Clôture du colloque
Intervention d'Annick Billon, vice-présidente de la
délégation aux
droits des femmes et à
l'égalité des chances entre les hommes et les femmes
Avant toute chose, je vous remercie, chacune et chacun, d'avoir participé à cet après-midi consacré à l'anniversaire de la Charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. Vingt ans, c'est beaucoup, cela compte dans une vie. Je salue votre engagement et votre dynamisme qui nous a donné envie de vous suivre.
Cette charte européenne est un outil ; or un outil n'est utile que si l'on s'en sert et qu'il évolue en même temps que la société. De nouveaux risques, qui n'existaient pas il y a vingt ans, sont apparus, dont il a été question aujourd'hui. Je pense notamment au masculinisme, sur lequel la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes travaille depuis plusieurs semaines.
De nos discussions, je retiens également que nous avons besoin de statistiques et de données : pour avancer sur un sujet, que ce soit la santé des femmes, leur travail ou les inégalités salariales, il faut le connaître.
Cet après-midi a été passionnant, car tous vos témoignages sont au plus près du terrain. Nous avons traversé la France, passant du Finistère à l'Ille-et-Vilaine et au Calvados. Je salue Sonia de La Provôté, très engagée dans son département, ainsi que Marie-Pierre Monier, qui, depuis de nombreuses années, est incontournable sur ce sujet et reste un pivot de la délégation aux droits des femmes. Je salue également mes collègues Éric Kerrouche et Christophe Chaillou. Lorsque je présidais la délégation aux droits des femmes, j'ai toujours veillé à ce que les sujets relatifs aux droits des femmes soient examinés par des hommes et des femmes.
Vous nous avez présenté des outils très utiles, imaginés dans vos collectivités, au plus près du terrain. C'est parce que c'est en prise directe avec les problématiques de terrain que cela fonctionne. C'est tout l'intérêt de ce genre de rendez-vous.
C'est grâce à l'éducation, à l'orientation et à l'autonomisation des femmes, c'est-à-dire à de véritables politiques publiques - par exemple, la garde des enfants pour les familles monoparentales - que l'égalité progressera et que les inégalités reculeront.
Il a aussi beaucoup été question de la nécessité de casser les stéréotypes.
Je tiens à insister sur les réseaux. Les femmes ont tendance à beaucoup moins réseauter que les hommes. Pourtant, c'est important pour faire progresser les femmes. Il existe de nombreuses associations de chefs d'entreprise. Désormais, quelques associations de cheffes d'entreprise sont nées et les réseaux de femmes élues se développent. C'est bénéfique pour les hommes comme pour les femmes.
Je conclurai sur une note optimiste.
Un chiffre a été donné dès le début de ce colloque : 108 milliards d'euros. C'est le coût des inégalités. À un moment où nous sommes à la recherche d'économies, il faut véritablement se pencher sur le sujet. L'égalité entre les hommes et les femmes, c'est un espace public plus sûr, ce sont des entreprises plus rentables, c'est toute une société qui en profite, hommes et femmes.
Encore merci à vous toutes et à vous tous de cet après-midi positif et engagé. La Charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale a été dignement fêtée et j'espère qu'elle prospérera dans tous les territoires, y compris dans les territoires ultramarins. Nous n'avons pas eu la chance d'avoir de témoignages d'élues d'outre-mer cet après-midi : les problématiques y diffèrent et les solutions doivent être trouvées au plus près du terrain.
Le Sénat est engagé, via la délégation aux collectivités territoriales ou la délégation aux droits des femmes. Nous avons déjà mené de nombreux travaux qui ne demandent qu'à être poursuivis. Nous avons aussi voté des lois, mais tout ne passera pas par la loi. Vous l'avez montré cet après-midi.
Bravo pour votre engagement, pour vos témoignages et pour toute cette énergie que vous nous avez communiquée.