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Projet de loi de finances pour 2008 : Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales

 

D. L'IMPACT DE LA HAUSSE DU PÉTROLE SUR LA FILIÈRE PÊCHE

Les grèves nombreuses, parfois tendues et souvent très médiatisées provoquées par les marins pêcheurs dans de nombreux ports français au mois de novembre en raison de la hausse du coût du carburant, ont mis en lumière l'équilibre économique précaire avec lequel ces professions doivent composer.

Depuis la suppression du Fonds de protection des aléas de la pêche (FPAP) le 1er janvier dernier sur les injonctions des institutions européennes, les marins pêcheurs subissent en effet directement les conséquences, sur leurs comptes d'exploitation, des aléas économiques affectant le secteur de la pêche.

1. Une hausse des carburants impactant les revenus

a) Une augmentation inquiétante des prix des carburants

Depuis le début de l'année, le litre de gazole, qui coûtait 17 centimes d'euros en 1994, est passé de 30 à 50 centimes d'euros. De ce fait, la dépense en carburant, qui ne représentait que 15,7 % du chiffre d'affaires en 2003, en représente 27 % aujourd'hui.

Ainsi, un navire de pêche hauturière partant en mer pendant quinze jours et embarquant 20 tonnes de gazole coûte déjà à son propriétaire 10.000 euros en carburant. Et ce malgré la détaxe sur le prix du carburant dont bénéficient les pêcheurs par rapport aux particuliers, puisqu'ils sont totalement exemptés du paiement de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP).

b) Une réduction des marges des exploitants

Selon les chiffres communiqués par les professionnels du secteur, la part du chiffre d'affaires dévolue au revenu d'un armateur de chalutier -bateau le plus consommateur de carburant- est passée de 17 % voici dix ans à 7 % aujourd'hui.

La moitié des navires de pêche français serait aujourd'hui dans une situation très précaire, leurs exploitants ne parvenant plus à payer leur équipage, ou bien à offrir des salaires attractifs. Un certain nombre de bateaux sont ainsi contraints de demeurer à quai, soit parce que leurs armateurs ne trouvent plus de main d'oeuvre, soit parce que la poursuite de l'activité n'est plus rentable économiquement, voire leur fait perdre de l'argent.

c) Les contraintes surabondantes

A l'ensemble des facteurs économiques pesant sur les comptes d'exploitation des marins pêcheurs se surajoute ceux tenant à l'évolution des ressources et à sa prise en compte par la politique commune de la pêche. Face à la réduction continue des stocks halieutiques du fait de leur surexploitation, l'Union européenne a dû en effet réduire les quotas de pêche. Les professionnels sont donc contraints in fine de dépenser davantage pour pêcher moins.