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Projet de loi de finances rectificative pour 2010

 

2. Un dispositif adapté aux circonstances

La dégradation des conditions de financement des Etats périphériques autres que la Grèce ne repose pas sur un réel risque de défaut à moyen terme autre que celui qui pourrait être provoqué par les marchés de manière auto-réalisatrice. Le problème est plutôt que les investisseurs, considérant que la seule différence entre Etats de la zone euro est le risque de défaut, tendent à donner à celui-ci, aussi faible soit-il, une importance démesurée dans leur stratégie d'allocation interne à la zone euro. Dans ces conditions, le fait pour les Etats du « centre » de se porter garants des Etats « périphériques » semble la réponse appropriée, en s'approchant de ce que serait un institut communautaire d'émission de la dette.

Ce dispositif pourrait être efficace sans être effectivement utilisé, sa seule existence suffisant à rassurer les marchés.

3. La conditionnalité, une nécessité mais aussi un facteur de risque

L'aide accordée par l'entité ad hoc sera soumise à une forte conditionnalité.

Une telle conditionnalité est indispensable. En effet, il ne s'agit pas de susciter un phénomène d'aléa moral, en incitant les Etats à ne pas respecter les règles.

La conditionnalité peut en revanche se transformer en « bombe à retardement » si les objectifs fixés sont trop stricts pour être atteignables. En effet, si ceux-ci n'étaient pas atteints, l'UE et le FMI se trouveraient devant un dilemme consistant à choisir entre fermer les yeux, avec les problèmes de crédibilité et les difficultés politiques qui en découleraient, et mettre fin à l'aide, ce qui dans chaque cas pourrait avoir des conséquences très dommageables pour la zone euro.