C. GARANTIR LA COHÉSION SOCIALE ET L'ÉGALITÉ TERRITORIALE DANS LES TRANSITIONS
1. L'économie sociale et solidaire, levier de la cohésion sociale des territoires
|
10% Part de l'ESS dans le PIB Source : UDES |
Comme le souligne l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire (UDES), le secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS) représente à l'échelle nationale 200 000 employeurs, 2,7 millions de salariés, 13,7 % de l'emploi privé et 10 % du PIB.
L'ESS est historiquement très présente dans l'action sociale et les activités de soins et d'accompagnement, en particulier dans les territoires ruraux. Elle apporte ainsi des solutions dans les territoires où la rentabilité est plus faible qu'ailleurs. Par exemple, dans les ruralités, l'aide à domicile est assurée à 72 % par l'ESS.
L'ESS est aussi un acteur majeur dans les domaines du sport et de la culture. Dans les territoires ruraux, l'action culturelle est souvent organisée et animée par des associations.
L'ESS est toutefois confrontée à des difficultés de financement, de recrutement et d'ingénierie, en particulier dans les ruralités non périurbaines, où le déploiement des services est plus complexe pour répondre à tous les enjeux : mobilités, garde d'enfants, vieillissement de la population, etc.
|
Focus : L'économie sociale et solidaire, laboratoire de l'innovation sociale L'histoire de l'ESS remonte au XIXe siècle avec les premières associations ouvrières, les coopératives de consommateurs et d'habitants et les sociétés de secours mutuel. L'ESS puise dans cette tradition sa logique d'innovation sociale pour apporter des solutions concrètes aux habitants et garantir la cohésion sociale du territoire. L'ESS a été consacrée juridiquement par la loi du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire, qui la reconnaît comme un mode d'entreprendre et de développement économique spécifique. La loi crée une chambre française de l'économie sociale et solidaire, ESS France. Elle donne une définition des entreprises de l'ESS et crée le statut d'entreprise solidaire d'utilité sociale (ESUS). L'ESS repose sur quatre principes : une gestion démocratique ; l'utilité collective ou sociale du projet ; la mixité des ressources ; la non-lucrativité individuelle. Parmi les acteurs de l'ESS, on trouve : les associations (de la loi 1901), les fondations de personnes ou d'entreprises ; les mutuelles à but non lucratif ; les coopératives ; les entreprises commerciales d'utilité sociale. Source : https://www.economie.gouv.fr/economie-sociale-et-solidaire-ess |
2. Mettre l'habitabilité des territoires ruraux au coeur des politiques d'aménagement
Clémence Dupuis, architecte urbaniste et ingénieure des transitions territoriales à l'Université Grenoble Alpes, a mené des recherches-actions sur l'aménagement des communes rurales en déprise qui, malgré les moyens financiers et l'ingénierie déployés par l'État et l'engagement des élus locaux, ne parvenaient pas à améliorer l'habitabilité de leur territoire.
Ce constat interroge les méthodes classiques d'aménagement qui se fondent sur une approche technique par la spatialisation des opérations en vue d'améliorer l'attractivité du territoire. De plus, les politiques publiques mettent souvent l'accent sur des urgences légitimes : relancer l'économie, améliorer l'offre de logement, etc.
Or, les travaux de Clémence Dupuis plaident pour changer de matrice des politiques publiques et partir des attachements des habitants à leur territoire plutôt que de l'impératif économique : la beauté du territoire, qui doit être accessible à tous ; la qualité des relations sociales (convivialité, entraide, hospitalité) ; la capacité à s'émanciper et se projeter vers du mieux.
