B. UNE PART CROISSANTE DES DÉPENSES IMMOBILIÈRES DANS LE BUDGET DE LA BNF

1. Les dépenses immobilières représentent désormais un quart du budget de la BnF

En 2026, les dépenses immobilières de la BnF atteignent 72,8 millions d'euros en crédits de paiement, en retenant un périmètre large18(*), soit près de 25 % du budget total de la BnF (291,9 millions d'euros). Cette somme se décompose entre 37,9 millions d'euros de dépenses de fonctionnement immobilier et 34,9 millions d'euros de dépenses d'investissement immobilier.

Part des dépenses immobilières de la BnF dans le budget de 2026

(en millions d'euros)

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

En fonctionnement, les principaux postes de dépenses se situent entre 8 et 10 millions d'euros (fluides, entretien courant et gardiennage). Viennent ensuite les dépenses relatives à la sécurité (4,3 millions d'euros), ainsi que le nettoyage, pour 4 millions d'euros. Ces cinq postes représentent à eux seuls 35,2 millions d'euros, soit plus de 90 % des dépenses de fonctionnement immobilier. En investissement, le projet de centre de conservation d'Amiens représente 19 millions d'euros, tandis que les investissements relatifs au site François-Mitterrand atteignent 12,5 millions d'euros. À eux deux, ces postes représentent 31,5 millions d'euros, ce qui représente également plus de 90 % des dépenses d'investissement immobilier de l'année.

Répartition des dépenses immobilières de la BnF en 2026

(en millions d'euros)

Catégorie

Montant

Dépenses de fonctionnement

Fluides

10

Entretien courant des sites

8,9

Gardiennage

8,1

Sécurité incendie et assistance aux personnes

4,3

Nettoyage

4

Maintenance du TAD

1,2

Courrier

0,4

Autres

1

Total fonctionnement

37,9

Dépenses d'investissement

Projet de centre de conservation d'Amiens

19

BFM -- renouvellement des équipements centraux du système de sécurité incendie

3,8

BFM -- travaux de sécurisation du parvis

3

Opérations courantes bâtiment

2,9

BFM -- mise aux normes des infrastructures vidéo et sono de sécurité

1,8

BFM -- renouvellement des équipements techniques divers

1,1

BFM -- études et travaux d'amélioration des conditions de travail

0,75

Autres

2,4

Total investissement

34,9

Total dépenses immobilières

72,8

Note : BFM = Bibliothèque François-Mitterrand. TAD = transport automatisé de documents.

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

2. Les évolutions des dépenses immobilières de la BnF sont portées par les besoins en investissement ainsi que par les coûts de l'énergie
a) Une augmentation des dépenses immobilières qui résultent d'abord de la hausse des investissements

Depuis 2016, la part des dépenses immobilières dans le budget total de la BnF suit une tendance nettement haussière. Elles se situaient autour de 16 % à 17 % entre 2016 et 2020, avant d'atteindre 18,9 % du budget en 2021, puis de dépasser régulièrement 20 % à partir de 2022.

Comparaison de l'évolution du budget total de la BnF et de la part que représentent les dépenses immobilières au sein de celui-ci

(en %) (en millions d'euros)

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

En valeur absolue, les dépenses immobilières passent de 34,9 millions d'euros en 2016 à 72,8 millions d'euros en 2026, soit une hausse de 108,6 %. Les dépenses de fonctionnement immobilier progressent de 11,1 millions d'euros, et les dépenses d'investissement immobilier de 26,8 millions d'euros. Ainsi, près de 70 % de l'augmentation totale des dépenses immobilières depuis 2016 provient de l'investissement. Il faut néanmoins noter que la moitié de cette hausse intervient sur la seule année 2026.

Évolution des dépenses immobilières de la BnF depuis 2016

(en millions d'euros)

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

En effet, le démarrage de la construction du centre d'Amiens a conduit à ce que le projet bénéficie de 11,5 millions d'euros supplémentaires cette année, et les investissements sur le site François-Mitterrand ont également gagné en puissance en 2026.

Mais la tendance à la hausse de ces deux postes d'investissement est plus ancienne. Entre 2016 et 2020, les dépenses d'investissement immobilier oscillent entre 7,0 millions d'euros et 10,3 millions d'euros par an, et elles sont alors principalement composées d'opérations sur le site François-Mitterrand, d'opérations courantes sur les bâtiments et, dans une moindre mesure, des derniers investissements liés à Richelieu.

À partir de 2021, l'investissement immobilier dépasse durablement 14,0 millions d'euros par an, sous l'effet combiné d'un effort accru envers le site François-Mitterrand et de la montée progressive du projet Amiens.

Évolution de la structure des dépenses d'immobilier
d'investissement de la BnF depuis 2016

(en millions d'euros)

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

b) La hausse des dépenses d'immobilier de fonctionnement est notamment portée par celle des prix de l'énergie

La hausse des dépenses immobilières de fonctionnement est de moindre ampleur, mais elle n'en reste pas moins significative ; avec des dépenses passant de 26,8 millions d'euros en 2016 à 37,9 millions d'euros en 2026, soit une augmentation de 41 %.

La progression des dépenses de gardiennage est significative. Le poste reste autour de 5,0 à 5,5 millions d'euros entre 2016 et 2021, puis augmente nettement à partir de 2022. Il passe ensuite de 5,5 millions d'euros en 2016 à 8,6 millions d'euros en 2025, avant de revenir à 8,1 millions d'euros au budget initial 2026. L'explication tient dans la réouverture du site Richelieu, qui se traduit mécaniquement par des besoins accrus en surveillance et plus généralement en sûreté.

La progression la plus notable concerne toutefois les fluides, ce qui inclut pour l'essentiel l'énergie. Leur montant passe de 6,3 millions d'euros en 2016 à 10,0 millions d'euros en 2026, soit une hausse de 3,7 millions d'euros sur la période. Surtout, ce poste connaît un pic très marqué en 2023, à 16,5 millions d'euros, qui s'explique par la crise énergétique.

Évolution de la structure des dépenses d'immobilier
de fonctionnement de la BnF depuis 2016

(en millions d'euros)

Note : TAD = transport automatisé de documents.

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

La consommation d'énergie en kWh de la BnF a diminué de 16 % entre 2018 et 2024 sur l'ensemble des sites. Le coût unitaire de l'énergie a donc augmenté plus vite que les volumes consommés ne diminuaient, et les prix de l'électricité pour les entreprises restaient encore en 2024 nettement plus élevés qu'en 2021.

Cette hausse des prix, combinée aux limites des efforts de réduction de la consommation d'énergie, pour des raisons structurelles qui sont détaillées infra, présente un risque financier pour l'opérateur.


* 18 Ce périmètre comprend notamment, en fonctionnement, les fluides, l'entretien courant des sites, le gardiennage, les dépenses de sécurité incendie et d'assistance aux personnes, et diverses dépenses techniques ou logistiques liées aux bâtiments ; en investissement, il comprend les opérations courantes sur les bâtiments et les investissements sur site.

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