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Les nouvelles technologies de l'information

 

Audition de Messieurs De La BAUME et BERTOLUS

Auteurs de «La révolution sans visage»

Résumé : Internet est aujourd'hui chargé de toutes les peurs: l'ouverture sur le monde, la mondialisation; internet ne marchera à terme que s'il y a du contenu: en France, il est très mauvais, ce qui explique largement la faible connexion des français; il faut donc apporter de véritables services aux consommateurs; alors, ils répondront.

1. Il existe des centaines de milliers de sites aujourd'hui. A terme il va y avoir quelques carrefours importants qui, seuls, capteront la publicité. C'est le moment de créer ces grands carrefours.

Ce qui est le plus frappant en France, c'est que les deux premiers fournisseurs d'informations sur Internet soient Microsoft et Infonie, c'est-à-dire un ancien miniteliste et un américain, éditeur de logiciel. Ce n'est pas normal que presque aucun acteur de l'édition classique n'investisse dans le contenu éditorial, c'est une aberration.

2. Ce qui est fondamental dans ces nouvelles technologies,, ce n'est pas le «plus», «plus» d'ordinateurs dans les écoles, dans les foyers, mais c'est l'environnement dans lequel ça sert: on peut toujours mettre plus d'ordinateurs dans les écoles, comme les professeurs ne sont pas formés, on risque de revenir aux errements du plan «informatique pour tous», avec ce sentiment, chez les professeurs, d'avoir un outil dont on ne sait pas très bien pour quoi il est fait.

Internet est aujourd'hui chargé de toutes les peurs qu'on peut avoir: l'ouverture sur le monde, la mondialisation. Dans les entreprises, les salariés voient cet outil un peu avec frayeur et avec une certaine raison: parce que là aussi, toutes les notions liées à Internet, la souplesse,etc... eh bien certains estiment que ca peut se retourner contre eux.

Mais il évident que les NTIC sont un formidable booster dans l'évolution du travail et des relations du travail, du monde de l'entreprise: il faut donc apporter de véritables services aux consommateurs et les consommateurs répondront.

3. Internet ne marchera à terme que s'il y a du contenu; une des raisons pour lesquelles Internet ne marche pas en France, c'est que le contenu en langue française est absolument nul, à 95 %. Sur Internet, il n'y a que des rapports annuels de sociétés, des brochures de députés, de conseils généraux. En gros, il n'y a que des brochures. Ca n'a aucun intérêt. Les brochures, on les prend dans les bureaux et on les met à la poubelle en sortant. Tant qu'il n'y aura pas de contenus, il n'y aura pas de clients français sur Internet. C'est comme si sur la télévision publique il n'y avait que des brochures et les rapports annuels de toutes les sociétés françaises: on ne regarderait pas la télévision. Pour qu'il y ait des contenus, il faut qu'il y ait des fabricants de contenus.

Il faut quand même qu'on facilite un tout petit peu la vie des fabricants de contenus, ce n'est pas grand chose. Ce qui marche aujourd'hui sur Internet ? : 50 % des sites visités sont des sites de «cul». Pour les autres connexions, les gens vont un peu partout, mais l'information est un des secteurs qui marche le mieux. En France quasiment personne ne fabrique de l'information. Les journaux existants plaquent leurs éditions sur le Net, sans plus, sauf rares exceptions. Il n'y a donc quasiment aucune création ex nihilo de journaux.

4. On critique beaucoup le Minitel, mais récemment, je m'entretenais avec quelqu'un d'IBM qui m'expliquait qu'en fait IBM se nourrit, pour sa stratégie sur Internet, de toutes les études qu'il y a pu y avoir sur le Minitel, notamment en terme de consommation.