2. La défense de la diversité culturelle
Le
sommet de Moncton de 1999
a décidé de mettre en place un
processus de concertation entre pays francophones pour accompagner l'ouverture
du cycle de négociations de l'Organisation mondiale du commerce à
Seattle.
Ce thème a été approfondi lors de la Conférence des
ministres francophones de la culture qui s'est tenue à
Cotonou
,
en juin 2001. Celle-ci a adopté une
déclaration
qui
précise la définition pour la francophonie de la diversité
culturelle et marque avec force que «
les biens et les services
culturels doivent faire l'objet d'un traitement
spécifique
». Elle proclame par ailleurs «
la
légitimité et la nécessité de politiques de
promotion de la diversité culturelle passant tant par des soutiens
opérationnels que par l'élaboration de cadres
réglementaires appropriés »
.
Elle reconnaît le rôle privilégié de l'UNESCO pour
débattre de ce thème et appuie le principe de
l'élaboration d'un « cadre réglementaire
international », consacrant la légitimité des Etats et
gouvernements à maintenir, établir et développer les
politiques de soutien à la diversité culturelle.
Le
sommet de Beyrouth
, dont le thème directeur était le
dialogue des cultures, a confirmé l'engagement de la francophonie dans
le combat pour la diversité culturelle.
La déclaration adoptée à l'issue du sommet consacre
l'engagement des Etats à promouvoir le plurilinguisme, et à
assurer le statut, le rayonnement et la promotion du français comme
grande langue de communication sur le plan international. Les Etats
réaffirment plus particulièrement leur engagement de
privilégier l'utilisation du français dans les organisations
internationales et dans les autres enceintes au sein desquelles ils
siègent.
Soucieuse de ne pas laisser réduire les biens et les services culturels
au rang de simples marchandises, la déclaration réaffirme le
droit des Etats et des gouvernements de
définir librement leur
politique culturelle
et les instruments qui y concourent. Elle salue
l'adoption de la Déclaration de l'UNESCO sur la diversité
culturelle et affirme la volonté des Etats et gouvernements de
contribuer activement à
l'adoption par l'Unesco d'une convention
internationale sur la diversité culturelle
. Enfin, elle invite les
Etats et gouvernements à s'abstenir de tout engagement de
libéralisation auprès de l'Organisation mondiale de commerce en
matière de biens et de services culturels.
Lors de la
conférence de Lausanne
, en décembre 2002, les
ministres chargés de la francophonie ont constitué un groupe de
travail chargé du suivi de l'élaboration de la convention sur la
diversité culturelle.