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II. LA PRÉSENCE DES ENTREPRISES FRANÇAISES EN OUGANDA SE DÉVELOPPE

Puissance émergente d'Afrique orientale, l'Ouganda est frontalier de la République démocratique du Congo (RDC), à l'Ouest, du Soudan, au Nord, du Kenya et de la Tanzanie, à l'Est, et du Rwanda, au Sud.

Ce pays de 240.000 km2, peuplé de 25 millions d'habitants, a été accusé par certains d'être intervenu dans les troubles qui ont affecté le Rwanda, la République démocratique du Congo ou le Soudan.

Sur le plan économique, l'Ouganda dispose de nombreux atouts : autosuffisance alimentaire (le pays exporte même environ 10 % de sa production de maïs), cultures d'exportation bénéficiant à de petits propriétaires (thé, café, vanille, tabac), ressources minières (cobalt et pétrole).

La stabilité politique liée, au terme de gouvernements instables ou caricaturaux1(*), puis d'une guerre civile, à l'arrivée au pouvoir, en 1986 de Yuveri Museveni, est également notable, dans une région troublée.

L'Ouganda n'a jamais manifesté une attitude très positive envers la France, particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir du président Yuveri Museveni. Les divergences ont été manifestes lors de la crise du Rwanda, en 1994, ou à propos de la République démocratique du Congo. Un rapport de l'Organisation des Nations-Unies a d'ailleurs souligné le rôle de l'Ouganda -parmi d'autres- dans le pillage des ressources minières de ce pays, et dans l'instabilité politique qui a durablement affecté la zone frontalière entre la République démocratique du Congo et l'Ouganda. Cependant, la France s'est efforcée de maintenir un contact politique avec l'Ouganda, appuyé par un soutien économique. Ainsi, l'Agence française de développement intervient dans ce pays depuis 1997, et l'Ouganda a été inclus dès sa création, en 1999, dans notre zone de solidarité prioritaire (ZSP). Notre aide porte notamment sur le soutien au secteur de santé et à l'agriculture, notamment par l'appui à la filière laitière.

Les relations économiques bilatérales sont assez importantes, relativement à la place modeste occupée par notre pays en Afrique de l'Est : la France est ainsi le cinquième fournisseur -avec 5 % de pays de marché-, et le cinquième investisseur -avec 4,5 % des investissements directs étrangers en Ouganda. De grandes sociétés françaises y sont en effet présentes, telles Lafarge, qui a racheté pour 30 millions de dollars la société Hima-Ciment en 1999, ou encore Alcatel (35 millions d'euros investis en 2000).

L'Ouganda est un des pays phare de l'action menée, tant par la Banque mondiale que par le Fonds Monétaire International, en matière de développement.

Ainsi, a-t-il été le premier pays au monde à bénéficier de l'initiative dénommée « Pays pauvres très endettés » (PPTE), définie par le FMI. Kampala a, à ce titre, bénéficié de deux remises de dettes successives d'une valeur respective de 347 puis de 656 millions de dollars.

Puis l'Ouganda a été éligible à l'initiative PPTE renforcée, ce qui lui a valu une nouvelle remise de dette de 656 millions de dollars en 2000, portant l'allègement total de sa dette à près de deux milliards de dollars.

Le reliquat de cette dette reste cependant substantiel, puisqu'il représentait en 2001 près de 60 % du PIB, soit 1,147 milliard de dollars en valeur nette actualisée.

La Banque Mondiale apporte, quant à elle, de 100 à 200 millions de dollars par an, auxquels s'ajoute un crédit d'appui à la réduction de la pauvreté (Poverty Reduction Support Credit) qui comporte trois crédits d'ajustement, d'un montant unitaire de 150 millions de dollars. Ces crédits ont été versés respectivement en 2001 et 2002, la date du dernier versement n'ayant pas encore été déterminée.

L'Union européenne constitue, avec le 9ème Fonds européen de développement, le deuxième bailleur de fonds de l'Ouganda. Son appui privilégie le développement des infrastructures routières et ferroviaires.

Au regard des sommes ainsi dégagées, l'aide bilatérale française peut sembler modeste, mais elle doit être évaluée au regard de la traditionnelle discrétion de notre pays dans cette zone d'Afrique orientale.

Cette aide bénéficie à l'éducation (220.000 euros pour l'enseignement du français), à l'agriculture (1,2 millions d'euros en 2002 pour l'amélioration de la filière laitière), et à la santé (lutte contre le Sida, amélioration de l'eau potable).

L'ensemble des bailleurs de fonds, et notamment le FMI et la Banque mondiale, ont assorti leurs aides d'orientations économiques libérales, tenant notamment à l'extension des privatisations et à la restructuration du secteur bancaire. Cet ajustement structurel a produit certains résultats positifs, comme la maîtrise de l'inflation (5 % par an depuis 2001), une croissance retrouvée (6 % depuis 2001), et une réduction de 55 % à 35 %, de 1992 à 2000, de la part de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté (moins de 1 dollar par jour). Cependant, les investissements privés stagnent à 14 % du PIB, alors que les fortes contraintes imposées par l'ajustement structurel visaient à la dynamiser. Parmi les motifs avancés de cette situation figurent l'épuisement du modèle politique de « démocratie sans parti » imposé par Museveni, l'instabilité créée par les exactions commises, au nord du pays, par « l'Armée de Résistance du Seigneur », que la puissante armée ougandaise ne parvient pas à réduire, ainsi que la perspective des élections législatives et présidentielles de 2006. Celles-ci suscitent en effet des interrogations sur l'ouverture au multipartisme promise par le Président, qui requiert une révision constitutionnelle. Cette révision pourrait être également l'occasion de supprimer la restriction à deux mandats consécutifs du pouvoir présidentiel, et permettre ainsi au Président Museveni de se présenter une nouvelle fois, comme le redoutent ses opposants.

* 1 Présidence d'Idi Amin Dada : 1971-1979.

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