La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable a lancé, le 10 décembre 2025, une mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle.

Pourquoi ce contrôle ?

L’essor de l’intelligence artificielle redessine en profondeur notre économie, mais il s’accompagne également de défis environnementaux majeurs : centres de données toujours plus énergivores, tensions accrues sur les ressources nécessaires aux technologies numériques, augmentation des déchets électroniques.

Une requête adressée à un assistant conversationnel comme ChatGPT consommerait ainsi environ dix fois plus d’électricité qu’une recherche classique sur Google. Si cet impact demeure pour l'heure limité – représentant 0,03 % de la consommation mondiale d’énergie en 2024 –, il progresse très rapidement sous l’effet de la croissance exponentielle des besoins de calcul. L’entraînement des modèles illustre cette dynamique : GPT-4 aurait mobilisé quarante fois plus d’énergie que GPT-3, tandis que la consommation électrique de Google a doublé entre 2018 et 2022.

L’intelligence artificielle exerce également une pression croissante sur la ressource en eau : une simple conversation avec GPT-3 équivaut à la consommation d’une bouteille d’eau, et l’entraînement de ce modèle aurait nécessité près de 700 000 litres d’eau. La consommation d’eau des grandes entreprises du numérique connaît ainsi une forte hausse, avec une augmentation de 34 % pour Microsoft et de 20 % pour Google entre 2020 et 2021.

Par ailleurs, l’IA pourrait contribuer à une augmentation de la consommation de ressources abiotiques (minerais et roches), en raison de la multiplication des centres de données et d’un renouvellement potentiellement accéléré des terminaux, ou encore participer à l’artificialisation des sols.

Dans la continuité du rapport d’information publié en 2020 par la commission sur l’empreinte environnementale du numérique, cette mission d’information a donc pour objectif d’apprécier de manière globale et objective l’impact réel de l’intelligence artificielle et d’identifier les leviers permettant d’en limiter les externalités négatives. 

Les prochaines auditions rapporteurs auront lieu le 24 mars 2026.

Les auditions

Mercredi 25 février 2026

Cese - Délégation à la prospective et à l’évaluation des politiques publiques

  • Gilles VERMOT DESROCHES, rapporteur sur les “Impacts de l’intelligence artificielle : risques et opportunités pour l’environnement”
  • Fabienne TATOT, rapporteur sur les “Impacts de l’intelligence artificielle : risques et opportunités pour l’environnement”

Alliance française des industries du numérique (Afnum)

  • Philippe DE CUETOS, directeur des affaires techniques et réglementaires
  • Paul COLLIGNON, affaires publiques & environnement

Mardi 24 février 2026

Groupe Ecoinfo CNRS 

  • Didier MALLARINO, directeur adjoint groupement de recherche et de services

Autorité de la concurrence 

  • Vivien TERRIEN, vice-président
  • Élise PROVOST, cheffe du pôle développement durable
  • Élodie VANDENHENDE, adjointe au chef du service de l’économie numérique

Alliance Green IT 

  • Tristan LABAUME, président

Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel (Avicca) 

  • Ariel TURPIN, délégué général
  • Frédéric GERBELOT, chargé de mission sur le sujet de l’empreinte environnementale du numérique
  • Guilhem DENIZOT, chargé des affaires réglementaires

Personnalités 

  • Thomas LE GOFF, maître de conférences en droit et régulation du numérique
  • Nina LASBLEIZ, ingénieure de recherche à Télécom Paris