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Proposition de loi portant création d'une première année commune aux études de santé et facilitant la réorientation des étudiants

 

3. Développer une plus grande diversité sociale dans l'accès et la réussite à ces filières d'excellence

a) Le problème de l'équité et de la démocratisation : un talon d'Achille

Compte tenu de la longueur des études concernées, amplifiée par les années passées à tenter le concours, souvent en vain, la question de la démocratisation des études médicales se pose de façon particulièrement aigüe.

Le rapport d'information8(*) de votre commission portant sur la diversité sociale et l'égalité des chances dans la composition des classes préparatoires aux grandes écoles a souligné l'autocensure de nombreux jeunes pour entreprendre de telles études. Cette autocensure existe également à l'égard des études médicales.

En outre, l'ampleur du taux d'échec à l'issue de la première année d'études médicales a encouragé les étudiants disposant de moyens financiers à suivre des cours privés soit avant leur inscription à l'université, soit parallèlement à leur première année d'études médicales. Cette situation vient renforcer le handicap des étudiants issus de milieux défavorisés.

Or notre aspiration à l'équité et la nécessité de diversifier les élites de notre pays supposent la démocratisation des études, y compris des plus longues et difficiles. Tel est le cas des études de santé, pour lesquelles en outre il est particulièrement regrettable que des vocations soient découragées pour des raisons à la fois socioculturelles et financières.

b) Une sensibilisation à organiser dès le lycée

Ceci renvoie à la capacité de notre système d'éducation à « dégripper l'ascenseur social » pour les meilleurs élèves parmi les jeunes les moins favorisés.

Ceci suppose l'implication des lycées et de leurs équipes éducatives. Or, celle-ci s'avère encore inégale. Même si des progrès ont été récemment réalisés, il reste nécessaire d'améliorer l'information des élèves et des familles sur l'« éventail des possibles » et de développer le tutorat, en l'étendant à tous les élèves volontaires dès la classe de seconde, ainsi que l'avait recommandé votre commission. Cet accompagnement se révèle essentiel dans le choix de nombre d'élèves de s'orienter vers des études longues.

* 8 Rapport n° 441 (2006-2007) à l'issue de la mission d'information présidée par M. Jacques Legendre, président de la commission des affaires culturelles et dont M. Yannick Bodin était le rapporteur.