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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement des Émirats arabes unis relatif à la coopération en matière de défense ainsi qu'un échange de lettres

6 juillet 2011 : Emirats arabes unis ( rapport - première lecture )

B. UN PARTENARIAT MILITAIRE ET POLITIQUE ANCIEN

Les relations politiques entre la France et les Émirats arabes unis sont anciennes et privilégiées comme en témoigne un accord de coopération remontant au 18 janvier 1995.

Il y a vingt ans, cette relation était déjà très étroite dans le domaine de l'armement puisque la France a été le principal fournisseur de ce pays jusqu'à la fin des années 1990. Depuis lors, cette relation s'est considérablement approfondie, tant dans le domaine de la coopération opérationnelle, de l'armement et du renseignement que de la coopération structurelle de sécurité et de défense, qui est l'une des plus développées dans la région du Golfe.

Cette relation a été placée dans le cadre d'un partenariat stratégique annoncé par le Président de la République en 2007. Si la France a conclu des accords avec plusieurs pays de cette région, les liens avec les Émirats arabes unis sont marqués par une forte convergence de vues sur les dossiers régionaux et par les liens personnels tissés entre les dirigeants des deux pays, notamment lors de nombreuses visites officielles du Président de la République à Abou Dabi, comme de l'Emir de Dubaï et du Premier ministre des Émirats arabes unis, en France.

Ce partenariat s'est notamment concrétisé par l'installation de la base militaire française à Abou Dabi, inaugurée par le Président de la République le 25 mai 2009, et qui accueillera à terme près de 600 militaires.

Il dépasse cependant le cadre militaire, comme l'illustre dans le domaine culturel l'ouverture prochaine du Louvre Abou Dhabi et l'implantation d'une antenne de la Sorbonne.

L'Université « Paris Sorbonne Abou Dabi » a en effet ouvert ses portes en 2006, grâce à un investissement de 224 millions d'euros apportés par les E.A.U. Elle accueille 620 étudiants, dont un tiers d'Emiriens et un autre tiers originaire de la région du Golfe.

Au-delà de ce programme qui a bénéficié d'une forte visibilité, on observe que le nombre d'élèves apprenant le français est en nette progression, s'élevant à environ 50 000, répartis dans 176 établissements l'enseignant comme seconde ou troisième langue. Un département de français a été créé en 2004 au sein de la faculté des lettres et des sciences de l'université d'Al Aïn.

Quant au dispositif du réseau d'enseignement français aux Émirats, il est composé de quatre établissements scolaires : les lycées Louis-Massignon et Théodore-Monod à Abou Dabi, le lycée Georges-Pompidou à Sharjah (avec une annexe pour l'enseignement primaire à Dubaï) et le lycée français international de Dubaï. 3 600 élèves sont scolarisés dans ces quatre établissements. Il faut y ajouter des écoles francophones, fondées par des ressortissants libanais, qui viennent d'entrer dans le réseau de la mission laïque.

D'importants projets ont été lancés concernant la coopération universitaire au travers de la promotion des études supérieures en France, la diffusion de l'expertise et du savoir-faire français (ingénierie, agronomie, technologies de l'information et de la communication, archives, archéologie, etc.) et la formation de médecins spécialistes.

Plusieurs établissements d'enseignement supérieur se sont implantés aux Emirats arabes unis en 2006 avec le soutien des autorités émiriennes. Des projets d'implantation du lycée Louis le Grand et de l'école vétérinaire de Maisons-Alfort sont en cours de négociation.

Quant au « Louvre Abou Dabi », dont la construction devrait coûter 2 milliards d'euros, il devrait voir sa construction prochainement achevée. Cette coopération culturelle d'une ampleur inédite devrait favoriser le dialogue des cultures et des civilisations entre l'Orient et l'Occident, dans une région du monde où les échanges culturels et artistiques peuvent constituer le vecteur du dialogue politique, comme l'avait souligné votre commission lors de l'examen, en 2007, des accords entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement des Émirats arabes unis relatifs au musée universel d'Abou Dabi1(*).

Au-delà de la culture et de la défense, la France et les Émirats arabes unis sont liés par de nombreux accords dans des domaines assez vastes, qui vont du développement des utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire à des accords d'établissement, dans les établissements pilotes d'Abou Dabi, de classes de mathématiques et de sciences physiques en passant par des accords dans le domaine du transport.

Ont notamment été signés :

- un accord pour le développement des utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire ;

- un arrangement administratif relatif à l'établissement dans les établissements pilotes d'Abou Dabi de classes de mathématiques et de sciences physiques ;

- un arrangement administratif sur la coopération en matière de propriété intellectuelle ;

- un arrangement sur la coopération dans le domaine des transports ;

- un accord de coopération en matière de défense ;

- un accord de sécurité intérieure ;

- un protocole d'accord sur la coopération en matière de représentation diplomatique et consulaire.


* 1 Rapport n° 451 (2006-2007) de Mme Monique CERISIER-ben GUIGA, fait au nom de la commission des affaires étrangères, déposé le 19 septembre 2007