E. LES GRANDES ORIENTATIONS DE LA FRANCOPHONIE MULTILATÉRALE
Les
«
conférences des chefs d'Etat et de Gouvernement ayant le
français en partage
», initialement appelées
sommets francophones, constituent l'instance de décision suprême
de la francophonie.
Elles s'appuient sur les
Conférences ministérielles de la
francophonie
, qui sont composées des ministres des affaires
étrangères, ou de la francophonie, et ont vocation à
veiller à l'exécution des décisions prises lors des
sommets, ainsi que sur le Conseil permanent de la francophonie (CPF),
composé des représentants des chefs d'Etat et de Gouvernement,
qui est plus particulièrement chargé de la préparation et
du suivi des sommets.
Les réunions récentes de ces différentes instances ont
permis à la francophonie politique de s'affirmer et de préciser
le contenu de ses grandes orientations : consolidation de l'Etat de droit,
promotion de la démocratie et de la diversité culturelle,
réforme des opérateurs, engagement en faveur du
développement durable.
1. L'affirmation et l'organisation d'une francophonie politique
La
septième conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement qui s'est
tenue en 1997 à Hanoi a érigé la francophonie en
organisation internationale
à part entière, lui
conférant ainsi sa pleine dimension politique.
Cette transformation s'est accompagnée de plusieurs
réformes
institutionnelles
:
- la nomination d'un
secrétaire général
permanent
, élu pour 4 ans par les chefs d'Etat et de Gouvernement,
porte-parole politique et représentant officiel de la francophonie sur
la scène internationale ;
- l'élargissement du
conseil permanent de la francophonie
à l'ensemble des représentants personnels des chefs d'Etat et de
Gouvernement ;
- la reconnaissance de l'Assemblée internationale des
parlementaires de langue française comme assemblée consultative
de la francophonie ; celle-ci a pris par la suite le nom
d'
Assemblée parlementaire de la francophonie
.
La
conférence ministérielle
de la francophonie qui s'est
tenue à
Paris en janvier 2002
a complété cette
construction institutionnelle en décidant la transformation du Haut
conseil de la francophonie en
Conseil consultatif
placé
auprès du secrétaire général de l'organisation
internationale de la francophonie.
Cette nouvelle organisation institutionnelle a permis à la francophonie
d'affirmer plus pleinement sa dimension politique sur la scène
internationale.
Le
sommet de Beyrouth d'octobre 2002
a donné sa pleine
signification à ces nouvelles orientations.
Les débats ont en effet très largement porté sur le
Moyen-Orient, l'Irak et la crise ivoirienne. La déclaration de Beyrouth
témoigne d'un consensus auquel est parvenue la francophonie sur ces
questions essentielles :
- sur le
Moyen-Orient
, la déclaration appelle à une
relance immédiate du processus de paix
sur la base des principes
agréés à la
conférence de Madrid
et des
résolutions pertinentes des Nations Unies, et notamment des
résolutions 242 et 338 du Conseil de
sécurité
; elle appuie à cet effet l'initiative
de paix adoptée à l'unanimité du sommet arabe de Beyrouth
les 27 et 28 mars 2002 ;
- sur la
question irakienne
, la déclaration défend la
priorité du droit international et le rôle primordial de
l'organisation des Nations Unies ;
- elle condamne la tentative de prise de pouvoirs par la force et la
remise en cause de l'ordre constitutionnel en
Côte-d'Ivoire
.