IV. UN REHAUSSEMENT DE L'ARSENAL FRANÇAIS DEVENU NÉCESSAIRE
À maints égards, le discours du chef de l'État du 2 mars 2026, dont les objectifs sont partagés par les rapporteurs, conforte l'exposé de la doctrine réalisé le 7 février 2020 et s'inscrit dans le prolongement des précédents discours depuis ceux du président Jacques Chirac qui a théorisé la doctrine nucléaire de la France après la fin de la « Guerre froide ».
La doctrine française ne soutient ainsi pas le concept de « no first use » qui s'oppose à deux possibilités couvertes par la dissuasion française : le recours à l'avertissement nucléaire et la possibilité de recourir à l'arme nucléaire pour faire face à une agression ou à une menace sur nos intérêts vitaux non nucléaires.
L'ambiguïté autour de la définition des intérêts vitaux est maintenue tandis que la notion d'escalade nucléaire est toujours écartée. L'arsenal nucléaire français ayant une dimension uniquement stratégique, l'avertissement vise précisément à rétablir la dissuasion nucléaire. Par ailleurs, la dissuasion nucléaire demeure souveraine et indépendante.
Pourquoi était-il devenu nécessaire de faire évoluer
la doctrine nucléaire de la France ?
Cinq évolutions majeures intervenues depuis le précédent discours du chef de l'État du 7 février 2020 ont rendu nécessaire une nouvelle expression du chef de l'État dès cette année :
1- La multiplication des conflits sous le seuil impliquant des États dotés ;
2- L'évolution de la doctrine de dissuasion de plusieurs compétiteurs ;
3- Les alliances et coordinations impliquant des États dotés ;
4- Les développements technologiques des arsenaux nucléaires ;
5- L'essor quantitatif et technologique des moyens de défense anti-missiles adverses.
Ce nouveau discours tire néanmoins les conséquences de l'évolution du contexte géopolitique et acte les difficultés à poursuivre les efforts en faveur du désarmement et de la lutte contre la prolifération tout en réaffirmant leur nécessité.
Selon une autorité militaire auditionnée, la principale évolution de la doctrine concerne l'augmentation du nombre des têtes nucléaires sans pour autant que la France s'engage dans une course aux armements. La position française demeure construite autour de la notion des dommages inacceptables même si les termes ne sont plus employés. Le discours va, en réalité, plus loin en laissant entendre que la France se donne les moyens de pouvoir percer n'importe quelles défenses pour atteindre des cibles qui ne se limitent plus aux « centres de pouvoir ».
Au-delà de la hausse du nombre des têtes nucléaires, le discours prévoit également une évolution opérationnelle : la France, selon la même autorité militaire auditionnée, se « redonne de la liberté d'action » et revient à ce qui faisait l'essence de la dissuasion originelle. En outre, les intérêts vitaux de la France demeurent, de même que l'absence de recours à la notion de seuil ou de « ligne rouge ». Enfin, le chef de l'État reste le seul en mesure d'apprécier si les intérêts vitaux de la France sont menacés et la seule autorité en capacité de décider d'engager la force de frappe nucléaire contre un ou plusieurs adversaires.
Les « intérêts vitaux » de la France dans le discours du président Emmanuel Macron du 2 mars 2026
« La dissuasion nucléaire française a vocation à dissuader tout État à s'en prendre à nos intérêts vitaux. Quels sont-ils ? Nous ne les avons jamais énoncés précisément, à dessein. Nos lignes rouges ne sont pas lisibles. Elles ne sauraient l'être. À coup sûr, pourtant, nos intérêts, s'ils couvrent le territoire hexagonal et ultramarin, ne peuvent se confondre avec le seul tracé de nos frontières nationales. » (...)
« Peut-on envisager que la survie de nos partenaires les plus proches soit mise en jeu sans que cela affecte nos intérêts vitaux ? À l'inverse, qu'une menace extrême en Europe ne concerne que nous-mêmes ? Pour ces raisons fondamentales, les Présidents successifs ont évoqué la dimension européenne des intérêts vitaux de la France » (...)