|
Focus : L'habitabilité des territoires Selon les travaux de Clémence Dupuis, la notion d'habitabilité fait référence à la capacité des êtres humains à habiter un espace vivable et à s'adapter dans les conditions qu'ils estiment nécessaires à leur bien-être global, leur santé, voire leur survie. Si l'habitabilité a d'abord été définie d'un point de vue matériel, « le fait pour un local d'être habitable »51(*), le concept s'est progressivement élargi aux modèles économiques et sociaux, jusqu'à une nouvelle science des lieux intégrant l' « habité » de la Terre. Cette notion a ensuite progressivement investi un champ pluridisciplinaire et a fait l'objet de multiples définitions et conceptualisations. L'habitabilité intègre l'ensemble des conditions de vie et de qualité d'un lieu, aussi bien « matérielles qu'idéelles. Le terme renvoie à une idée de l'habiter plus large que le fait de résider. L'habitabilité d'un lieu est liée à l'existence de possibilités suffisantes de création et d'adaptation permettant aux individus de se l'approprier »52(*). À titre d'exemple, le concept a permis d'interroger l'articulation entre les enjeux spécifiques aux ruralités et les problématiques de vieillissement. En effet, s'il est possible d'habiter dans une haute vallée isolée en pleine force de l'âge, vivre retiré devient plus difficile avec le vieillissement, dès lors que la nécessité de recourir régulièrement à des soins implique un accès à des espaces bien équipés. L'habitabilité d'un même lieu varie ainsi selon l'état de santé et le cycle de vie des individus qui l'occupent. L'habitabilité varie dans le temps, dans l'espace et selon les individus en fonction de leur capital spatial : ressources matérielles, culturelles, financières et alimentaires ; mobilité ; relations sociales ; accès aux services et aux soins ; rapport à l'environnement. Le département de la Creuse illustre la dégradation progressive de l'habitabilité d'un territoire : avec une perte d'environ 650 habitants par an, le département voit sa population vieillir et ses jeunes partir massivement. La désertification médicale aggrave cette situation face à une population dont les besoins en soins augmentent -- ce qui illustre directement la dimension « cycle de vie » de l'habitabilité : un même lieu peut devenir inhabitable non parce qu'il change physiquement, mais parce que les conditions nécessaires au bien-être et à la survie de ses habitants ne sont plus réunies. La fermeture des écoles, commerces et services de proximité achève de transformer un espace vécu en espace subi. |
L'exemple de la suspension du projet d'aménagement touristique de Tony Parker dans le Vercors témoigne du fait que les transitions doivent être pensées au travers de l'habitabilité du territoire et pas seulement d'impératifs d'attractivité et de développement économique.
|
Focus : l'exemple rejet du projet de complexe hôtelier dans le Vercors de Tony Parker au nom de l'habitabilité du territoire L'ancien basketteur Tony Parker a développé à partir de 2019 le projet de construire un vaste complexe hôtelier de luxe dans le Vercors, à Villard-de-Lans. Le projet, baptisé « Ananda Resort », devait comprendre un ensemble immobilier (99 suites-appartements, 700 lits, 17 597m2 de surface de plancher), des commerces et des activités indoor, pour un coût estimé de 88,5 millions d'euros. Ce site de moyenne montagne est confronté aux enjeux du changement climatique, avec la diminution de l'enneigement qui menace le développement touristique de la station. Les habitants se sont rapidement inquiétés des dimensions du projet et ont constitué un collectif nommé « Vercors Citoyens », composé de 800 personnes. Il s'agissait pour eux non pas de s'opposer au projet, mais de le penser de manière plus démocratique, pour réfléchir aux transitions dans le Vercors à l'aune de l'habitabilité du territoire et pas seulement au regard des impératifs d'attractivité économique. Un dispositif d'écoute citoyenne a été mis en place en partenariat avec l'université Grenoble Alpes. Les 888 propositions formulées ont été regroupées en thématiques, qui font ressortir l'attachement des citoyens à l'environnement et aux paysages, au lien social, à la culture, etc. Une consultation en ligne organisée au printemps 2025 avait conduit les 3 450 participants à exprimer un avis défavorable à 80 % En septembre 2025, le préfet coordonnateur du massif des Alpes a rejeté le projet d'aménagement, tenant compte des considérations environnementales (conséquences sur la gestion de l'eau, risque d'émissions de gaz à effet de serre, etc.) et de la mobilisation citoyenne. En parallèle, la mobilisation citoyenne, rejointe par des acteurs publics comme le parc naturel régional du Vercors, a engagé des travaux pour proposer d'autres manières d'habiter le territoire, en association avec les acteurs économiques, les élus locaux, les habitants. |
3. Les tiers-lieux, l'innovation au service du développement durable et inclusif des territoires
La notion de tiers-lieux recouvre des réalités différentes : épiceries solidaires, espaces de coworking, friches culturelles, fablabs, tiers-lieux nourriciers, etc. Ces différentes formes de tiers-lieux ont toutefois en commun de « mutualiser des espaces et des compétences, hybrider des activités et réunir un collectif citoyen engagé, favorisant la coopération pour répondre aux enjeux de leur territoire »53(*).
