et aide à les cadrer, afin que la population puisse y voir plus clair. De nouvelles techniques sortent presque tous les jours et il est difficile pour la population de pouvoir faire un choix.

Nous souhaitons pouvoir travailler en collaboration avec les membres de cette commission sénatoriale et étudier une possibilité de labellisation de cette profession, afin de faire avancer ce dossier.

A ma connaissance, il n'y a qu'en France que l'on associe la kinésiologie aux dérives sectaires. Je me trouvais ce week-end à l'étranger avec des concepteurs de kinésiologie, qui sont étonnés que nous parlions de dérives sectaires dans notre pays lorsqu'on évoque notre discipline. Certes, pour reprendre les mots de Thierry Waymel, il existe des « écarts professionnels », mais je n'ai jamais eu la sensation qu'il existait une dérive sectaire dans notre milieu. J'ai étudié la kinésiologie dans le monde entier. J'ai également appris le yoga et je sais qu'il faut être attentif à ces choses-là... Je m'insurge donc contre le fait que les médias reprennent en coeur ce terme de « dérives sectaires ».

Je souhaite que nous puissions répondre à vos éventuelles questions et vous remercions de nous avoir reçus.

M. Alain Milon, président. - La parole est à Mme Dini...

Mme Muguette Dini. - Vous nous dites que vous n'êtes jamais écoutés : vous avez ici une tribune et vous allez l'être !

En ce qui concerne les médias, nous n'y pouvons rien. Comme vous, nous aimerions de temps en temps pouvoir leur répondre. Il faudra donc vous arranger avec eux !

J'en viens à des questions très concrètes... Combien la Fédération compte-t-elle d'adhérents ?

M. Thierry Waymel. - Nous comptons actuellement 550 adhérents.

Mme Muguette Dini. - Combien existe-t-il, en France, de cabinets de kinésiologie ? Y en a-t-il davantage que d'adhérents ?

M. Thierry Waymel. - De mémoire, nous comptons 1377(*) professionnels inscrits. Les élèves sont également adhérents, ainsi que des sympathisants et d'autres personnes qui recourent à la kinésiologie.

1371 personnes peuvent justifier de cotisation à l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (Urssaf) et sont déclarées dans les normes.

Mme Muguette Dini. - Ce chiffre est-il en augmentation ? Avez-vous une idée de l'augmentation annuelle ?

M. Thierry Waymel. - Oui, le chiffre augmente. La Fédération reçoit beaucoup de personnes qui voudraient porter plainte contre des émissions de télévision, etc.

Mme Muguette Dini. - Ce n'est pas tout à fait ce que je vous demande. Je voudrais savoir si le nombre de kinésiologues ou de cabinets de kinésiologie est en augmentation...

M. Thierry Waymel. - Il est en augmentation.

Mme Muguette Dini. - Quelles sont vos relations avec les autres catégories de médecines non conventionnelles - reiki, naturopathie, « médecine » chinoise, biomagnétisme, ondobiologie, etc. ?

M. Thierry Waymel. - Nous n'avons absolument pas de relations avec eux.

Mme Muguette Dini. - Que pensez-vous de l'appel de M. Jean-Claude Guyard, fondateur de l'Ecole de kinésiologie et méthode associées (Ekma), en faveur de la constitution d'une confédération des associations professionnelles de shiatsu, reiki, kinésiologie, yoga, sophrologie, qi gong, afin de faire face aux attaques subies par la kinésiologie, en particulier lors du fameux procès que vous évoquiez ?

M. Thierry Waymel. - Il a certainement ses motivations. M. Guyard était auparavant à la Fédération française de kinésiologie spécialisée et l'a quittée...

Mme Muguette Dini. - Pourquoi ?

M. Thierry Waymel. - On entend beaucoup de bruits de couloir. Je ne l'ai pas connu. A l'époque, je n'étais pas président, ni même dans cette Fédération.

D'après ce que j'ai pu comprendre, il s'agit d'une personne qui a des idées bien arrêtées sur la kinésiologie, qui a également fait beaucoup pour cette discipline. Aujourd'hui, M. Guyard a une école à faire vivre. Nous n'avons que très peu de contacts avec cette personne...

