2. Les améliorations proposées par le Sénat

Si votre commission a approuvé ce schéma, elle a estimé qu'il restait encore des points à éclaircir.

C'est pourquoi, elle a obtenu, avec le soutien de la commission des Lois, saisie au fond, que le Sénat clarifie et simplifie les dispositions initiales du texte.

a) Clarifier la répartition des compétences

La logique d'un transfert par « bloc de compétences » pose en effet des difficultés dans ce domaine aux frontières « perméables » entre politique de formation professionnelle et politique de l'emploi.

Le Sénat a donc adopté le principe d'un transfert des stages d'insertion et de formation à l'emploi (SIFE) et des stages d'accès à l'emploi (SAE), sur délégation de l'État aux régions.

Parallèlement, il a supprimé le comité interministériel de la formation professionnelle et le conseil national de la formation professionnelle qui, actuellement, définissent les orientations prioritaires de l'État en matière de formation professionnelle.

b) Achever la décentralisation de l'apprentissage

Il a été décidé de confier à la région elle-même la fixation du régime de l'indemnité compensatrice forfaitaire, un décret devant toutefois en déterminer le montant minimal.

Afin d'associer pleinement les régions et les partenaires sociaux à l'élaboration de ce décret, il a été, en outre, obtenu de soumettre ce dernier à l'avis du comité de coordination des programmes régionaux d'apprentissage et de formation professionnelle, de surcroît élargi aux chambres consulaires.

Dans le même temps, il a été décidé d'achever complètement la décentralisation de l'apprentissage en faisant des régions les autorités devant lesquelles la déclaration préalable d'embauche d'apprentis et l'enregistrement des contrats seront effectués, l'État et les chambres consulaires conservant exclusivement une compétence de contrôle.

c) Simplifier les partenariats

S'agissant des procédures de conventionnement, le Sénat a élargi les outils de contractualisation aux contrats interrégionaux réclamés par les partenaires sociaux dans leur accord du 20 septembre dernier.

Il a, en outre, souhaité que le PRDFP rassemble, dans un souci de simplification, les différents schémas de formation existants (schéma prévisionnel d'apprentissage, schéma régional des formations sociales, schéma régional des formations sanitaires, schéma régional des enseignements artistiques du spectacle).

De même, il a ouvert aux régions la possibilité de conclure des conventions pluriannuelles en matière d'accueil, d'information et d'orientation des jeunes.

d) Les attentes de votre commission

Votre commission sera tout particulièrement attentive aux engagements pris par le Gouvernement, lors des débats en séance publique, pour permettre une application efficace de certaines dispositions du projet de loi :

- les compétences résiduelles de l'État devront trouver une base légale claire : si les régions sont pleinement compétentes pour la formation des demandeurs d'emploi, l'État a vocation à garder une compétence résiduelle, à travers les « actions de portée nationale, destinées à certains publics spécifiques au titre de la solidarité nationale », à savoir les détenus, les illettrés, les réfugiés, les résidents de l'outre-mer et les militaires en reconversion ;

- la question de la compensation financière des transferts de charges aux régions devra être clairement réglée : or, celle-ci est encore entourée d'incertitudes. Le code général des collectivités territoriales prévoit en effet que les dotations accordées aux régions en vertu de cette compensation doivent tenir compte du niveau de qualification de la population et de la capacité d'accueil de l'appareil de formation existant dans chaque région. Or, les compensations financières n'ont pas toujours été effectuées en fonction des besoins socio-économiques des régions, comme l'a observé la Cour des comptes dans son rapport public de 2000.

A ce propos, votre commission rappelle qu'elle avait déjà eu l'occasion de formuler cette réserve, notamment dans son avis budgétaire sur les crédits de la formation professionnelle pour 2002 13( * ) , qui déplorait déjà que « très largement figée, la répartition des dotations de décentralisation en vient, en définitive, à ne plus correspondre ni aux besoins, ni aux initiatives de chaque région ».

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* *

Aussi, observant que le présent budget intègre en grande partie les transferts de crédits en faveur des régions tout en maintenant des objectifs de formation réalistes, votre commission des Affaires sociales a donné un avis favorable à l'adoption des crédits de la formation professionnelle pour 2004.

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