II. UN BILAN D'ÉTAPE DÉCEVANT DE LA MISE EN oeUVRE DU CENTRE EUROPÉEN POUR LA RÉSILIENCE DÉMOCRATIQUE
De manière pratique, le bouclier est essentiellement axé sur la création d'une nouvelle structure - le Centre européen pour la résilience démocratique, dont la feuille de route reste imprécise et le degré de mise en oeuvre près de six mois après sa création, incertain.
A. PLUSIEURS INITIATIVES EUROPÉENNES DÉJÀ EXISTANTES
Alors qu'à travers l'Europe existent déjà différentes initiatives pour renforcer les capacités de résilience démocratie, soit au niveau national (VIGINUM en France, l'Agence de défense psychologique en Suède, s'agissant des plus avancées), soit dans une logique de coopération internationale (Centre d'excellence pour la cyberdéfense en coopération adossé à l'OTAN, Centre de développement des capacités cyber dans les Balkans occidentaux ou C3BO...), le Centre européen pour la résilience démocratique doit pouvoir jouer un rôle de coordination, sans nuire à la capacité des États membres.
Centres européens de résilience et de défense informationnelle et cyber
Source : Infographie générée avec l'aide de l'IA
B. LA NÉCESSITÉ D'UN MANDAT CLAIR ET D'UN PORTAGE POLITIQUE FORT
Pour ne pas risquer de devenir une autre plateforme ou un centre parmi d'autres, ce qui aggraverait la fragmentation des efforts européens et réduirait l'efficacité des outils existants, ce centre a besoin d'un mandat clair, axé sur la seule coordination des initiatives nationales et la coopération en vue du partage des bonnes pratiques et du renforcement des capacités des pays les moins avancés en la matière.
Aujourd'hui hébergé au sein de la direction générale pour la communication (DG COMM) de la Commission européenne et doté de ressources humaines incertaines (il serait composé de 5 à 6 personnes dont on ne connaîtrait à ce stade pas l'organigramme précis), le Centre - inauguré officiellement le 24 février 2026 - ne bénéficie pas d'une feuille de route claire et n'a pas encore abouti à des résultats tangibles.
Il convient donc de le doter, d'une part, d'une équipe compétente, d'un format adapté aux missions qui lui sont attribuées, et d'autre part, d'un mandat clair, lui permettant de coordonner le partage des bonnes pratiques entre États membres et avec les institutions de l'Union européenne, dans le respect des compétences des États membres et notamment de leurs capacités de détection et de riposte souveraines.
