B. UN PLAN DE FINANCEMENT MULTIPARTITE, DÉPENDANT DE RECETTES EN PARTIE INCERTAINES

1. Un financement associant l'État, les collectivités territoriales, les fonds européens et la BnF

Au stade de l'avant-projet définitif validé en octobre 2025, le coût total de l'opération de construction du centre d'Amiens est estimé à 116,4 millions d'euros toutes dépenses confondues, dont 110,6 millions d'euros dans le mandat confié à l'OPPIC et 5,8 millions d'euros de dépenses propres portées directement par la BnF.

Son plan de financement comprend 40 millions d'euros de l'État, 7,5 millions d'euros de fonds propres de la BnF, 20 millions d'euros de produits de cessions immobilières, 17,5 millions d'euros de la région Hauts-de-France (dont 13,4 millions d'euros de contribution initiale et 4,1 millions d'euros de contribution complémentaire), 2,5 millions d'euros du département de la Somme, 5,5 millions d'euros d'Amiens Métropole, ainsi que 20,22 millions d'euros du fonds européen de développement régional (FEDER), inscrits dans le programme opérationnel 2021-2027 des Hauts-de-France.

Au total, 59,6 % des financements sont ainsi portés par l'État et la BnF, 22,5 % par les collectivités territoriales et 17,9 % par le FEDER.

Répartition des financements du projet de construction du centre d'Amiens

(en millions d'euros)

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

2. Le financement du projet de construction du centre d'Amiens doit être sécurisé

Le besoin de financement complémentaire est actuellement évalué à 3,1 millions d'euros.

Ils correspondent à l'impasse résiduelle du plan de financement après réévaluation du coût du projet et après deux efforts déjà actés par l'État et par la BnF. Le projet était initialement financé à hauteur d'environ 100,8 millions d'euros (en intégrant la contribution complémentaire de la région Hauts-de-France de 4,1 millions d'euros) alors que le coût désormais stabilisé du projet est évalué à 116,4 millions d'euros toutes dépenses confondues.

L'État a accepté d'apporter 10 millions d'euros supplémentaires, ce qui ramène le besoin de financement de 15,6 millions d'euros à 5,6 millions d'euros. Puis la BnF propose de prendre à sa charge, hors budget d'opération, 2,5 millions d'euros de dépenses de déménagement, ce qui ramène le besoin résiduel à 3,1 millions d'euros.

La BnF a indiqué au rapporteur spécial que lors du comité de pilotage en présence des représentants de tous les cofinanceurs du projet, il a été annoncé, qu'un tour de table additionnel serait effectué afin de couvrir ce manque.

Au-delà, il existe deux éléments de risque budgétaire sont :

- la procédure relative à la demande de financement du FEDER, qui n'a pas encore abouti à la date de rédaction du présent rapport ;

- les produits de cession immobilière. En effet, la direction actuelle de la BnF estime que les produits de cession prévus à 20 millions d'euros depuis 2022 (cession des immeubles du 2 rue Louvois et 8 rue Colbert) pourraient être surévalués au regard de la nature des deux immeubles et de l'état du marché immobilier.

Dans le cas où l'État ne pourrait assurer un retour de 20 millions d'euros à la BnF, l'établissement plaide pour un accroissement du taux de retour (actuellement de 50 %), ce qui nécessiterait l'accord du ministre chargé du budget qui assure la tutelle du Comptes d'affectation spéciale « Gestion de l'immobilier de l'État ». Une autre option consisterait à ce que l'État augmente à due concurrence sa participation directe au projet.

Quelles que soit les modalités de financement retenues, il convient à tout le moins de garantir que le projet puisse bénéficier des sommes prévues.

Recommandation : sécuriser le programme de financement de la construction du centre d'Amiens, en particulier les recettes attendues des cessions immobilières et des financements européens.

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