II. LE SECTEUR GAZIER

Malgré une hausse des cours du gaz de près de 65 % en moyenne dans l'Union européenne, la consommation a crû, en 2000, de 3,3 % en Europe et de 5 % en France. Cette hausse résulte, moyennant un « effet retard », de l'accroissement des prix du pétrole. L'Europe est bien loin de rester insensible à l'internationalisation progressive du marché gazier. Celle-ci a, en particulier, une incidence directe sur la stratégie de l'opérateur historique français du secteur, Gaz de France, sur ses résultats et sur le rapport qualité/prix du service qu'il dispense à ses clients.

L'application du contrat d'entreprise GDF-Etat

L'Etat et EDF ont décidé de proroger, jusqu'à la fin 2000, le contrat d'entreprise théoriquement en vigueur jusqu'en 1999.

En termes de satisfaction des clients GDF a globalement progressé, puisque le nombre des clients très satisfaits de ses prestations est passé de 37,2 à 41 % pour les ménages, de 33,4 à 34,4 % pour les professionnels et de 26,3 à 26,4 % pour les entreprises.

En outre, conformément aux objectifs qui lui sont assignés, GDF a poursuivi l'extension du réseau de desserte gazière en l'élargissant à 430 nouvelles communes en 2000, portant le nombre total des communes desservies à 7.535, soit 44,1 millions d'habitants (75 % de la population de la France métropolitaine).

Des actions ont également porté leurs fruits en ce qui concerne la sécurité des installations . En aval du compteur, la multiplication des aides au diagnostic et à l'amélioration des installations intérieures correspond à 0,7 % du chiffre d'affaires annuel de GDF. Ces actions sont d'autant plus essentielles que les accidents survenus sur des installations intérieures, ou du fait d'appareils domestiques, représentent près de 94 % du total des accidents dus au gaz recensés en 2000.

Pour ce qui concerne l'amélioration de la sécurité des ouvrages exploités en amont du compteur , Gaz de France est parvenu à diminuer de moitié, en 2000, le nombre de victimes résultant de ses activités. Celui-ci, qui était de 16 en 1997, s'élève à 8 en 2000.

Résultats et stratégie

En volume, l'accroissement des ventes a été très supérieur à l'objectif fixé par le contrat de plan. Le taux d'endettement de l'entreprise
(endettement/capitaux propres) a été très fortement réduit, passant de 85 % en 1997 à 28 % environ en 1999 , soit dix-sept points de mieux que l'objectif assigné par le contrat de plan (45 %).

Au cours de la période 2000-2001, le chiffre d'affaires a crû de 24 % par rapport à 1999, pour atteindre 10,7 milliards d'euros. Cette progression tient à :

- la hausse des prix de vente du gaz naturel (dont l'effet positif explique plus des quatre cinquièmes de l'accroissement du chiffre d'affaires (CA)) ;

- l'augmentation des ventes aux industriels qui explique 30 % de la hausse du CA ;

En revanche, la baisse de la consommation due à la douceur du climat joue en revanche négativement et a pour effet de réduire de 10 % la hausse du chiffre d'affaires.

Malgré la forte hausse du chiffre d'affaires, le résultat net de GDF se réduit cependant du tiers en 2000, passant de 416 millions à 287 millions d'euros. Cette baisse résulte de la forte baisse de la marge de l'entreprise, confrontée à une hausse des cours d'une part et à une hausse plus limitée du prix de vente. Ce « pincement » de la marge intervient alors que les tarifs de vente avaient baissé en mai 1999. Ils ont crû de 6,5 % en mai 2000 et 13 % en septembre de la même année, avant de s'élever de nouveau en mars 2001.

Votre commission des Affaires économiques s'interroge sur l'opportunité de mettre en oeuvre un mécanisme destiné à limiter les prélèvements fiscaux calculés en fonction du prix du gaz, dès lors que le cours de celui-ci sélève de façon substantielle.

Politique d'investissement

En septembre 2001, à l'occasion de la clôture du Congrès de l'Association française du gaz, le président de GDF a présenté les objectifs de l'entreprise :

- servir 15 millions de clients dans le monde en 2005 ;

- doubler de taille en nouant des partenariats aussi bien en amont qu'en aval de son activité de distribution gazière.

Cette politique s'appuie sur de forts investissements, tant en France qu'à l'étranger. C'est ainsi que GDF a investi 1,9 milliards d'euros en 2000, dont 1,44 milliard sur le territoire national et 465 millions en prises de participations à l'étranger et en créations de filiales . Cette somme a été répartie entre 281 millions d'euros dans le domaine de l'exploitation production, 73 millions d'euros dans la distribution et 78 millions dans les activités climatiques et thermiques.

L'importance des sommes nécessaires à la croissance externe de Gaz de France rend, pour votre Commission des Affaires économiques, la question de sa « sociétisation », puis de l'ouverture de son capital, incontournable .

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