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Projet de loi autorisant l'approbation d'accords entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement des Émirats Arabes Unis relatifs au musée universel d'Abou Dabi

 

III. DES GARANTIES ET DES CONTREPARTIES FINANCIÈRES QUI PERMETTRONT AUX MUSÉES FRANÇAIS DE SAUVEGARDER ET DE METTRE EN VALEUR LE PATRIMOINE NATIONAL

A. LE NOMBRE ET LES CONDITIONS CONCERNANT LE PRÊT DES oeUVRES D'ART ISSUES DES COLLECTIONS FRANÇAISES

L'accord prévoit que l'Etat français prêtera au musée universel d'Abou Dabi des oeuvres issues des collections françaises pendant une durée de dix ans.

Pendant cette période, les Emirats Arabes Unis pourront acquérir des oeuvres afin de constituer leur propre collection nationale.

Au-delà de ces dix ans, seules les oeuvres des collections émiriennes seront exposées dans les galeries permanentes du musée.

Par ailleurs, la France organisera pendant quinze ans quatre expositions temporaires par an (une grande, une moyenne et deux petites).

Le nombre d'objets prêtés par la partie française diminuera progressivement : 300 oeuvres les trois premières années à compter de l'ouverture du musée, puis 250 les quatre années suivantes et 200 les quatre dernières années.

Ainsi, l'engagement de la France ira donc en décroissant jusqu'à ce que le Louvre Abu Dabi acquière une totale autonomie.

Afin de situer l'importance de la collaboration avec le Louvre Abou Dabi, il convient de souligner que 35 000 oeuvres, dont 6 000 tableaux, sont exposées au musée du Louvre sur les quelque 445 000 que compte le musée. Par ailleurs, chaque année le musée du Louvre acquiert entre 200 et 300 oeuvres d'art. Enfin, plus de 1 400 oeuvres sont prêtées chaque année par le musée du Louvre à d'autres musées, en France et à l'étranger, ce qui permet au Louvre de recevoir environ 1000 oeuvres provenant d'autres musées.

Ces données relativisent le risque, évoqué lors de la controverse sur cette création, de priver les visiteurs de nos grands musées d'un nombre excessif d'oeuvres majeures. Le prêt de 300 oeuvres issues de plusieurs musées ne devrait pas dégarnir les galeries de nos musées.

L'accord prévoit également que « ces oeuvres seront d'une qualité comparable à celles des oeuvres présentées au Musée du Louvre et dans les grands musées français » et qu'une « proportion raisonnable des oeuvres présentées sera en permanence issue des collections du Louvre ».

Votre rapporteur a souhaité interroger le Président Directeur du Louvre, Henri Loyrette, sur ce qu'il fallait entendre par l'expression de « part raisonnable ». Celui-ci a indiqué qu'il était difficile de chiffrer avec précision le nombre d'oeuvres qui seront issues des collections du Louvre étant donné que cela dépendrait des thèmes qui seront retenus pour les expositions. Ainsi, dans le cas d'une exposition portant sur les impressionnistes français, le musée du Louvre ne serait pas concerné et les prêts seraient issus du musée d'Orsay.

En tout état de cause, la France gardera un contrôle strict en matière de prêt des oeuvres. Il sera impossible, par exemple, de prêter la Joconde ou la Vénus de Milo. En effet, une oeuvre liée à l'histoire de France et dont on ne peut priver le public et celles dont la fragilité interdit un déplacement ne pourront pas quitter le musée du Louvre.

Toutefois, il est aussi dans l'intérêt du musée du Louvre de présenter des chefs d'oeuvres. Il y a va de son prestige et, comme le prouve l'effet d'attraction des expositions temporaires organisées par exemple par le Louvre au Japon, d'inciter des amateurs d'art à se rendre en France.

Chaque prêt se fera exclusivement sur la base du volontariat, sous le contrôle d'une commission scientifique et fera l'objet d'une convention particulière en conformité avec les règles des musées nationaux en matière de prêt.

Chaque oeuvre sera prêtée pour une durée comprise entre six mois et deux ans, éventuellement renouvelable, à l'exception d'objets particuliers, notamment les oeuvres sur papier et textiles qui seront prêtées, conformément aux standards internationaux, pour des durées plus courtes.

En cas de risque pesant sur la sécurité des oeuvres, la France pourra procéder au rapatriement sans délai de toutes les oeuvres prêtées.

Enfin, des garanties sont prévues en matière d'insaisissabilité des oeuvres prêtées.