|
Focus : les tiers-lieux en France Selon le groupement d'intérêt public France Tiers-Lieux, cinq éléments définissent un tiers-lieu : · Entrepreneuriat ancré dans le territoire : création d'activités à impacts économiques, sociaux et environnementaux positifs à partir des besoins et ressources du territoire ; · Expérimentation et création : modèles économiques hybrides, visant l'autonomie financière par des revenus divers (services, formation, loyers, restauration, fabrication...) ; · Hybridation d'activités et de revenus : lieux du faire, souples, évolutifs et adaptables, permettant l'émergence de projets « hors cadre » ; · Vie, convivialité et mixité : rencontres informelles, l'accueil et la convivialité, les interactions sociales imprévues font la valeur du lieu · La libre contribution et l'évolutivité : des usagers impliqués dans le projet, qui le construisent et le font évoluer au fil du temps Source : groupement d'intérêt public France Tiers-Lieux |
|
34% Part des tiers-lieux en ruralité Source : Observatoire des tiers-lieux - GIP France Tiers-LIeux |
Les tiers-lieux sont un levier important du développement durable et inclusif des territoires ruraux. Selon l'Observatoire des tiers-lieux, on compte en France 3 500 tiers lieux. S'ils se sont d'abord développés dans les centralités urbaines, les tiers-lieux sont aujourd'hui majoritaires dans les territoires ruraux. On dénombre ainsi 62 % de tiers-lieux en dehors des métropoles, et 34 % en ruralité.
La typologie de tiers-lieux est variée et couvre plusieurs domaines : développement économique, artisanat, lien social, culture, espaces de création, alimentation, etc.
|
Source : Observatoire des tiers-lieux - GIP France Tiers-Lieux |
Les collectivités territoriales sont à l'initiative de la création de tiers-lieux dans 14 % des cas - 27 % relevant d'une initiative citoyenne, 26 % d'une association déjà existante et 22 % de l'entrepreneuriat collectif ou individuel. On peut regretter que les collectivités ne se saisissent pas davantage de cet outil.
Toutefois, parmi les collectivités territoriales, les communes (45 %) et les intercommunalités (44 %) sont les strates qui se sont le plus saisis de l'opportunité que représentent les tiers-lieux pour contribuer au développement durable et inclusif de leur territoire, contre seulement 7 % pour les départements et 4 % pour les régions.
|
Source : Observatoire des tiers-lieux - GIP France Tiers-Lieux |
|
400 Tiers-lieux créés dans le cadre de Villages d'avenir Source : ANCT |
L'ANCT, par les programmes qu'elle pilote, contribue également au dynamisme tiers-lieux. Ainsi, dans le cadre du programme Villages d'avenir et grâce à l'accompagnement des chefs de projet, près de 400 tiers-lieux ont été créés.
Parmi les initiatives qui ont vu le jour, on peut noter : la création d'un bar associatif accueillant du coworking dans la commune de La Morte, en Isère ou encore une résidence d'artistes dotée de jardins partagés dans le Lot. Les réflexions portent aussi sur l'habitat partagé, avec la possibilité de villages séniors ou de colocations intergénérationnelles.
