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29 avril 1999 : Enseignants - Mieux gérer, mieux éduquer, mieux réussir ( rapport de commission d'enquête )

 

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III. UNE DÉPENSE PUBLIQUE D'ÉDUCATION NON OPTIMISÉE

A. DES RÉSULTATS PARFOIS INQUIÉTANTS PAR RAPPORT AUX EFFORTS BUDGÉTAIRES DE LA NATION

L'effort budgétaire considérable consenti par la nation en faveur de l'enseignement scolaire était certes en partie imposé par le mouvement de démocratisation de l'enseignement du second degré. On peut constater un consensus général sur un tel objectif, d'autant plus qu'un haut niveau de qualification est indispensable à la compétitivité de l'économie à une époque où la " matière grise " elle-même est mondialisée.

Le second degré a même dû faire face à un phénomène de massification que la loi a repris à son compte : la loi de 1989 d'orientation sur l'éducation s'est fixée comme objectif de porter 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat.

Des réserves peuvent cependant être exprimées quant à l'efficacité de la dépense d'éducation, en ce sens où les résultats obtenus dans certains domaines sont décevants par rapport aux crédits engagés.

Du reste, cette critique n'est pas propre à la France. Dans son édition 1998 de Regards sur l'éducation : les indicateurs de l'OCDE, l'organisation internationale note : " compte tenu du poids des dépenses d'éducation, [...] il est important que les systèmes éducatifs délivrent de bons résultats à un coût raisonnable ", ce qui n'est pas toujours le cas. Des " zones d'ombre " subsistent à cet égard dans le système éducatif français.

1. La non maîtrise des savoirs fondamentaux

Depuis 1989, il est procédé à une évaluation des connaissances en français et en mathématiques des élèves à l'entrée au CE2, et à l'entrée en 6ème.

De telles évaluations aident les enseignants à mieux identifier, en début d'année scolaire, les acquis et les lacunes de leurs élèves, les chiffres cités plus loin étant ceux de l'évaluation menée en septembre 1997.

Les résultats font apparaître qu'un nombre non négligeable d'élèves ne maîtrisent pas encore les connaissances de base.

Le tableau ci-après, extrait d'une note d'information de la direction de la programmation et du développement du ministère de l'éducation nationale, est relatif à l'évaluation des élèves à l'entrée en classe de CE2 :



De manière générale, les tests de reconnaissance de mots courants et de déchiffrage de mots inconnus sont bien réussis, mieux que les épreuves concernant la compréhension de textes. En revanche, les activités demandant une réflexion sur la langue sont source de réels problèmes.



En mathématiques, certains types d'épreuves sont bien, voire très bien maîtrisés, la géométrie et l'addition notamment, mais la soustraction et la multiplication beaucoup moins bien. La recherche ou l'interprétation de l'information sont des activités bien maîtrisées. Mais les élèves sont confrontés à d'importantes difficultés lorsqu'il s'agit d'analyser une situation, d'organiser une démarche, de mettre en oeuvre une technique opératoire et de formuler une réponse.

Le tableau ci-après présente la répartition des élèves à l'entrée en CE2 selon les niveaux de compétence en lecture et en calcul en 1997 :



Il apparaît que près d'un élève sur quatre ne maîtrise pas les compétences de base en lecture, et que la moitié n'a pas un niveau supérieur aux compétences de base. Les résultats sont légèrement meilleurs en calcul, 22,6 % des élèves ne maîtrisant pas les compétences de base.

A l'entrée en 6ème, le score moyen global de réussite des tests de français est de 61,9 %.



La réussite moyenne dans les trois champs dans lesquels a été classé l'ensemble des tests est assez homogène, de 58,5 % à 63,4 %.

Le tableau ci-dessous montre que le score moyen global des élèves en mathématiques est de 54,7 %.



Des disparités importantes apparaissent selon les domaines évalués : le score moyen de réussite dans le domaine des techniques opératoires est de 74,5 %, mais de 45 % dans celui du traitement de l'information.

Le tableau ci-après précise la répartition des élèves de 6ème selon les niveaux de compétences en lecture, en calcul et en géométrie en 1997.



Les résultats sont globalement meilleurs en français qu'en mathématiques. Environ 15 % des élèves ne maîtrisent pas les compétences de base de la lecture, ce qui peut paraître tout de même important à 11 ou 12 ans et eu égard au fait que la lecture est la clé de la réussite dans n'importe quelle discipline, ainsi qu'un facteur d'intégration sociale évident. La moitié des élèves ne maîtrisent que les compétences de base, seuls 8 % à peine des élèves ne maîtrisant que l'ensemble des compétences en lecture.

Ces indications confirment les inquiétudes régulièrement exprimées sur la persistance, dans notre pays, d'un niveau élevé d'illettrisme.

Les résultats en mathématiques sont moins bons. Près d'un quart des élèves ne maîtrisent pas les compétences de base en géométrie et un tiers d'entre eux en calcul.

En calcul, moins d'un élève sur cinq maîtrise plus que les compétences de base et seulement 3,4 % des élèves détiennent l'ensemble des compétences. En géométrie, 60 % des élèves ne maîtrisent que les compétences de base, et seulement 2,7 % l'ensemble des compétences.

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