Une autorité civile auditionnée confirme l'importance de l'annonce d'un rehaussement du volume d'armes ainsi que la décision de ne plus communiquer sur leur nombre. Elle insiste, par ailleurs, sur deux autres dimensions :
- la nécessité de mieux articuler les phases conventionnelle et nucléaire en développant « l'épaulement réciproque » ;
- et le renforcement de la dimension européenne à travers le concept de « dissuasion avancée ».
A. DE LA « STRICTE SUFFISANCE » À LA « STRICTE COHÉRENCE »
Alors que dans son discours du 7 février 2020 le président Emmanuel Macron avait réaffirmé la position traditionnelle de la France de « refus de toute course aux armements et le maintien du format de notre dissuasion nucléaire à un niveau de stricte suffisance », une des principales évolutions du discours du 2 mars 2026 a consisté à déclarer que « la France a toujours envisagé pour son arsenal les seuils strictement cohérents avec l'efficacité opérationnelle de notre dissuasion ». Le changement de termes est cohérent avec l'annonce d'un rehaussement de l'arsenal français devenu nécessaire.
1. Un rehaussement justifié par l'évolution des menaces et le renforcement des défenses adverses
Dans son discours du 2 mars 2026 le chef de l'État a justifié la nécessité d'augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal par la responsabilité qui est la sienne « d'assurer que notre dissuasion conserve et qu'elle conservera à l'avenir son pouvoir de destruction assuré dans un environnement dangereux, mouvant et proliférant ». Il a également indiqué qu'il n'y aurait plus de communication sur les chiffres de l'arsenal nucléaire français.
La nécessité d'accroître la taille de l'arsenal nucléaire de la France constitue un changement important dans la stratégie de la France. Comme le rappelait le président Nicolas Sarkozy dans son discours du 21 mars 2008 : « la France a un bilan exemplaire, et unique au monde, en matière de désarmement nucléaire ». Elle est le premier pays au monde avec le Royaume-Uni à avoir signé et ratifié le traité d'interdiction complète des essais nucléaires. Elle est le premier État à avoir décidé la fermeture et le démantèlement de ses installations de productions de matières fissiles à des fins explosives et le seul État à avoir démantelé, de manière irréversible, son site d'essais nucléaires situé dans le Pacifique. Elle est également le seul État à avoir démantelé ses missiles nucléaires sol-sol et à avoir réduit volontairement d'un tiers le nombre de ses sous-marins nucléaires lanceurs d'engins.
Le président Sarkozy pouvait ainsi déclarer en 2008 que « la France applique un principe, celui de la stricte suffisance : elle maintient son arsenal au niveau le plus bas possible, compatible avec le contexte stratégique » et annoncer une nouvelle mesure de désarmement ayant pour conséquence de réduire d'un tiers pour la composante aéroportée le nombre d'armes nucléaires, de missiles et d'avions, ramenant l'arsenal français à moins de 300 têtes nucléaires soit « la moitié du nombre maximum de têtes que nous ayons eu pendant la guerre froide ».
Le président Sarkozy donnait également deux autres informations importantes dans son discours de 2008 qui demeurent valables encore aujourd'hui à la connaissance des rapporteurs : d'une part la France « n'a aucune autre arme que celles de ses stocks opérationnels » et d'autre part « aucune de nos armes n'est ciblée contre quiconque ».
Le revirement annoncé par le président Macron a donc pour conséquence de remettre en question un désarmement engagé il y a près de vingt ans. Mais ce changement de posture ne signifie pas pour autant un changement de politique puisque c'est bien le « contexte stratégique » qui a changé et qui commande de réexaminer le niveau adéquat de l'arsenal de notre pays.