M. Bernard Ophoven. - Il existe des problèmes de pouvoirs et je pense que M. Guyard est dans ce registre. C'est une des raisons pour lesquelles il a quitté la Fédération...

Je n'avais pas connaissance de cette proposition. Personnellement, je suis contre. Nous voulons en effet faire de la kinésiologie une activité spécifique, avec des cartes professionnelles de kinésiologue, à l'exclusion d'autres techniques. Notre objectif est de progressivement créer une profession, en évitant tout amalgame.

Mme Muguette Dini. - Vos formations sont actuellement de 500 heures et vous souhaitez des cycles de 800 et de 1 500 heures. Quelles sont les conditions pour accéder à ces formations de 500 heures ?

M. Thierry Waymel. - Ce dossier est actuellement analysé par la commission d'enseignement de la Fédération.

Mme Muguette Dini. - Faut-il disposer de connaissances en anatomie ?

M. Thierry Waymel. - Un entretien prend actuellement en compte le parcours de l'individu mais le cursus prévoit cependant des cours d'anatomie. Au départ, il s'agissait de vingt et une heures. Nous voudrions aller au-delà de cent heures, afin d'enrichir les connaissances des futurs kinésiologues. Il paraît normal qu'un kinésiologue maîtrise l'anatomie, ne serait-ce que pour utiliser correctement le test musculaire.

M. Bernard Ophoven. - Je précise que pour entrer dans une école, il faut être majeur.

Mme Muguette Dini. - Combien coûte un cursus complet de 500 heures ?

M. Thierry Waymel. - Nous nous sommes référés aux prises en charge des organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA). En moyenne, la journée de formation tourne entre 80 et 110 euros pour sept à huit heures.

Mme Muguette Dini. - Intervenez-vous dans le cadre la formation professionnelle ?

M. Thierry Waymel. - Oui, certaines écoles interviennent encore dans le cadre de la formation professionnelle.

M. Alain Milon, président. - Les cours de kinésithérapie comptent bien plus de vingt et une heures d'anatomie. Que les futurs kinésiologues ne reçoivent pas plus d'heures de formation me semble particulièrement insuffisant.

M. Thierry Waymel. - Nous sommes entièrement d'accord sur ce point. C'est pourquoi le nouveau cursus prévoit un minimum de cent heures d'anatomie, répertoriées en cycles sur les membres supérieurs, inférieurs, sur les viscères et sur la colonne vertébrale.

M. Alain Milon, président. - La kinésiologie, si j'ai bien compris, s'adresse aux masses musculaires...

M. Thierry Waymel. - Ce sont en effet des tests musculaires.

M. Alain Milon, président. - Il existe des masses musculaires un peu partout dans le corps : j'ai été assistant de faculté en anatomie...

M. Bernard Ophoven. - J'apprécie beaucoup la physiologie et l'anatomie, que j'enseigne d'ailleurs. Ces heures obligatoires seront en outre accompagnées, pendant tout le cursus, d'information en anatomie et en physiologie, qui vont de pair avec la kinésiologie.

Je vous rejoins tout à fait pour considérer que ce nombre d'heures ridicule doit être augmenté ; il va l'être, c'est indispensable.

Mme Muguette Dini. - Combien la formation coûte-t-elle ?

M. Thierry Waymel. - Une formation de 500 heures revient entre 5 000 à 5 500 euros sur deux ans.

M. Bernard Ophoven. - En ce qui me concerne, je dispense une formation à 3 200 euros par an, soit 6 400 euros sur deux ans. Il existe donc une fourchette. Les prix sont libres, mais il peut y avoir des abus. Nous allons donc mettre en place un système de regroupement des écoles, afin de mieux cadrer les prix.

Mme Muguette Dini. - Combien y a-t-il d'écoles ? Combien de kinésiologues forment-elles par an ?

M. Thierry Waymel. - On compte aujourd'hui cent étudiants sur tout le territoire français, répartis dans seize écoles.

Mme Muguette Dini. - Combien de temps une séance de kinésiologie dure-t-elle et combien coûte-t-elle ?

