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Réussir le cluster de Paris-Saclay

23 mai 2016 : Réussir le cluster de Paris-Saclay ( rapport d'information )

II. DES INCUBATEURS DE START-UP ET UNE SATT QU'IL FAUT DAVANTAGE INTERCONNECTER POUR BÉNÉFICIER À PLEIN DE L'EFFET « CLUSTER »

Si le tissu industriel de Paris-Saclay s'appuie sur de grandes entreprises parmi les plus compétitives au monde dans leur domaine d'activité, il se nourrit également de nombreuses entreprises de taille plus modeste - entreprises de taille intermédiaire (ETI), petites et moyennes entreprises (PME), jeunes entreprises innovantes ou bien encore start-up.

Soucieux d'encourager leurs étudiants attirés par l'entreprenariat et désireux de valoriser le fruit de leurs recherches, les établissements d'enseignement supérieurs présents sur le plateau ont progressivement mis en place un certain nombre d'outils destinés à aider ces entreprises, avec des incubateurs, des pépinières, et, depuis juillet 2014, une société d'accélération de transfert de technologies (SATT).

A. DES INCUBATEURS QUI GAGNERAIENT À ÊTRE DAVANTAGE MIS EN RÉSEAU

Ces dernières années, les acteurs du plateau ont créé de très nombreux incubateurs et accélérateurs de start-up pour accueillir, former, accompagner, financer et aider à élaborer des prototypes les créateurs d'entreprises.

Certains de ces incubateurs ont été mis en place par les pouvoirs publics, en particulier le principal d'entre eux, IncubAlliance, ou, dès 2017, l'Hôtel d'entreprises qui servira d'incubateur et de pépinière dans le quartier de l'École polytechnique.

Mais beaucoup d'entre eux dépendent directement d'un établissement d'enseignement supérieur ou d'un organisme de recherche en particulier. HEC, l'École polytechnique (avec X Technologies) ou l'Institut d'optique (avec son centre d'entrepreneuriat baptisé le 503) possèdent ainsi chacun un incubateur performant.

Pour autant, ces différents incubateurs paraissent aujourd'hui trop isolés et parfois trop attachés à leur identité d'origine. Or, la vocation d'un cluster est précisément d'interconnecter les lieux d'innovation en partant du postulat que de la mise en réseau naît la création de richesses.

C'est pourquoi votre rapporteur spécial appelle de ses voeux la mise en place d'un véritable réseau des incubateurs de Paris-Saclay, d'un « incubateur en grand » pour reprendre les termes du secrétaire d'État Thierry Mandon le 4 novembre 2015 devant le conseil des membres de l'université Paris-Saclay.

Recommandation n° 14 : mettre en réseau les incubateurs présents sur le plateau et qui sont aujourd'hui trop isolés.

B. UNE SOCIÉTÉ D'ACCÉLÉRATION DU TRANSFERT DE TECHNOLOGIES DONT LES PREMIERS RÉSULTATS SONT PROMETTEURS

Une société d'accélération du transfert de technologies (SATT) est une société dont les parts sont détenues à la fois par l'université dont elle dépend et par la Caisse des dépôts et consignations. Son objet est d'assurer la valorisation commerciale des innovations technologiques mises au point par les laboratoires de recherche de cette université, en assurant un rôle de « passerelle » vers le monde de l'entreprise.

Basée à Orsay, la SATT Paris-Saclay (voir supra) fait partie du réseau de quatorze SATT qui s'est progressivement structuré partout en France entre janvier 2012 et septembre 2014.

Détenue à 67 % par l'université Paris-Saclay et à 33 % par la Caisse des dépôts et consignations et dotée de 20 millions d'euros pour trois ans auxquels est venu s'ajouter pour dix ans un capital de 66 millions d'euros issu du programme d'investissements d'avenir (PIA), sa genèse a été laborieuse, ce qui explique qu'elle n'ait commencé ses activités qu'en juillet 2014. Située au coeur du cluster de Paris-Saclay, elle entretient à ce jour des liens étroit avec quatorze des dix-huit établissements membres de l'université.

Dotée d'une équipe qui devrait compter une quarantaine de collaborateurs en vitesse de croisière, elle possède un conseil d'administration, chargé de donner son feu vert aux projets d'investissements instruits par les équipes, ainsi qu'un comité d'investissements, composé de professionnels de l'industrie et du capital-risque, qui apporte son expertise pour chaque projet susceptible d'être financé.

Cette SATT, qui bénéficie de l'accès aux 300 laboratoires de l'université Paris-Saclay, doit détecter les nouvelles technologies les plus prometteuses en entretenant des liens constants avec leurs chercheurs et en organisant régulièrement des appels à projets. Parallèlement, les industriels peuvent faire appel à elle pour exprimer leurs besoins technologiques.

Lorsqu'une technologie novatrice est détectée, la SATT peut décider d'accompagner sa maturation29(*) auprès des industriels ou des laboratoires et chercheurs qui en sont à l'origine, notamment par des investissements directs, et de participer à l'élaboration d'un plan d'affaires (« business plan ») destiné à assurer sa valorisation économique ainsi que la sécurisation de sa propriété intellectuelle (brevets, logiciels, savoir-faire, etc.).

Deux grands modèles de valorisation sont proposés par la SATT :

- le transfert de technologie à des partenaires industriels via des licences ;

- la création de start-up en vue de commercialiser les technologies et savoir-faire développés par les chercheurs.

Selon les informations transmises à votre rapporteur spécial par ses dirigeants, la SATT contribue à l'heure actuelle à la maturation de 20 projets, en faveur desquels elle a investi 425 000 euros en moyenne, pour un total de 8,5 millions d'euros. La valeur actuelle nette attendue à terme pour ces investissements est évaluée par les dirigeants de la SATT à 13 millions d'euros.

Ces projets concernent en particulier les secteurs de la santé (4,2 millions d'euros, soit 50 % des investissements), de la chimie et des matériaux (1,5 million d'euros, soit 20 % des investissements), des transports (1,3 million d'euros, soit 15 % des investissements et des technologies de l'information et de la communication (0,7 million d'euros, soit 8 % des investissements).

Si ces projets sont parfois portés par des grands groupes (15 %) ou par des PME (15 %), ils le sont avant tout par des start-up (55 %).

Les objectifs de la SATT à dix ans sont ambitieux, puisque ses dirigeants souhaitent soutenir 300 projets, gérer 1 000 brevets, signer 500 licences et contribuer à la création de 75 start-up.

Le modèle économique de la SATT Paris-Saclay


Source : SATT Paris-Saclay


* 29 La maturation d'une technologie amène notamment à réaliser des études technologiques, de marché ou de propriété intellectuelle, à assurer son financement ou bien encore à définir sa stratégie de valorisation.