2. Les comptes de la CNAVTS (articles 25 et 43)

L'évolution tendancielle des prestations vieillesse versées par la caisse nationale d'assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS) en 2003 devrait être plus faible qu'en 2002, soit + 3,3 % : les années 2001 et 2002 avaient en effet été marquées par des revalorisations du niveau des pensions de 2,2 %, alors que la revalorisation retenue pour 2003 par l' article 43 du présent projet de loi de financement est de 1,5 %. Cette revalorisation correspond à l'inflation prévue pour l'année prochaine, et permet de garantir le pouvoir d'achat des retraités .

Comme le souligne le gouvernement, « tout effort supplémentaire présumerait de l'équilibre actuel et futur de la branche ». Votre rapporteur pour avis partage tout à fait ce point de vue. Il convient de garder à l'esprit que l'excédent actuel de la CNAVTS présente un caractère paradoxal . Toute sorte d'investigations et des rapports multiples ont démontré l'urgence à régler le problème des retraites en raison de l'impasse financière où il va rapidement conduire les comptes sociaux. Si la période actuelle demeure relativement favorable aux régimes de retraite du fait d'une croissance du nombre des pensionnés encore modérée, la situation devrait se dégrader à partir de 2005/2006, suite à l'arrivée à l'âge de la retraite des générations issues du « baby boom ».

Les prestations vieillesse versées par le régime général en 2001

La valeur des prestations légales vieillesse et veuvage versées par le régime général s'est élevée à 59,5 milliards d'euros en 2001. 96 % de ce montant a été constitué de pensions vieillesse en droit direct, dont 70 % de pensions de retraites, 12 % de pensions d'inaptitude, 7 % de pensions ex-invalides et 7 % de majorations (pour enfants notamment).

Le montant de ces prestations a augmenté de 4,2 % par rapport à 2000, où elle avait augmenté de 3 %.

La progression de la valeur globale de ces prestations résulte de trois effets :

- un effet prix, c'est-à-dire la revalorisation des pensions, qui a été de 2,2 % en 2001 ;

- un effet quantité, c'est-à-dire la variation du nombre de bénéficiaires : en 2001, le nombre de retraités affiliés au régime général a augmenté de 1,7 %. D'ici 2006, le taux de croissance annuel devrait se stabiliser entre 1,5 et 2 %, puis, à partir de cette date, le nombre de retraités devrait croître de 3 % par an, conséquence démographique du « baby boom » ;

- un effet structure, c'est-à-dire la conséquence sur le niveau des pensions servies de la modification de leur structure et des évolutions socio-économiques.

Les ressources de la branche ont atteint 68,57 milliards d'euros, en hausse de 6,8 % par rapport à 2000. Quant aux dépenses, elles se sont établies à 67,06 milliards d'euros, en progression de 5,3 %. Ainsi, le solde de la branche s'est accru entre 2000 et 2001, passant de 507,7 millions d'euros à 1,52 milliard d'euros.

Il convient de rappeler que, conformément à l'article L. 135-7 du code de la sécurité sociale, l'excédent n-1 de la CNAVTS est versé au fonds de réserve pour les retraites (FRR).

Source : Rapport de la Cour des comptes sur la sécurité sociale, septembre 2002

Ainsi, l'ensemble des prestations légales de la CNAVTS devrait s'élever à 64,3 milliards d'euros en 2003, en hausse de 3,7 % par rapport à 2002, année où elles avaient progressé plus vivement, de 4,3 %.

Au total, le solde excédentaire de la CNAVTS s'établirait en 2003 à 1,55 milliard d'euros, en diminution de 6,1 % par rapport à 2002, en raison d'une progression moins rapide de ses produits recalculés (+ 4,4 %) que celle de ses charges recalculées (+ 4,7 %), soit un phénomène inverse de celui constaté l'année dernière. Cette diminution de 100 millions de l'excédent de la CNAVTS est le premier mouvement en ce sens depuis 2000 :

Article 25 : la prolongation du délai pour la signature des conventions tripartites par les établissements assurant l'hébergement des personnes âgées dépendantes

L' article 25 du présent projet de loi de financement prévoit de reporter de trois ans, soit jusqu'au 31 décembre 2006, la date limite pour la signature des conventions pluriannuelles tripartites entre les établissements assurant l'hébergement des personnes âgées dépendantes (EHPAD), les départements et l'Etat, cette signature constituant la condition du droit pour ces établissements d'accueillir ces personnes. Cette condition est posée par l'article L. 313-12 du code de l'action sociale et des familles.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2001 avait fixé le délai de signature de ces conventions au 31 décembre 2003. Mais, au 30 juin 2002, seules 763 conventions sur les 8.000 prévues avaient été conclues, et pas plus de 1.400 n'étaient attendues pour la fin de l'année, ce retard résultant de la concomitance de l'application de la loi relative à l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) et de la mise en oeuvre de la réduction du temps de travail dans les établissements médico-sociaux. Il était donc nécessaire de reporter cette échéance, sauf à démobiliser les acteurs ou à privilégier le quantitatif sur le qualitatif.

Or, la signature de ces conventions détermine la mise en oeuvre de la réforme de la tarification des établissements concernés, qui leur permet notamment de s'orienter vers une plus grande médicalisation.

C'est pourquoi l'Assemblée nationale a souhaité accélérer le processus de signature des conventions, et a avancé l'échéance d'un an, fixant le délai de signature au 31 décembre 2005 pour les établissements mais le maintenant au 31 décembre 2006 pour les seuls foyers-logements.

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