Il est difficile, en effet, de contester que nous traversons sur le plan géopolitique « une période de rupture, pleine de risques » qui justifie « un durcissement de notre modèle » pour reprendre les termes employés par le président de la République. La Russie qui fait preuve en Ukraine d'un « impérialisme brutal » et « ne cesse de développer de nouvelles armes » nucléaires constitue la principale menace. Mais le chef de l'État a aussi évoqué le rattrapage de la Chine et le développement des arsenaux d'autres États possesseurs. Au final « tout cela montre (...) que les menaces nucléaires s'accroissent, se diversifient, qu'elles sont davantage connectées entre elles, qu'elles risquent d'être précédées d'épisodes de conflits intenses sous le seuil et que les défenses de nos adversaires potentiels se renforcent ».
Une autorité militaire auditionnée a mis en évidence le fait que l'analyse du chef de l'État ne se limitait pas à la prise en compte de la situation présente mais s'inscrivait aussi dans le cadre d'une dégradation plus profonde des rapports de puissance. Alors que pendant des décennies une parité avait été atteinte entre la Russie et les Etats-Unis en nombre de têtes nucléaires opérationnelles autour de 1 500 à 2 000 pour chaque protagoniste, ce rapport est estimé de nos jours à 1,5 contre 1 en ajoutant les capacités de la Chine à celles de la Russie et pourrait atteindre 2 contre 1 dans 10 ans compte tenu du développement de l'arsenal chinois voire 2,5 contre 1 en tenant compte de l'arsenal nord-coréen. Cette dégradation nette et prolongée du rapport de puissance est ainsi considérée comme porteuse de menaces pour la préservation des équilibres stratégiques au niveau mondial.
Le rehaussement de l'arsenal nucléaire français permet à la dissuasion de conserver son « pouvoir de destruction assuré ». Le rehaussement répond à deux tendances majeures : les mutations de l'environnement stratégique qui imposent d'envisager des scénarios de menace plus complexes voire combinés entre adversaires et les évolutions technologiques des défenses qui doivent être et sont anticipées. Il s'agit donc de tirer les conséquences de ces deux évolutions au regard du dimensionnement des forces nucléaires.
L'EMA-FN, interrogé par les rapporteurs ne dit pas autre chose en indiquant que « la nécessité de renforcer notre posture de dissuasion est liée à l'évolution du contexte stratégique : multiplication des conflits sous le seuil nucléaire impliquant des états dotés, évolution de la doctrine de dissuasion de plusieurs compétiteurs, alliances et coordinations impliquant des États dotés, développements technologiques des arsenaux nucléaires et essor quantitatif et technologique des moyens des défenses anti-missiles adverses ».
Dans ces conditions l'EMA-FN estime que : « le rehaussement de l'arsenal nucléaire français n'est pas une mesure de signalement stratégique, mais une nécessité opérationnelle qui répond aux mutations de l'environnement stratégique, imposant d'envisager des scénarios de menace plus complexes, voire combinées entre adversaires, et de s'adapter aux évolutions technologiques des défenses, actuelles et avérées mais aussi futures. Ces deux facteurs influent directement sur le dimensionnement de l'arsenal et celui des forces nucléaires. En particulier, l'efficacité des forces nucléaires face à des défenses aériennes adverses, dépend notamment de la puissance, de la portée et de la capacité de pénétration de nos systèmes d'armes ».
La dissuasion nucléaire française bénéficie aujourd'hui d'une véritable crédibilité que ce soit auprès de nos alliés américains et britanniques avec lesquels les échanges techniques et les partages d'expériences sont réguliers mais également auprès de compétiteurs comme la Russie qui dispose des moyens lui permettant d'en évaluer l'efficacité. Comme l'a rappelé le président de la République à l'Île Longue, un seul de nos SNLE « emporte avec lui une puissance de frappe qui équivaut à la somme de toutes les bombes tombées en Europe pendant la Seconde guerre mondiale. C'est près de mille fois la puissance des premières bombes nucléaires ».
Mais, au-delà de la puissance destructrice, c'est la maîtrise du tir de missiles balistiques en plongée par les SNLE et la capacité de conduire des raids aériens en profondeur pour délivrer un missile de croisière nucléaire qui fondent la crédibilité de notre « force de frappe ». Il convient également de rappeler que la miniaturisation des têtes thermonucléaires et les technologies employées pour percer les défenses rendent très incertaine la perspective de pouvoir les intercepter.