M. Thierry Waymel. - La séance dure entre quarante minutes et une heure, voire une heure et demie pour les kinésiologues débutants. Le tarif moyen va de 40 à 60 euros.

Mme Muguette Dini. - Ceux qui ont été formés jusqu'à présent continuent-ils à travailler ou enregistre-t-on des abandons ?

M. Thierry Waymel. - Les abandons s'expliquent pour les raisons que j'ai évoquées tout à l'heure. J'exerce dans le domaine sportif - centres de ressources, d'expertise et de performance sportives (Creps), structures fédérales : il faut bien reconnaître que nous n'avons pas bonne presse, les médias nous ayant quelque peu démolis...

Mme Muguette Dini. - Pourquoi ?

M. Thierry Waymel. - C'est à cause du procès de Quimper ! On trouve, dans les documents que je vous laisserai, cinquante-trois articles sur le procès dans les journaux.

Aujourd'hui, nous avons adressé un courrier à M6, à M. de Carolis, à Mme Carole Rousseau... Tout tourne toujours autour de ce procès !

Mme Muguette Dini. - Qu'est-ce qui a pu, dans votre enseignement et votre pratique, amener ces gens à avoir ce comportement qui a entraîné le décès de leur enfant ?

M. Thierry Waymel. - Je me pose encore sincèrement la question aujourd'hui !

Mme Muguette Dini. - Ne voyez-vous aucune raison à cela ?

M. Thierry Waymel. - Aucune qui pourrait amener des personnes à changer ainsi de comportement ! Pour moi, c'est de l'irresponsabilité parentale.

M. Bernard Ophoven. - Pour répondre clairement à votre question, je ne vois pas dans l'enseignement que nous dispensons ce qui pourrait créer ce type de comportement. J'ai entendu dire qu'il s'agissait d'une question nutritionnelle...

Mme Muguette Dini. - Evoquez-vous la nutrition dans votre enseignement ?

M. Bernard Ophoven. - Bien sûr ! Il est indispensable de parler des glucides, des protides, etc., mais nous ne sommes pas là pour donner des conseils. Si les gens ont des problèmes nutritionnels, ils doivent être dirigés vers des nutritionnistes. Le rôle d'un kinésiologue n'est pas de remplacer ces spécialistes.

Nous dispensons cependant des informations : il me semble important, alors que les médias diffusent sans arrêt des émissions de santé, de savoir ce que sont des minéraux, des oligo-éléments, des enzymes, des protides et des glucides ! Cela me paraît évident !

Mme Catherine Deroche. - Comment vous situez-vous par rapport à la fasciathérapie ?

M. Bernard Ophoven. - C'est une excellente question ! Je fais partie de l'Ordre des kinésithérapeutes. J'ai été très étonné d'apprendre qu'il pouvait exister des dérives en matière de fasciathérapie, technique qui existe depuis vingt ans. J'ai ressorti les livres que j'étudiais à l'époque : l'anatomie des fascias est très précise. Ceux-ci entourent les muscles et les organes. Il s'agit d'une écoute des tissus.

J'ai écrit à l'Ordre des kinésithérapeutes à ce sujet : comment l'Ordre peut-il laisser dire que la fasciathérapie devrait être interdite aux kinésithérapeutes, alors qu'elle existe depuis vingt ans ? L'un de mes anciens professeurs d'ostéopathie a écrit deux livres sur les fascias ! On ne peut interdire la fasciathérapie parce que des personnes mal intentionnées l'utilisent à mauvais escient ! C'est tout l'objet du débat de cette commission d'enquête, qui veut prévenir les risques que peuvent courir les populations.

La fasciathérapie n'appartient-elle qu'aux kinésithérapeutes ? Je me pose la question. Je ne sais si d'autres praticiens peuvent l'exercer...

Mme Catherine Deroche. - Sur le plan technique, quelle est la différence entre la kinésiologie et la fasciathérapie ?

Par ailleurs, vos patients viennent-ils vous voir spontanément ou vous sont-ils adressés ? Si oui, par qui ?

