C. LES IMPLICATIONS FINANCIÈRES DE LA LUTTE CONTRE LES SINISTRES DANS LES PORTS

La lutte contre les sinistres est une double source de dépense . En premier lieu, bien sûr, elle induit un coût lié à la prévention des sinistres et aux interventions lorsqu'ils se déclarent . Mais, au-delà, elle peut aboutir, en cas de faute, à la mise en jeu de la responsabilité des acteurs concernés .

1. Le financement des dépenses d'intervention et de prévention

a) Les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS)

La prévention comme les interventions en cas de sinistre , et en particulier d'incendie, relèvent avant tout du service départemental d'incendie et de secours (SDIS), dont la compétence est fixée par l'article L. 1424-2 du CGCT.

Cependant, les SDIS exercent leurs missions sur tout le territoire d'un département. De fait, les ports ne les mobilisent que modérément , alors même que les sinistres en milieu marin exigent des moyens spécifiques . Il en résulte que les ports ne sont pas, dans nombre de cas, la priorité des SDIS, notamment en termes d' investissements . C'est la raison pour laquelle plusieurs SDIS ne disposent, à l'heure actuelle, d' aucun moyen spécifique d'intervention (bateau-pompe, pompe immergée, etc.) dans les ports du département dont ils ont la charge. De même, il semble que la formation relative à ce type d'intervention soit très peu développée .

b) Les partenaires

Lorsque des moyens spécifiques d'intervention sont disponibles, ils ont, le plus souvent, été financés soit par la CCI, pour les ports d'intérêt national, soit par le port lui-même dans le cas des ports autonomes maritimes. Or, ce financement n'a rien d'obligatoire . Certes, la circulaire des ministères de l'intérieur et de l'équipement en date du 30 septembre 1977 a considéré que la spécificité du milieu à protéger justifiait que les ports participent au financement de certains équipements et frais d'exploitation . Mais ce texte ne saurait constituer un fondement suffisant pour établir une réelle obligation à l'égard des ports. Au demeurant, cette circulaire n'a fixé aucune clé de répartition des financements et s'est arrêtée au stade des encouragements.

De facto , les ports autonomes maritimes sont les plus engagés dans le financement de la lutte contre les sinistres, selon des dispositions et dans le cadre de procédures cependant très diverses :

- le port de Bordeaux assure ainsi le financement des installations d'extinction incendie sur son domaine (réseau et une pompe immergée), mais aussi, à hauteur de 124.000 € par an, du coût d'exploitation du bateau-pompe du SDIS ;

- le port de Dunkerque est, lui, propriétaire d'un bateau-pompe , qui sera remplacé en 2004 par un remorqueur de lutte contre l'incendie, et d'un groupe moto-pompe mobile . Enfin, le réseau incendie du port est contrôlé et entretenu par un service du port ;

- le port du Havre , pour sa part, est lié au SDIS par convention, aux termes de laquelle il participe à hauteur de 480.000 € par an aux dépenses de lutte contre l'incendie . Une seconde convention, en instance de signature, devrait permettre de financer, à hauteur de 1 M€ sur huit ans, l' équipement de remorqueurs en moyens de lutte contre les incendies ;

- en revanche, le port de Nantes-Saint-Nazaire ne prend pour l'instant en charge aucune dépense de sécurité. Toutefois, il est envisagé que le port apporte à terme un concours au SDIS dans le cadre de l' acquisition d'un remorqueur .

LA SITUATION PARTICULIÈRE DU PORT AUTONOME DE MARSEILLE

La situation de Marseille est très différente dans la mesure où, depuis 1939, y est implanté un bataillon de marins-pompiers et où, de plus, l'article L. 2513-3 du CGCT précise clairement :

- que le maire de Marseille est compétent pour faire face aux incendies, périls et accidents de toute nature menaçant la sécurité publique sur le territoire de la commune et dans les ports de Marseille ;

- qu' il dispose à cet effet du bataillon de marins-pompiers .

Le port autonome de Marseille dispose de deux séries d'implantations qui obéissent à des principes d'organisation distincts :

- les bassins Est , à proximité du Vieux Port : tous les moyens de secours appartiennent à la ville de Marseille et sont mis en oeuvre par les marins-pompiers. En contrepartie, le port autonome verse à la ville une contribution annuelle indexée sur les traitements de la fonction publique et l'activité des bassins. En 2001, cette contribution s'élevait à 1,08 M€ et en 2002 à 1,05 M€ ;

- les bassins Ouest ( Port-Saint-Louis-du-Rhône , Fos , Port-de-Bouc , Lavera , Caronte ) : dans ces bassins, tous les moyens matériels appartiennent au PAM de Marseille et sont mis en oeuvre par 122 marins-pompiers mis à disposition par la ville de Marseille. En contrepartie de cette mise à disposition, le port finance les salaires et les charges sociales des marins-pompiers , qu'il rembourse à la commune. Ce remboursement a atteint 3,390 M€ en 2001 et 3,612 M€ en 2002.

Les thèmes associés à ce dossier

Page mise à jour le

Partager cette page