Par ailleurs, comme cela a déjà été mentionné, l'absence de référence dans le discours aux « centres de pouvoirs » rouvre les possibilités en termes de ciblage. Pour un expert civil auditionné : « concernant le ciblage, l'absence de mention des centres de pouvoir politiques, économiques et militaires est également marquante. Cela pourrait être dû à la nécessité de procéder à un ciblage plus large (« anticités ») au cas où nous devrions affronter deux adversaires majeurs simultanément ».
Un rehaussement motivé par deux évolutions stratégiques
Selon les informations recueillies par les rapporteurs, deux tendances ont amené le président de la République à annoncer une rehausse de l'arsenal nucléaire français pour garantir que nos armes soient en capacité d'infliger, en toutes circonstances, des dommages inacceptables à tout adversaire qui s'en prendrait aux intérêts vitaux français :
- d'une part, les mutations de l'environnement stratégique nous imposent d'envisager des scénarios de menace plus complexes. Il s'agit donc d'en tirer les implications vis-à-vis du dimensionnement de nos moyens ;
- d'autre part, les évolutions technologiques des défenses sont anticipées.
Les acteurs de l'« oeuvre commune » (EMA, DGA, CEA/DAM) sont en ordre de marche pour répondre au besoin de rehaussement de l'arsenal exprimé par le président de la République. Les premiers efforts nécessaires ont été intégrés dans l'actualisation de la programmation militaire 2026-2030.
La décision de procéder au rehaussement de notre arsenal comporte donc une double dimension. Elle répond certes à des enjeux opérationnels d'efficacité compte tenu de l'évolution des menaces et des défenses adverses. Mais elle comprend également une dimension politique et psychologique. Ce changement de posture matérialise, en effet, la volonté du président de la République d'opposer une détermination sans faille aux nouvelles menaces qui ont émergé. Dès lors, le nombre de têtes supplémentaires qui seront produites ne constitue pas l'unique aspect du message. Il doit être replacé dans un cadre plus vaste afin de tenir compte de l'engagement de la Nation à poursuivre la modernisation de notre dissuasion nucléaire avec de nouveaux vecteurs (ASMPA-R et M51.3) et le développement de leurs successeurs (ASN4G et M.51.4).
Pour Etienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique auditionné par les rapporteurs : « il est probable que la hausse soit de l'ordre de quelques dizaines de têtes supplémentaires, tant pour des raisons budgétaires qu'opérationnelles. La seule contrainte physique repose sur le stock de matières fissiles, qui est inconnu en ouvert mais probablement suffisant. Il faut toutefois pouvoir placer ces têtes sur des vecteurs (les missiles) et disposer de porteurs supplémentaires (RAFALE ou SNLE), ce qui est compliqué au regard du contexte budgétaire actuel. »
Interrogé à ce sujet, l'EMA-FN a indiqué que : « face à tous les adversaires potentiels, présents et à venir, l'arsenal nucléaire français est dimensionné pour garantir « un pouvoir de destruction assurée », de nature à infliger des dommages dont l'adversaire ne se relèverait pas ».
Le dimensionnement de l'arsenal français n'a pas, pour autant, vocation à changer de nature, car toujours selon l'EMA-FN « le rehaussement ne s'inscrit pas dans une logique de course aux armements ni de parité face à des adversaires. La France s'est toujours inscrite dans une stratégie de dissuasion originellement qualifiée « du faible au fort », dans laquelle le nombre de têtes nucléaires est dimensionné de manière suffisante pour le faire renoncer à toute forme d'agression ou de chantage d'ordre existentiel ».
La crédibilité opérationnelle de la dissuasion repose dans la durée sur trois facteurs principaux :
- la cohérence capacitaire de nos deux composantes, qui se bâtit dans le temps long des programmations militaires ;
- l'excellence des forces nucléaires, qui s'entretient dans la régularité d'une préparation opérationnelle de haut niveau ;
- et la permanence de la posture des moyens, qui ne doit jamais défaillir.