M. Bernard Ophoven. - Les kinésiologues ne reçoivent pas de patients, afin de rester en règle avec la loi. Nous recevons des clients et nous le précisons bien dans l'enseignement que nous dispensons, car certains élèves souhaitent aller vers le soin. Il faut donc leur rappeler que nous sommes dans un cadre de prévention et que nous ne nous occupons pas des malades...

Mme Catherine Deroche. - Par qui vous sont adressés vos clients ?

M. Bernard Ophoven. - Nous fonctionnons surtout par le bouche à oreille mais on peut trouver un certain nombre de kinésiologues sur Internet ou en s'adressant à la Fédération.

M. Thierry Waymel. - Personnellement, j'exerce en cabinet. Certains médecins sportifs m'envoient des clients pour faire le point sur la remise en route des systèmes.

Ils me sont parfois envoyés pour régler des difficultés relationnelles ou émotionnelles ou pour gérer le stress de la compétition. Ce sont d'excellents athlètes, mais ils peuvent perdre leurs moyens et le jour de la compétition. Nous travaillons donc avec eux sur ce plan.

A la différence de la fasciathérapie, la kinésiologie utilise un test musculaire. Ce test musculaire est véritablement un art. En état de stress, il existe un réel changement de tonicité du muscle. Il faut quelques années de pratique pour pouvoir ressentir qu'un muscle est sur le point de se déverrouiller. On ne s'improvise pas kinésiologue ! Enormément de professions utilisent le test musculaire sans le dire - dentistes, ostéopathes, kinésithérapeutes, orthopédistes, orthophonistes, naturopathes... Selon moi, ils en dénaturent complètement l'essence. L'homme de l'art doit être à l'écoute du sujet.

La Fédération demande que l'on affiche clairement les choses : si l'on associe une autre technique à la kinésiologie, il faut l'annoncer. Pratiquer un test musculaire, c'est utiliser la kinésiologie !

J'ai reçu aujourd'hui encore un mail d'un kinésiologue du Sud-Ouest à propos d'une personne qui encadre un stage et qui, sans être kinésiologue, utilise le test musculaire pour vendre des élixirs floraux. C'est anormal !

Mme Muguette Dini. - Comment se déroule ce test musculaire ?

M. Bernard Ophoven. - J'ai réalisé une démonstration pour France 5, il y a deux ans, encadré par le Gempi et Didier Pachoud. Celle-ci n'a pas été filmée parce qu'elle ne revêtait pas un aspect suffisamment sensationnel sur le plan médiatique. Je propose donc que nous n'en fassions pas aujourd'hui non plus - sauf si Thierry Waymel le souhaite...

Le test de kinésithérapie évalue la force d'un muscle à la suite de problèmes pathologiques d'origine traumatique, neurologique, voire rhumatologique. Le test de kinésiologie, lui, apporte une réponse à un stress que le cerveau gère ou ne gère pas. En d'autres termes, on agit davantage sur la sensibilité du muscle. Si j'appuie légèrement sur mon bras, le muscle qui permet à l'épaule de tenir une position résiste. Je pourrais ainsi, avec n'importe quel muscle du corps, demander au cerveau si cette information est stressante ou non et s'il gère ou non l'information.

Le kinésithérapeute teste la force de 0 à 5, de manière très codifiée. Le kinésiologue a quant à lui une façon d'approcher le muscle dans un cadre plus global, celui de l'énergie relative aux neurones et à leur capacité de réponse au stress.

En d'autres termes, quand j'appuie délicatement sur mon bras et que je pense à un sujet qui me perturbe, il existe deux possibilités : soit mon cerveau gère cette information et le bras tient, soit le bras lâche et la personne se trouve dans un stress qui crée chez elle un état émotionnel et une perte d'énergie. La kinésiologie vise à augmenter la vitalité et l'énergie des gens.

