· Intervention de M. Guy PENNE, sénateur

La société des ambassadeurs est très diversifiée : certains sont très bons, d'autres moins ; certains font de l'hôtellerie et d'autres de la politique. Cela étant, je crois que le métier des ambassadeurs a beaucoup évolué en vingt ans. La dimension économique compte beaucoup plus qu'avant tandis que la multilatéralité a imposé un certain nombre de coopérations entre les ambassadeurs. Cela s'est encore accentué depuis la chute du mur de Berlin.

M. Ivan LEVAÏ

Quel est votre sentiment sur la diplomatie parlementaire dans le nouvel ordre mondial ?

M. Guy PENNE

Pour bien définir mon idée, je reprendrai une citation de M. Boutros-Ghali qui disait, en 1998, « charnière entre les citoyens des États et la communauté des États et par définition voués au dialogue, au débat et à la recherche des ententes, les parlementaires sont les agents mêmes de la démocratisation au niveau international ». Cette définition qui vient d'un homme qui a été ministre et secrétaire général de l'ONU, qui s'occupe aujourd'hui de francophonie et qui a une longue expérience, me semble tout à fait juste.

J'aimerais vous donner des exemples de la capacité de la démocratie parlementaire à débloquer certaines situations difficiles. Avec certains parlementaires, dont le président de l'Assemblée nationale de la République Centrafricaine, nous avions mené, sous l'égide de l'Assemblée parlementaire de la francophonie, une mission au Burundi. A l'époque, le Burundi faisait l'objet d'un embargo décidé par les pays voisins, ce qui est assez atypique. Nous avons pu faire évoluer la situation. Nous avons également mené, toujours sous l'égide de la francophonie, une mission auprès du président de la Guinée, toujours persuadé du bien-fondé de ses idées. Il avait repoussé Madeleine Allbright, le président Chirac et, encore plus grossièrement, notre ministre Charles Josselin, lorsque ils lui avaient demandé de se montrer plus respectueux de la démocratie vis-à-vis du parlementaire emprisonné Alpha Condé. Nous avons remué ciel et terre au cours de cette mission et n'avons pas cessé de faire des conférences de presse et d'insister auprès du président de la Guinée pour la libération d'Alpha Condé. Nous avons appris il y a quelques jours que celui-ci était désormais libre. Dans cette affaire, les parlementaires étaient beaucoup plus libres que Charles Josselin pour émettre leur opinion.

M. Ivan LEVAÏ

Ainsi, la démocratie parlementaire réussit là où tout échoue. Je cède maintenant la parole à Béatrice Marre. Madame, avez-vous lu l'article du Monde indiquant que Matignon recherchait un conseiller en anti-mondialisation ? Est-ce une information exacte ?

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