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Evolution récente du climat des affaires en Russie et opportunités pour les entreprises françaises

Jean-François COLLIN
Ministre Conseiller pour les Affaires Economiques et Financières,
Ambassade de France en Russie

Le but de ces journées n'est pas simplement de discourir : il s'agit aussi de convaincre de l'intérêt de la Russie ceux qui n'en sont pas encore persuadés et ceux qui s'interrogent à ce sujet. Les opinions sont souvent assez tranchées, en France, de ce point de vue, parfois du fait de personnes qui connaissent mal la Russie et qui relaient des craintes qui ne sont pas toujours fondées. La Russie constitue en tout cas un pays aux multiples visages, qui connaît actuellement une croissance très forte et qui va présider le G8 à partir du mois de janvier prochain. Ce pays présente certains aspects d'une économie pétrolière, tout en présentant une démographie plus proche de celle de l'Europe de l'ouest. Le portait de ce pays est donc complexe à brosser.

Il faut comparer la Russie à ce à quoi elle peut être comparée, c'est-à-dire un groupe d'économies du monde connaissant une croissance économique rapide (Inde, Chine, Turquie...). De ce point de vue, en termes de rythme de croissance, la Russie se situe tout à fait dans la moyenne de ce groupe, avec une croissance d'environ 7 % par an depuis 2000. La Russie fait mieux que les pays de ce groupe dans différents domaines, par exemple en termes de croissance du PIB par tête. La Russie fait aussi mieux que les autres pays de ce groupe en matière de chômage et fait même beaucoup mieux en termes de finances publiques, avec un excédent budgétaire qui devrait représenter 6 % du PIB en 2005 et un excédent de la balance courante de 60 milliards de dollars.

En matière d'inflation, une préoccupation existe et le Président Poutine a demandé à son gouvernement de proposer des mesures visant à mieux maîtriser la situation. La situation démographique du pays constitue aussi un motif de préoccupation, puisque la Russie est l'un des rares pays dont la population diminue. Enfin, le niveau des investissements demeure insuffisant et l'amélioration du climat des affaires devrait jouer un rôle déterminant pour améliorer la situation. Cette amélioration est bien réelle. J'en veux pour preuve l'évolution des flux de capitaux, qui traduit un retour des investisseurs étrangers vers la Russie en 2005. La notation attribuée par différentes agences internationales traduit également cette amélioration. Une évolution aussi positive est due d'abord à la stabilité du contexte macroéconomique et à la politique conduite par le gouvernement, très raisonnable quant à la gestion des ressources financières générées par la conjoncture énergétique : priorité a été donnée au désendettement du pays et l'endettement public extérieur de la Russie est maintenant très faible. L'environnement législatif est également en progression constante, comme l'a souligné M. Draganov, avec par exemple un cadre législatif permettant désormais les partenariats public-privé.

Certes des problèmes existent, notamment les lourdeurs bureaucratiques et la corruption. La Russie constitue néanmoins un marché considérable qui se trouve à trois heures d'avion de la France. La croissance est tirée par la bonne santé de la consommation, laquelle se porte pour moitié vers des produits importés. La constitution d'un fonds d'investissement devrait permettre de pouvoir utiliser une partie des crédits du Fonds de stabilisation russe pour participer à de grands projets d'investissement d'intérêt économique fédéral.

Les autorités russes sont par ailleurs en train de définir un certain nombre de « zones économiques spéciales », qui bénéficieront de conditions douanières et fiscales particulièrement avantageuses. Ces zones devraient être connues au début de l'année 2006. Pour toutes ces raisons, les entreprises françaises doivent se tourner vers la Russie, qui n'est pas un marché facile, mais les marchés faciles existent-ils ? Les coûts d'approche du marché russe sont élevés et la persévérance est requise. Les 400 entreprises françaises qui y sont déjà implantées pourront toutefois témoigner de la récompense qui se trouve au bout de ces efforts. Le gouvernement français a fait de la Russie une des cinq destinations privilégiées des investissements hexagonaux, à travers le plan « Cap Export ». Ce plan comporte un certain nombre de mesures, fiscales ou d'aide à la prospection, par exemple, et la Mission économique de Moscou mettra tout en oeuvre pour que ces priorités se concrétisent sur le terrain.

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