b) Une nouvelle étape vers la mise en place d'une « tarification à l'activité »

Les débats et travaux conduits au sein des instances de pilotage de cette expérimentation ont permis d'identifier les conditions et les contraintes techniques de mise en oeuvre d'une tarification à l'activité, de mieux appréhender l'ensemble des questions devant être prises en compte et de leur apporter les premiers éléments de réponse. Ils ont surtout montré une adhésion forte de l'ensemble des acteurs à l'application rapide d'un tel système même si celui-ci est susceptible de connaître plusieurs phases de développement et de perfectionnement, afin de tenir compte des différences structurelles entre secteurs et d'intégrer progressivement la description de l'ensemble des activités hospitalières.

Ce constat a conduit le gouvernement à décider d'engager une nouvelle étape en vue d'aboutir à la généralisation d'un système de financement à l'activité à partir de 2004, dans une démarche à la fois progressive et pragmatique.

Pour y parvenir, il convient bien entendu, de poursuivre, en les accélérant, les travaux entrepris depuis 2000, mais aussi d'impliquer plus fortement les établissements de santé publics et privés dans l'expérimentation.

À cette fin, l' article 12 du présent projet de loi de financement modifie l'article L. 6122-19 du code de la santé publique précité afin de préciser que le gouvernement peut expérimenter de nouveaux modes de financement des établissements de santé publics ou privés, fondés sur leurs activités et établis en fonction des informations qu'ils recueillent et transmettent en application des articles L. 6113-7 et L. 6113-8 du code de la santé publique et du 7° de l'article L. 162-22-1 du code de la sécurité sociale.

Ces informations sont relatives :

- aux pathologies et modes de prise en charge dont la connaissance permet d'améliorer l'évaluation de l'activité et des coûts et de favoriser l'optimisation de l'offre de soins ;

- aux moyens de fonctionnement des établissements de santé et à leur activité, informations nécessaires à l'élaboration et à la révision de la carte sanitaire et du schéma d'organisation sanitaire, à la détermination de leurs ressources et à l'évaluation de la qualité des soins ;

- aux frais d'hospitalisation et aux honoraires des professionnels de santé exerçant une activité au sein de ces établissements.

Le but de cette nouvelle expérimentation fondée sur la tarification à l'activité est d'aboutir à l'unification des modes de rémunérations des deux secteurs public et privé en les soumettant à un système commun d'évaluation des coûts de leur activité et de parvenir à une généralisation de la tarification à l'activité dès l'année 2004. L'article 12 du présent projet de loi de financement organise donc le passage de l'expérimentation à la phase de préparation de la mise en oeuvre du nouveau système commun de financement.

A ce titre, il sera fait appel - dès 2003 - à des établissements volontaires pour tester les dispositifs techniques et les modalités pratiques d'une tarification à l'activité. Ces établissements seront au nombre de vingt pour le secteur public et de vingt pour le secteur privé.

La simulation du nouveau dispositif s'effectuera, dans cette phase expérimentale, sans modification des ressources de ces établissements mais leur permettra notamment de tester l'organisation interne à mettre en place pour produire et analyser l'information sur leur activité dans des délais compatibles avec le fonctionnement du nouveau système de financement.

Par ailleurs, une mission d'expertise et d'évaluation placée sous la responsabilité du ministre de la santé sera chargée de suivre ces expérimentations de terrain, de poursuivre les travaux engagés visant à définir les options techniques du système pouvant être généralisé en 2004 et de coordonner les études et développements techniques menées par les différents acteurs, en particulier par les organismes d'assurance maladie, nécessaires à l'application du nouveau dispositif. Elle remettra notamment au gouvernement à l'été 2003 un rapport proposant le contenu du système à mettre en place et s'appuyant sur l'ensemble des études, simulations et expérimentations de terrain réalisées.

En outre, l'article 12 précise, après modification apportée à l'Assemblée nationale, que le gouvernement transmet chaque année au Parlement, au plus tard le 15 octobre, un rapport d'étude sur la mise en oeuvre de la tarification à l'activité des établissements de soins.

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