B. UNE FORTE AUGMENTATION DES CRÉDITS DE LA DGCID CONSACRÉE EXCLUSIVEMENT À L'AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT

Les crédits globaux dont disposera la DGCID en 2003 augmentent en effet de 23,6 %, en passant de 1.643 millions € en 2002 à 2.031 millions. Mais cette forte croissance bénéficie exclusivement à l'aide publique au développement (APD), car elle se réduit à 1,4 % si l'on en retranche la contribution française au FED (Fonds européen de développement), et le financement des contrats de désendettement-développement qui ne font que transiter par la DGCID et gonflent artificiellement son budget.

Le fait que le déclin qui affectait durablement notre APD commence à être enrayé est un motif de vive satisfaction pour tous ceux des parlementaires français qui, toutes tendances politiques confondues, avaient vigoureusement protesté, face aux gouvernements successifs, contre le déclin de l'engagement français en faveur des pays les plus pauvres .

Mais, ainsi que l'écrit le ministère des affaires étrangères, « les dotations sur les autres chapitres d'intervention (que ceux de l'APD) imposent des redéploiements pour affirmer quelques priorités ». La priorité restituée à l'APD se fait aux dépens de l'action culturelle

Ainsi, les crédits des établissements culturels et des instituts de recherche (chapitre 37-95 - articles 31 et 40), stagnent alors qu'ils avaient bénéficié d'une augmentation de 4,46% en 2002.

Les contributions aux opérateurs du secteur de l'audiovisuel (chapitre 42-14) du titre IV sont réduites de 1,9 %, à 165 millions € pour 2003.

Toujours au titre IV, les crédits du chapitre 42-15 - article 20 : bourses, échanges et formation sont stables à 113,745 millions € alors que l'année 2002 avait été une bonne année (11% d'augmentation). Il est à craindre que l'effort considérable effectué de puis 5 ans pour attirer à nouveau les meilleurs étudiants étrangers vers la formation supérieure française soit bloqué. La France offrait, en 2002, 24 000 bourses, dont 40% de bourses longue. Les programmes Major (87 par an) et Eiffel (300 par an) sont en pleine montée en charge. Comment vont-ils se poursuivre sans crédits supplémentaires ? En 2001 et 2002 la France avait connu une bonne progression des étudiants en provenance d'Europe centrale et de l'est (+17%), et des pays émergents d'Asie et d'Amérique Latine (de +5 à +8%) selon les pays. Cette évolution favorable ne doit pas être cassée.

Se pose aussi le problème de la poursuite des activités d'Edufrance 3 ( * ) , agence crée en 1998 pour promouvoir à l'étranger les formations supérieures françaises et accueillir les étudiants étrangers solvables. Après un temps d'hésitation, le nouveau gouvernement a décidé de conserver cet outil, a nommé un nouveau président et un nouveau directeur. Mais il faudrait aussi du personnel stable (20 agents sur 49 n'avaient que des CDD de 6 mois) aptes à travailler avec les universités pour créer les formations que les étudiants étrangers recherchent : des unités de valeur, formations courtes à ajouter à leur cursus d'origine et dans le cadre de la mobilité des étudiants européens et américains. La demande internationale se porte sur les métiers de l'ingénieur et le management. C'est à la France de répondre. C'est l'avenir de notre culture et de nos entreprises qui est en jeu. En effet, ce sont les anciens étudiants en France qui, aujourd'hui, animent et financent les Alliances françaises, qui sont des partenaires actifs des français dans la vie économique comme dans le secteur de la recherche et dans les universités. Il faut aujourd'hui former la relève

L'évolution des crédits affectés à l'AEFE sera décrite dans le chapitre II de ce rapport.

L'écart entre les intentions proclamées en matière d'action culturelle extérieure et la baisse absolue comme relative de la part qui lui revient dans le budget de l'Etat continue donc à s'élargir. Il faudra un jour mettre fin à des déclarations incantatoires qui ont perdu tout pouvoir d'entraînement sur les acteurs de terrain et contribuerait plutôt à las décourager

* 3 On trouvera en annexe le courrier adressé sur ce point le 11 juillet 2002 au Premier Ministre, ainsi que sa réponse.

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