Cette tension entre le temps long des programmes, la continuité de la préparation, et l'exigence du temps court se résout par la préservation de marges opérationnelles sur la posture, organiques au sein des forces, et technologiques pour maintenir et faire évoluer nos systèmes.
Selon une autorité militaire auditionnée, le rehaussement annoncé par le président de la République s'inscrit dans cet équilibre temporel : « dans le temps court, la crédibilité opérationnelle de la composante nucléaire aéroportée n'est absolument pas entamée par une quelconque forme d'incohérence liée à son format. Dans le temps plus long du renforcement capacitaire, rehaussement de l'arsenal, format des forces et crédibilité opérationnelle de la posture demeurent consubstantiels. Il reviendra donc, à l'occasion des prochaines programmations militaires, d'en maintenir la cohérence d'ensemble, à un rythme qui garantit des marges de crédibilité ».
2. Une capacité intacte à produire de nouvelles têtes nucléaires
L'annonce du président de la République d'un rehaussement de l'arsenal nucléaire, tout en restant dans une logique de dimensionnement strictement cohérent avec l'efficacité opérationnelle de la dissuasion, pose néanmoins la question de sa faisabilité tant technique qu'opérationnelle et budgétaire. La question budgétaire a été clarifiée puisque les crédits nécessaires au rehaussement ont été prévus dans l'actualisation de la LPM.
Sur le plan technique, le rehaussement, dans sa dimension quantitative, implique une augmentation du nombre de têtes nucléaires. Interrogée par les rapporteurs à ce sujet, la direction des applications militaires du CEA a indiqué que l'annonce du rehaussement était « cohérente avec la logique déployée depuis plusieurs années dans le cadre du renouvellement des composantes. Les armes nucléaires sont régulièrement remplacées, pour intégrer de nouvelles performances, pour s'adapter à de nouveaux missiles, comme cela va être le cas avec l'ANS4G, missile hypersonique qui va générer des environnements beaucoup plus sollicitants sur la tête nucléaire, qui va créer des contraintes d'architecture nouvelles pour la tête compte tenu du volume disponible ».
Les matériaux nucléaires, Plutonium et Uranium Hautement enrichi, que la France s'est engagée à ne plus produire, sont ainsi recyclés pour servir à la constitution de nouvelles armes. La DAM est donc très régulièrement en train de concevoir et de produire des armes nucléaires, ce qui lui permet de maintenir ses compétences, de la conception à la fabrication, et donc de pouvoir s'adapter à ce genre de demandes.
Les spéculations du SIPRI sur l'arsenal nucléaire français
Le rapport du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) pour l'année 2026 publié en juin 2026 indique que la France disposerait de 370 têtes nucléaires. Le SIPRI justifie ce nombre en ajoutant aux 290 têtes généralement évoquées comme constituant l'arsenal français un stock de 80 têtes nucléaires correspondant à des armes retirées du service (TNO 75) mais non encore démantelées. Ce décompte est mis en regard avec l'annonce du chef de l'État le 2 mars 2026 de procéder à un rehaussement de l'arsenal nucléaire de la France et pourrait laisser penser que le stock d'armes nucléaires de la France aurait déjà augmenté en 2026.
Les rapporteurs ne partagent pas les conclusions du SIPRI consistant à considérer des têtes nucléaires retirées du service comme étant des armes toujours susceptibles d'être remises en service. En effet, les auditions réalisées ont permis d'établir que les têtes nucléaires retirées du service étaient démantelées dans des délais dépendant uniquement des contraintes propres à un processus industriel hautement sécurisé. Si les composants nucléaires sont bien conservés, c'est sous la forme de matériau brut. La réutilisation du plutonium et de l'uranium de catégorie militaire n'est envisageable que pour la production de nouvelles armes nucléaires soit dans le cadre de la modernisation de la dissuasion (eg. TNA2 en remplacement des TNA) soit dans le cadre de l'étoffement de l'arsenal tel qu'il a été annoncé par le chef de l'État.