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Projet de loi de finances pour 2008 : Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales

 

II. UN CADRE CONJONCTUREL ENFIN FAVORABLE POUR L'AGRICULTURE

A. UNE CONJONCTION DE FACTEURS POSITIFS POUR L'AGRICULTURE

La période 2006-2007 a peut-être marqué, pour le secteur primaire, le début d'une phase de transition historique.

L'habitude avait été prise de voir les prix des produits agricoles baisser régulièrement grâce à la progression de la productivité et du fait de la concurrence des pays traditionnellement exportateurs. Depuis plus de trente ans, les prix des produits agricoles à la production augmentent beaucoup moins vite que l'inflation, ne cessant ainsi de baisser en valeur réelle. Leur niveau était ainsi, en 2006, de 42 % de ce qu'il était en 1976, soit une division de plus de moitié en trente ans en valeur constante.

Or, la survenance depuis l'année 2006 d'un effet ciseau entre une réduction de l'offre mondiale et un accroissement parallèle de la demande a provoqué une véritable flambée des prix, dont rien ne permet de dire qu'elle ne serait que provisoire.

1. Une offre sous contrainte

L'année 2006 a été caractérisée par une baisse quasi généralisée des volumes produits, du fait notamment des accidents climatiques qui ont affecté l'Europe comme le reste du monde (sécheresse sévissant dans les régions productrices de blé, notamment).

De fortes hausses de prix ont donc profité à de nombreux produits. Les prix des céréales, oléagineux et protéagineux ont profité de la hausse des cours mondiaux. Les prix des fruits et du bétail ont également profité de la hausse des cours mondiaux, malgré des situations conjoncturelles variables, tandis que les vins d'appellation ont amorcé un redressement. Par rapport à la même période de l'année dernière, le prix du maïs a augmenté de 50 %, celui du blé de 90 %, celui du beurre de 50 % et celui de la poudre de lait de 90 %.

Malgré la hausse continue des prix des produits pétroliers, la valeur des consommations intermédiaires est restée stable en raison du recul de la consommation des engrais et produits phytosanitaires, tant du fait de préoccupations environnementales croissantes que de leur renchérissement. Les aliments pour animaux, connaissant également une inflation en raison de l'envolée des cours des céréales, ont aussi fait l'objet d'une moindre utilisation.

2. Une demande en croissance structurelle

Plusieurs facteurs ont concouru à accroître la demande mondiale de produits agricoles, alimentaires et non alimentaires, contribuant à leur renchérissement précédemment évoqué :

- la poursuite d'une forte croissance économique dans certains pays émergeants aux populations nombreuses (Chine, Inde ...), améliorant le pouvoir d'achat moyen des habitants et accroissant donc leur demande de produits agricoles et alimentaires de base, mais également semi transformés ou transformés ;

- l'augmentation -du fait des risques liés au réchauffement climatique et de la hausse des cours du pétrole- des besoins en énergies alternatives aux sources fossiles, parmi lesquelles figurent notamment les agrocarburants. Représentant de nouveaux débouchés pour le monde agricole, ils rendent nécessaires la culture de vastes surfaces agricoles et entrent de ce fait en concurrence avec celle des productions alimentaires.

Selon les Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2007-2016, parues au début du mois de juillet 2007, c'est à une véritable mutation radicale des marchés agricoles que l'on assisterait aujourd'hui. Le rapport constate que s'opèrent des changements structurels qui, au cours des dix prochaines années, pourraient bien se traduire par le maintien de prix nominaux relativement élevés pour nombre de produits.