III. DIMINUER LES DÉPENSES : UNE NÉCESSITÉ POUR ENRAYER LES DÉFICITS

A. LES DÉPENSES, CONFORMES AUX PRÉVISIONS, SONT ENCORE TROP ÉLEVÉES

En 2025, les dépenses de sécurité sociale ont atteint 666 milliards, marquant une augmentation de 22,9 milliards par rapport à l'exercice 2024, soit + 3,6 %.

Dépenses prévues et réalisées selon les branches

(en milliards d'euros et en pourcents)

 

Réalisé 2024

LFSS 2025

Réalisé 2025

Écart à la prévision 2025 (valeur absolue)

Écart entre les dépenses réalisées entre 2024 et 2025 (en %)

Maladie

253

261,8

262,6

0,8

3,8 %

AT-MP

16,3

17

17,4

0,4

6,7 %

Vieillesse

293,8

304,1

304,1

0

3,5 %

Famille

57,8

59,5

58,5

- 1

1,2 %

Autonomie

39,9

42,6

41,8

- 0,8

4,8 %

FSV

20,5

21,1

21,4

0,3

4,4 %

Toutes branches y.c. FSV

643,1

666,4

666

- 0,4

3,6 %

Source : commission des finances du Sénat, d'après le RALFSS 2026 de la Cour des comptes

Si cette progression est supérieure à celle observée en 2023 (+ 3,1 %), elle marque une décélération par rapport à la hausse constatée en 2024 (+ 5,3 %). En 2025, les dépenses sont légèrement inférieures à la prévision, à hauteur de 0,4 milliard.

Cette évolution reflète une normalisation progressive de l'inflation (+ 1,8 % en 2024 et + 0,9 % en 2025) et la mise en oeuvre de mesures d'économies dans le cadre de la LFSS pour 2025.

Les prestations légales, qui concentrent 93 % des dépenses (623,8 milliards en 2025), expliquent l'essentiel de cette trajectoire. Leur progression de 3,7 % en 2025 est portée par une évolution spontanée de 3,1 points (notamment démographique) et un effet prix de 1,3 point lié aux revalorisations. En revanche, les mesures d'économies adoptées en LFSS ont réduit cette croissance de 0,6 point.

En 2026, cette tendance au ralentissement se confirmerait, avec une croissance des dépenses limitée à + 2,7 %. Ce desserrement s'explique par un effet « désinflation » marqué : les revalorisations des prestations, indexées sur l'inflation passée, pèseront moins lourdement sur les comptes (1,0 % pour les prestations autres que les pensions), tandis que les économies de la LFSS pour 2026, à hauteur de 5,8 milliards, sur l'ONDAM devraient freiner la dépense.

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