4. Les promesses de la validation des acquis de l'expérience

L'édifice juridique de la VAE, mis en place par la loi de modernisation sociale, est encore embryonnaire.

La VAE permet aux candidats de valider leur expérience professionnelle par un diplôme, un certificat ou un titre.


La validation des acquis de l'expérience

Le dispositif

Ce nouveau droit élargit l'accès à tous les diplômes, titres à finalité professionnelle et certificats de qualification des branches pour toute expérience acquise d'une durée minimale de trois ans, dans l'exercice d'activités salariées, non salariées ou bénévoles. A la suite de la loi de modernisation sociale, cinq décrets d'application ont été publiés relatifs à la mise en oeuvre générale de la VAE, au congé de validation, à l'imputabilité des dépenses et au contrôle des organismes qui assistent les candidats.

La constitution d'un répertoire unique des certifications professionnelles a pour vocation de favoriser la lisibilité pour le public de l'ensemble des certifications professionnelles. Il s'agit d'optimiser le système de repérage et de recensement des certifications existantes afin d'en faciliter la compréhension et l'utilisation par les personnes et les entreprises. Ce tableau de bord devrait également favoriser la gestion des compétences, tant sur le plan de la mobilité que sur celui de la promotion sociale.

Environ 15.000 diplômes, titres et certificats de qualification sont susceptibles d'être enregistrés au nouveau répertoire.

Une commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) est chargée de mettre à jour le répertoire, d'émettre des recommandations aux autorités en charge de la certification et d'informer les particuliers, entreprises et institutions, sur les certifications et leur mode d'accès, notamment par la VAE.

La mise en oeuvre de la VAE

Une circulaire du 25 avril 2002 adressée aux préfets de région prévoit la mise en place d'un maillage territorial composé d'une tête de réseau régionale, appelée cellule régionale interservices, et de points relais chargés de conseiller les personnes sur les certifications les plus adaptées à leur expérience et à leur projet, et d'organiser une mise en réseau entre les différentes autorités en charge de la validation et les structures d'accueil des publics.

A l'issue de l'année 2002, 300 points relais opérationnels sur 12 régions et 22 cellules interservices régionales ont été mis en place en partenariat avec les conseils régionaux. Ils s'appuient sur des structures existantes comme les centres d'animation, de ressources et d'information sur la formation (CARIF) ou les groupement d'intérêt public (GIP). Ils ont surtout oeuvré à la construction d'une information régionale sur la VAE et à la diffusion de cette offre, sous des formes variées, à l'ensemble des structures d'accueil des publics (mise en ligne des bases de données existantes, construction de sites intranet et extranet, réalisation de guides régionaux sur la VAE, séminaires en direction des partenaires institutionnels, journées de sensibilisation en relation avec les branches professionnelles...).


Bilan

La
demande est particulièrement forte chez les bénévoles associatifs, les intérimaires et les salariés à temps partiel mais aussi les métiers d'aide à la personne, le bâtiment, l'hôtellerie, l'aide à domicile (c'est-à-dire les entreprises qui ont besoin de fidéliser leurs salariés).

Cependant, on note encore des difficultés importantes :

- les démarches restent collectives (entreprises, associations), ce ne sont pas les individus qui se déplacent car le dispositif demeure mal connu ;

- un quart des entreprises déclare connaître un dispositif de validation des acquis, surtout les grandes entreprises qui s'en servent comme d'un outil de développement, mais en raison des lacunes d'information, près d'une entreprise sur deux n'envisage pas son utilisation.


D'ici à 2007, elle pourrait concerner 350.000 personnes. En 2002, près de 150.000 personnes ont été candidates à l'obtention d'une certification professionnelle.

En 2003, la VAE avait bénéficié de 18,5 millions d'euros, affectés principalement au maillage du territoire par les points relais et les cellules interservices d'accueil du public, en direction des stagiaires de l'AFPA et des publics en difficulté.

En 2004, les crédits consacrés à la VAE augmenteront substantiellement, puisqu'ils passeront de 18,5 à 22,5 millions d'euros, soit une progression de plus de 22 %. Ces 4 millions d'euros supplémentaires auront pour objet d'accompagner la montée en charge de la VAE en amont (conseil, orientation et information) et en aval (accompagnement des candidats et actions de validation), en particulier dans les territoires marqués par des plans sociaux importants.

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