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Proposition de loi portant création d'une première année commune aux études de santé et facilitant la réorientation des étudiants

 

B. UN NÉCESSAIRE ACCOMPAGNEMENT DES ÉTUDIANTS

1. Garantir des conditions de travail adaptées

Le rapport Thuillez précité estimait que la prise en compte des étudiants en pharmacie augmenterait en théorie les effectifs des étudiants en première année de 22 à 25 % au plan national, mais que la limitation de possibilité de redoublement et les réorientations possibles devraient limiter le pourcentage d'augmentation du nombre d'étudiants à environ 10 %.

Cependant, les universités concernées devront gérer des flux d'étudiants sans doute plus importants pendant la période transitoire de deux ans au cours de laquelle les dispositifs de réorientation seront expérimentés et seront donc proposés à titre facultatif aux étudiants.

Elles s'y préparent en organisant, le cas échéant, des enseignements sur plusieurs sites, en mutualisant des locaux, en utilisant plus largement des moyens de visiotransmission ou en créant des bases de données informatisées constituant le socle d'un enseignement pouvant éventuellement être commenté en amphithéâtre en présence des étudiants qui le jugeraient nécessaire.

L'apport des nouvelles technologies permet donc de résoudre partiellement les difficultés. Ainsi, le « e-learning » s'impose de plus en plus et la pratique intensive par les étudiants de l'informatique le permet. En effet, tous les cours peuvent être mis en ligne et toutes les recherches documentaires sont facilitées.

Votre rapporteur a été néanmoins sensible à l'inquiétude exprimée par les étudiants qu'il a auditionnés quant aux méthodes pédagogiques retenues. Ils craignent que la réforme proposée n'amplifie les difficultés actuelles. Les étudiants en pharmacie sont les premiers concernés puisqu'ils bénéficient aujourd'hui d'un plus grand nombre d'enseignements dirigés dispensés à un nombre restreint d'étudiants (30 à 40 par groupe en moyenne).

Les universités devront veiller à maintenir une relation interactive entre étudiants et enseignants, d'une façon ou d'une autre.

En outre, les efforts en vue d'élargir les horaires d'ouverture des bibliothèques universitaires devront être poursuivis.

2. Développer le tutorat

Par ailleurs, on sait que le passage entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur est un passage difficile pour un certain nombre d'étudiants, tant en termes de rythme de vie et de travail que d'encadrement.

La lutte contre le taux d'échec des étudiants suppose donc un meilleur accompagnement dès leur entrée à l'université, ce qui peut passer notamment par le développement du tutorat. Certaines universités l'ont déjà mis en place et il est gage d'une meilleure préparation des étudiants de 1ère année.

Ce soutien, souvent proposé par des étudiants en médecine en PCEM2 ou en deuxième cycle, en relation avec les professeurs, peut recouvrir par exemple :

- une semaine intensive de préparation avant la rentrée universitaire ;

- des « colles » hebdomadaires, c'est-à-dire des interrogations, avec assiduité obligatoire (exercices et questions de type concours) ;

- des enseignements dirigés (ED), avec correction d'exercices, explications ou approfondissement du cours ;

- un concours blanc avant chaque partiel.

Une telle organisation se rapproche de celle retenue pour les classes préparatoires aux grandes écoles.

Votre rapporteur insiste sur la nécessité de généraliser le tutorat. Rappelons que la loi sur les libertés et responsabilités des universités du 10 août 2007 l'encourage et qu'il s'agit de l'un des moyens mis en oeuvre dans le cadre du plan « Réussir en licence ».