Il se peut que la personne consulte pour des pensées négatives : le rôle du kinésiologue est de mettre en oeuvre des techniques qui permettront ensuite à la personne de ne ressentir aucune faiblesse musculaire lorsqu'elle repensera à un sujet qui la perturbe. J'espère que vous saisissez la différence fondamentale : le kinésithérapeute teste les muscles par rapport à des pathologies, alors que le kinésiologue teste des muscles sains, qui vont répondre à un stress cérébral. Le test musculaire n'est qu'une information.

Mme Catherine Deroche. - Comment corrigez-vous cet état de stress ?

M. Bernard Ophoven. - Les techniques de kinésiologie m'ont particulièrement intéressé, parce que je ne trouvais alors ni dans la kinésithérapie, ni dans l'ostéopathie, les réponses que je cherchais. Je dis souvent à mes élèves que l'enseignement que je délivre ne figure ni dans le programme des kinésithérapeutes ni dans celui des ostéopathes.

Nous touchons certains points de la tête ou du corps et pratiquons des frictions légères. Nous brossons ou suivons les méridiens, la kinésiologie utilisant la médecine chinoise pour faire de la digitopressure, très différente de l'acupuncture. Nous avons une action sur le système émotionnel. Les émotions sont un facteur très important dans le cadre de la kinésiologie.

La fasciathérapie consiste à accompagner les tissus et à ressentir le sens dans lequel ils vont ou ne vont pas volontiers. On accompagne les tissus dans un sens, puis dans un autre, jusqu'à ce qu'ils aillent jusqu'où ils ne pouvaient plus aller. Il s'agit de redonner de la mobilité aux toiles qui entourent différentes parties du corps.

Mme Muguette Dini. - Si j'ai bien compris, vous déstressez les gens uniquement par le toucher. Il n'y a pas d'échanges de paroles...

M. Bernard Ophoven. - Nous sommes dans une écoute active et tolérante, dans le respect de la personne. Quand j'ai découvert la kinésiologie, je n'avais pas appris ce sens de la relation et de l'écoute de l'autre, cela ne faisant pas partie de l'enseignement de la kinésithérapie ou de l'ostéopathie. J'ai découvert qu'il était important de poser des questions et surtout d'écouter les réponses.

Nous avons donc bien un échange. Je précise toutefois que nous ne sommes pas des psychothérapeutes. Je n'ai personnellement jamais fait d'études de psychothérapie. Il s'agit d'un échange verbal, d'un entretien et d'une mise en confiance. Si certains kinésiologues pratiquent sans parler, je considère que c'est une erreur : la kinésiologie est une méthode éducative de mieux-être. Notre santé nous appartient, nous en sommes responsables et le praticien, quel qu'il soit, ne peut tout guérir. Cela me paraît difficile...

Mme Catherine Génisson. - Au-delà de la relation verbale avec la personne qui est en face de vous, il n'existe en fait aucune autre intervention que celle de la main et des doigts.

M. Bernard Ophoven. - Absolument...

Mme Catherine Génisson. - La fasciathérapie s'exerce-t-elle sur toutes les parties du corps, y compris la tête ?

M. Bernard Ophoven. - Je n'ai pas personnellement suivi de formation de fasciathérapeute, mais je me suis intéressé à la fasciathérapie ; en outre, nous échangeons des informations dans le cadre de nos relations interprofessionnelles.

Les textes interdisent de toucher le système crânien et le système caudal. Les deux extrémités du corps sont des extrémités parasympathiques, c'est-à-dire de détente. Il serait dommage de légiférer pour dire que les ostéopathes ne peuvent toucher la tête ou le bassin !

Un ostéopathe qui n'a pas appris la fasciathérapie va cependant la pratiquer en accompagnant les tissus. En plaçant la main sur le sacrum, il va accompagner celui-ci. En ostéopathie, on étudie les techniques crânio-sacrées : en posant simplement les mains sur les tissus, on accompagne une détente du système parasympathique. Les gens peuvent même s'endormir. Chez les enfants, c'est spectaculaire.

Mme Catherine Génisson. - Comment vous positionnez-vous par rapport à la description de l'anatomie ?

M. Bernard Ophoven. - On oublie l'anatomie et la physiologie et on écoute les tissus en posant la main dessus, on pratique. Tout ce que l'on a étudié débouche sur une technique.