L'inventivité et la capacité d'innovation des territoires ruraux sont un atout pour le développement durable et inclusif des ruralités. Les rapporteurs préconisent de soutenir les acteurs associatifs qui contribuent aux politiques de transition dans les territoires ruraux, mais aussi de les intégrer davantage à l'élaboration, la mise en oeuvre et l'évaluation des politiques d'aménagement durable des ruralités.
|
Recommandation : soutenir les acteurs associatifs contribuant aux politiques de transition dans les territoires ruraux - Soutenir les acteurs associatifs (associations citoyennes, associations d'élus, économie sociale et solidaire, etc.) qui oeuvrent pour le développement et la valorisation des territoires ruraux (culture, éducation, solidarité, santé, etc.), en particulier auprès de publics cibles tels que les jeunes ; - Intégrer ces acteurs associatifs dans l'élaboration, la mise en oeuvre et l'évaluation des politiques d'aménagement durable des territoires ruraux. |
4. La culture et le patrimoine, leviers du développement territorial durable
Une étude réalisée par la Coopérative Tiers-lieu(x) en 202454(*) a montré que la quasi-totalité des tiers-lieux en Nouvelle-Aquitaine proposait une offre artistique et culturelle.
Loin du cliché des « déserts culturels », les ruralités contribuent bien au contraire au développement économique, à l'attractivité et à la cohésion sociale des territoires. L'offre culturelle et artistique y est dynamique et innovante. Elle peut prendre plusieurs formes : festivals, tiers-lieux, micro-folies, itinérances, valorisation du patrimoine et de la nature, liens avec l'agriculture et le vivant, hybridation des interventions publiques et privées, etc.
En effet, dans l'imaginaire des ruralités, l'offre culturelle est souvent associée à l'organisation de festivals pendant la période estivale. C'est l'exemple Jazz in Marciac (Gers), la manifestation culturelle la plus importante d'Occitanie qui, en plus d'une billetterie en hausse (+9 % de fréquentation en 2025), attire plus de 300 000 visiteurs par an pendant le festival.
Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Occitanie relatif à la gestion de l'association « Jazz in Marciac » sur les exercices 2018 à 202355(*) confirme l'impact économique et touristique du festival. Le montant total de dépenses des festivaliers en 2021 a été estimé à 3 millions d'euros. Ces dépenses bénéficient au secteur d'activités de l'hôtellerie, de la restauration et des cafés du territoire, mais aussi aux nombreuses entreprises ambulantes qui s'installent sur le site pendant le festival. Ces activités économiques contribuent également à des retombées fiscales sur le territoire.
À l'inverse, l'arrêt du festival de musique « country » de Mirande (Gers) plusieurs années de suite, à partir de 2014, du fait de difficultés financières de l'organisateur, mais aussi de problèmes de logistique, de sécurité ou de disponibilité des terrains, a eu un impact économique négatif sur le territoire, qui accueillait plus de 130 000 festivaliers par an.
Les ruralités permettent également la mise en valeur du patrimoine et de l'histoire du territoire. C'est le cas du projet « Bigorrus » porté par la communauté de communes Adour Madiran.
|
Bonne pratique : « Bigorrus », un projet de territoire ambitieux et innovant porté par la communauté de communes Adour-Madiran Le projet original de réaménager le site d'une ancienne cave coopérative de l'AOC Madiran à Castelnau Rivière-Basse a changé de dimension pour devenir un véritable projet de territoire porté par la communauté de communes Adour-Madiran. Le nouveau projet vise désormais à transformer le site en un véritable lieu d'attractivité, d'innovation et de valorisation du patrimoine local, s'articulant autour des thématiques qui ont fait l'histoire du territoire : l'eau, la vigne, l'agriculture. Le projet ambitionne de mélanger « réalités et imaginaires, passé, présent, et futur du territoire », s'inspirant du projet des Machines de l'île, à la croisée des univers de Jules Verne, du génie créatif de Léonard de Vinci et du passé industriel de Nantes. Le projet devra toutefois s'articuler avec les contraintes des exploitants agricoles des environs. Source : https://www.adour-madiran.fr/un-nouveau-projet-territorial-et-touristique/ |
Enfin, les ruralités sont aussi un lieu d'innovation culturelle et de créativité artistique, comme le démontre l'ambition de Sarrant (Gers) de devenir le « village de l'illustration ».