Mme Catherine Deroche. - Comment un kinésiologue peut-il déceler une pathologie sous-jacente qui ferait que cela ne relève pas de cette pratique ?

M. Bernard Ophoven. - Nous n'avons pas à déceler quoi que ce soit de pathologique...

Mme Catherine Deroche. - Comment faites-vous dans ce cas pour ne pas faire courir à vos clients de risques de perte de chance ? Leur conseillez-vous de consulter un spécialiste ?

M. Bernard Ophoven. - Les gens ne consultent pas les kinésiologues uniquement parce qu'ils ont des douleurs, mais également dans d'autres cadres - sport, amélioration de l'apprentissage, confiance en soi. Il faut sortir du symptôme, du médical, de la rhumatologie, de la « bobologie ».

Le kinésiologue doit insister sur le fait qu'il n'est ni médecin, ni diplômé d'Etat. Si une personne consulte pour des maux de ventre, il faut lui demander si elle a déjà consulté un médecin. C'est ce que je fais aussi en tant que kinésithérapeute. Avant de recourir à certaines techniques, les gens ont généralement déjà consulté des médecins. Quand les choses ne sont pas satisfaisantes, ils vont voir ailleurs. Nous les renvoyons alors vers le milieu médical.

Nous agissons dans le cadre fonctionnel de l'homéostasie, qui permet de remettre en route des mécanismes du corps qui sont freinés du fait d'un stress engendré par divers facteurs - famille, travail, études. Il y a longtemps, aux Etats-Unis, la kinésiologie était pratiquée par des chiropracteurs. Elle est aujourd'hui pratiquée dans plus de cent pays. Les pratiques sont différentes selon les pays : en Suisse, les mutuelles prennent en charge les actes de kinésiologie, à condition que les kinésiologues puissent attester d'un certain nombre d'heures d'anatomie, etc. En Scandinavie, beaucoup de kinésiologues utilisent cette technique pour résoudre des problèmes d'apprentissage. Ce sont là les domaines dans lesquels on doit se situer, et non dans celui de la symptomatologie, de la médecine, du soin.

Je comprends que vous puissiez vous poser des questions. Beaucoup de personnes, qui souffrent énormément, recourent à ces techniques. François Mitterrand, en fin de vie, sollicitait le magnétiseur pour soulager ses douleurs...

M. Alain Milon, président. - Cela ne l'a pas empêché de mourir !

M. Bernard Ophoven. - Peut-être cela l'a-t-il détendu auparavant !

M. Alain Milon, président. - Comme beaucoup d'autres personnes que nous avons auditionnées, vous mettez en avant le remboursement par les mutuelles suisses des actes de kinésiologie.

Ce que vous dites est vrai, mais cette question avait été posée à la population sous forme de votation ; les Suisses ont voté favorablement. Il est certain que si l'on demande aux Français qu'on leur rembourse le reiki, la kinésiologie, la fasciathérapie, l'ondobiologie, ils accepteront.

En Suisse, cela a été adopté dans le cadre d'une expérimentation, afin de déterminer si ces pratiques avaient un effet bénéfique sur la santé, pour une durée de cinq ans.

M. Bernard Ophoven. - Je pensais qu'ils ne l'avaient fait que pour l'acupuncture...

M. Alain Milon, président. - Ils l'ont fait pour tous les systèmes ne relevant pas de la médecine traditionnelle. En l'absence de bénéfice, l'essai a été prolongé pour trois ans, durée au terme de laquelle les Suisses trancheront définitivement. Il s'agit donc d'une expérience et ces techniques ne seront définitivement prises en compte que si la preuve de leur bénéfice est faite.

J'ai retenu que vous intervenez plus en matière de mental que de physique. En matière de stress, quel est le bénéfice de la fasciathérapie et de toutes ces méthodes qui traitent du stress ? Le stress, n'est-ce pas la vie ? Dès lors que l'on vit, on connaît un stress permanent. Le jour où l'on n'éprouve plus de stress, c'est qu'on est mort ! A l'époque de la dernière guerre mondiale, les personnes étaient bien plus stressées qu'aujourd'hui ; cela ne les a pas empêchées de vivre et de surmonter leurs problèmes, grâce aux Trente Glorieuses. N'a-t-on finalement pas intérêt à vivre avec le stress si l'on veut se sortir de la crise économique dans laquelle nous nous trouvons ?

M. Bernard Ophoven. - Un médecin, Hans Selye, qui a beaucoup travaillé sur le stress, a montré que la résistance au stress sur un certain nombre d'années entraîne des pathologies graves.

M. Alain Milon, président. - Le vieillissement entraîne aussi obligatoirement des pathologies !

M. Bernard Ophoven. - Que dire des gens qui meurent dans leur lit sans pathologie ?

M. Alain Milon, président. - On nous a dit qu'ils avaient des maladies en « ose » !

M. Bernard Ophoven. - Ce sont des maladies dégénératives. Le stress est un sujet très intéressant. Nous pouvons aider les gens à mieux le vivre. Vous n'ignorez pas que l'on recense un certain nombre de suicides dans notre pays...

M. Alain Milon, président. - On compte près de 4 000 suicides par an sur le territoire national. Il y a à cela d'autres raisons que le stress. D'après les psychiatres, le nombre de suicides n'a pas évolué depuis près de trente ans qu'on les étudie. D'autres raisons que le stress doivent en être à l'origine. Si le stress était une explication, le chiffre aurait dû fortement augmenter ces derniers temps - en particulier pendant la guerre.

Je cède à présent la présidence à Mme Dini, devant impérativement vous quitter...

M. Bernard Ophoven. - Merci de nous avoir écoutés, monsieur le président.

Mme Muguette Dini. - Avez-vous le sentiment que votre métier pourrait être reconnu à moyen ou à long terme ?

M. Thierry Waymel. - Le dossier est déposé. Il va être analysé. Il s'agit d'un sujet très lourd. J'avais eu un premier contact avec Mme Beaumier, de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte), à Marseille, qui nous avait guidés dans notre demande.

Nous avons mis un an pour finaliser le second dossier et le lui remettre ; elle a considéré que le travail était pertinent. Nous espérons que cela passera...

Mme Catherine Deroche. - De quel ministère cela relève-t-il ?

M. Thierry Waymel. - On ne le sait pas. Le dossier doit au préalable être analysé par la CNCP.

Mme Catherine Génisson. - Je ne mets aucunement en doute votre intégrité professionnelle mais pouvez-vous comprendre que des reproches puissent vous être adressés - sans qu'il s'agisse nécessairement de dérives sectaires ?

M. Thierry Waymel. - J'interviens personnellement dans le domaine sportif, auprès d'athlètes qui connaissent des pertes d'amplitude dues au stress. J'ai travaillé durant sept ans avec l'Equipe de France de gymnastique. Dès que certaines fillettes arrivent sur la poutre, face au public, elles perdent leur équilibre et leur amplitude. On leur apprend à masser certains points ; l'amplitude revenant presque instantanément, elles reprennent alors confiance en elles !

Le test musculaire peut être appliqué à l'élasticité musculaire. J'admets qu'il existe des dérives, plusieurs personnes utilisant des techniques qui demandent sûrement à être encadrées. Au sein de notre conseil d'administration, c'est un débat permanent pour savoir comment remédier à cette situation ! Nous avons même proposé une seule carte de kinésiologue...

Mme Muguette Dini. - Pensez-vous que la certification préserve votre réputation ?

M. Thierry Waymel. - Absolument ! On aurait ainsi un moyen de contrôle plus important sur les écoles, qui seraient obligées de suivre la même pédagogie. La Fédération oeuvre déjà en ce sens, mais n'importe quelle école peut aujourd'hui ouvrir et dispenser n'importe quel enseignement, celui-ci n'étant pas réglementé ! C'est là notre souhait.

Mme Muguette Dini. - Je vous remercie.


* 6 Heures de face à face pédagogique.

* 7 Le président de la Fédération française des kinésiologues spécialisés a par la suite souhaité rectifier ce chiffre : le nombre de professionnels inscrits est de 347.