|
Bonne pratique : Sarrant (32), « village de l'illustration » soutenu par l'association InSite Fondée en 2018 par Thibault Renaudin, maire de Termes-d'Armagnac (Gers), l'association InSite porte l'idée d'un avenir désirable dans les ruralités. Elle accompagne les initiatives locales qui contribuent au vivre ensemble et à la résilience des territoires. En matière culturelle, l'association a soutenu le village de Sarrant (Gers) dans son ambition de devenir le « Village de l'Ilustration », articulée autour de trois projets : · les Estivales, un festival de l'illustration porté par l'association Lires ; · la Maison de l'Illustration, un espace d'exposition et de création autour de l'illustration, également espace de vie sociale ; · la Micro-Folie, un projet de musée numérique porté par la mairie en partenariat avec le ministère de la Culture et l'établissement public de La Villette, conçu comme une galerie d'art numérique, un espace de création de création et un lieu de convivialité et d'échanges. Source : association InSite |
5. Les ruralités, un laboratoire de solutions pour demain
Loin de leur image écornée, qui n'a plus lieu d'être, les ruralités doivent au contraire être appréhendées comme les laboratoires de solutions pour demain. Il convient non seulement d'accompagner le développement des ruralités à l'ère des transitions, en particulier s'agissant des territoires hyper-ruraux, qui disposent de moins de leviers. Il s'agit aussi et surtout d'investir le modèle rural comme étant porteur des solutions concrètes, durables, cohérentes et inclusives pour répondre aux défis du 21e siècle.
|
Focus : les ruralités, un laboratoire de solutions pour demain Selon l'enquête Paroles de campagne - Réalités et imaginaires de la ruralité française (2025)56(*) : « Alors que la ruralité a longtemps été perçue comme un territoire en retrait, marginalisé dans les priorités publiques, elle apparaît aujourd'hui, pour une large majorité de Français, comme une ressource utile pour penser l'avenir du pays. Ce basculement est net : selon notre enquête, 81 % des Français estiment qu'on devrait davantage s'inspirer de ce qui se passe dans les zones rurales pour résoudre les problèmes à l'échelle nationale, contre seulement 19 % qui continuent de la considérer comme un espace tourné vers le passé. Ce jugement ne se limite pas aux seuls habitants des campagnes. Il traverse l'ensemble des profils : 83% d'adhésion chez les ruraux, mais aussi 80 % chez les urbains. Les générations les plus âgées en sont les plus convaincues (88 % chez les 55 ans et plus), mais même chez les plus jeunes, près de 70 % des 18-24 ans partagent cette conviction. Ce changement de regard s'explique par une convergence croissante des vulnérabilités environnementales et sociales entre zones urbaines et rurales. À l'heure où les enjeux d'autonomie alimentaire, de sobriété énergétique, de sécurité et de relocalisation deviennent prioritaires, le modèle rural apparaît comme un consensus puissant pour aborder ces transitions. De plus, les difficultés historiquement associées à la ruralité -- accès aux soins, recul des services publics, éloignement des équipements et infrastructures -- concernent désormais de nombreux autres territoires, notamment les périphéries urbaines et les villes moyennes. Ce que les ruraux vivent depuis longtemps par contrainte -- faire avec moins, gérer localement, adapter les usages -- est aujourd'hui partagé et compris plus largement à l'échelle nationale. [...] En ce sens, investir le modèle rural devient un enjeu stratégique. Cela suppose d'y consacrer des moyens, mais aussi du temps, de l'écoute, de l'attention et de la reconnaissance. Car au-delà de ses difficultés bien réelles, la ruralité est aujourd'hui l'un des rares modèles de territoires perçus comme porteurs de stabilité, de solutions concrètes et de cohérence à long terme. Ce n'est pas la France d'hier, mais un laboratoire pour demain. » |
* 51 Définition du Larousse.
* 52 Géoconfluences, 2023.
* 53 France Tiers-Lieux : https://francetierslieux.fr/quest-ce-quun-tiers-lieu/
* 54 Panorama des tiers-lieux en Nouvelle-Aquitaine (2024) - Coopérative tiers-lieu(x) : https://coop.tierslieux.net/document/panorama-des-tiers-lieux-en-nouvelle-aquitaine-2024/
* 55 https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-03/OCR2024-13.pdf
* 56 paroles-de-campagne-juin-2025_web.pdf. Enquête menée par Tristan Guerra, Clémentine Guilbaud Demaison, Raphaël Llorca, Laurent de Nervaux. Associations partenaires : Destin commun, Bouge ton coq, Insite, Rura.


