B. UN VASTE PAYS ENCLAVÉ AU CoeUR DE L'EURASIE

Le Kazakhstan bénéficie d'une situation centrale en Eurasie, au carrefour entre la Russie, au Nord (avec une frontière de 6 846 km, soit la plus longue frontière terrestre continue entre deux États), la Chine, à l'Est, et les autres anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale (Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan et Turkménistan), au Sud. Il dispose d'un accès à la mer Caspienne1(*).

Avec ses 2,7 millions de km2, le Kazakhstan est le 9ème pays le plus vaste au monde (5 fois la France). La steppe occupe près de 40% de sa superficie. Sa population de 20,5 millions d'habitants (contre 68,4 millions pour la France) fait de lui un pays relativement peu peuplé, avec une densité d'à peine 7 habitants/km2 (comparable à celle de la Russie, de 8 habitants/km2).

À la fois atout et faiblesse, cette situation géographique de pivot entre Asie et Europe fait du pays un carrefour incontournable au sein de la région, cependant que son enclavement le rend particulièrement dépendant de ses voisins : cette situation particulière, comme on le verra ci-après, détermine aussi bien la politique économique et commerciale que la diplomatie kazakhstanaises.

C. UNE PUISSANCE RÉGIONALE MONTANTE

Dans le contexte d'un ordre mondial en pleine recomposition, le Kazakhstan ne cache pas son ambition de se positionner comme puissance intermédiaire, aspirant au leadership de l'Asie centrale - non sans parfois une rivalité sensible avec Tashkent.

1. Des ressources naturelles exceptionnelles

Ø Les hydrocarbures : atout majeur... et risque de dépendance

Depuis l'indépendance du pays en 1991, le secteur des hydrocarbures kazakhstanais (« notre richesse noire », selon les mots du président Tokaïev, estimée à 30 milliards de barils, au 12ème rang des réserves mondiales) a connu une montée en puissance continue, jusqu'à multiplier par quatre sa production. Les résultats de 2025 (90 à 93 millions de tonnes par an) confirment sa progression vers son objectif de 100 millions de tonnes par an2(*).

Actuellement, la production de pétrole et de gaz au Kazakhstan est concentrée dans cinq bassins développés, parmi lesquels le bassin caspien représente environ 80 % des ressources. Mais le pays dispose encore d'un potentiel important pour la découverte de nouveaux gisements3(*).

Les gisements d'hydrocarbures au Kazakhstan

Source : Le Figaro

Le Kazakhstan est notamment l'un des premiers fournisseurs de pétrole brut de la France (actuellement au 3ème rang, il était le premier en 2020 et 2021).

Atout majeur pour l'économie kazakhstanaise, l'extraction d'hydrocarbures représente environ 50 % des exportations du pays en 2024. Les revenus qui en sont retirés représentent 80% du budget de l'État. Mais cette manne est potentiellement source de fragilité, dans la mesure où une telle dépendance aux matières premières expose le pays à la volatilité des cours. Mais surtout, cette dépendance aux hydrocarbures crée indirectement une dépendance vis-à-vis de Moscou, via l'oléoduc CPC4(*), transitant par la Russie, qui achemine 80% du pétrole kazakhstanais5(*).

Source : Portail de l'IE

C'est ainsi que le Kazakhstan a été contraint de revoir à la baisse ses objectifs de production de pétrole pour 2026 en raison notamment des dommages infligés au terminal du Caspian Pipeline Consortium (CPC) à la suite d'une attaque menée par un drone ukrainien le 27 novembre dernier. Les terminaux du port russe de Novorossisk sont régulièrement ciblés par Kiev6(*), pour qui ils constituent une cible stratégique.

Face à cette situation, le Kazakhstan recherche d'autres routes d'exportation, notamment en augmentant ses expéditions vers la Chine. Mais cela ne saurait constituer une solution pérenne. Cette problématique fait ainsi pour le pays la démonstration de l'urgence à diversifier son économie.

Ø La production d'uranium sous influence grandissante chinoise

Le Kazakhstan est le premier producteur d'uranium au monde, avec 21 227 tonnes en 2022 (soit près de 3 fois plus que le Canada, qui arrive en seconde place avec 7351 tonnes).

Les gisements d'uranium au Kazakhstan

Source : Kazatomprom

Particulièrement compétitives, la majorité des mines kazakhstanaises opèrent à un coût inférieur à 20 dollars par livre d'uranium 3O8, contre une moyenne globale mondiale de 70 dollars. KAZATOMPROM est le plus grand producteur d'uranium au monde, avec une part d'environ 22 % de la production mondiale d'uranium primaire en 2022 ; il exploite 26 gisements regroupés en 14 entreprises minières7(*).

Le secteur uranifère est particulièrement stratégique : ainsi ; selon un rapport de la World Nuclear Association, les besoins mondiaux en uranium devraient passer de 65 000 tonnes par an en 2023 à 130 000 tonnes en 2040. Dans ce contexte, les ressources kazakhstanaises suscitent d'importantes convoitises, notamment de la part de la Chine et de la Russie, mais aussi de la France : ainsi, le 1er novembre 2023, le président Macron, en visite officielle au Kazakhstan, a notamment souhaité renforcer la coopération entre les deux pays dans le secteur de l'uranium ; le groupe français ORANO exploite d'ores et déjà une mine et espère accroître sa présence dans le pays ; en parallèle, KATCO (co-entreprise créée entre ORANO (51%) et KAZATOMPROM (49%)) a ouvert en juillet 2025 sur le site de South Tortkuduk une importante usine de traitement8(*), pour une production, à terme, de 4 000 tonnes d'uranium par an9(*).

Du fait du développement rapide de son parc nucléaire10(*), la Chine absorbe aujourd'hui entre 50 % et 60 % des exportations d'uranium kazakhstanaises. Illustration d'une certaine perte d'influence de la Russie en Asie centrale et de la montée en puissance des acteurs chinois, en septembre dernier, l'entreprise KAZATOMPROM a annoncé le retrait de son partenaire russe historique ROSATOM de plusieurs projets d'extraction d'uranium au Kazakhstan, au profit de partenaires chinois.

Ø Le potentiel, encore largement inexploré, des terres rares...

Le pays exploite d'ores et déjà du béryllium, du scandium, du tantale et du niobium, et ses usines métallurgiques produisent et traitent des métaux critiques, comme le bismuth, l'antimoine, le sélénium, le gallium et l'indium. Il produit en outre du concentré de tungstène, du sulfate de manganèse monohydraté (5 % du marché mondial) et du concentré de graphite.

En 2024, le Kazakhstan a recensé 124 gisements de métaux rares et de terres rares, dont seuls 37 ont été explorés. Estimés à plus d'1 million de tonnes - potentiellement plus de 20 millions -, ces vastes gisements (cérium, lanthane, néodyme et yttrium notamment) pourraient faire du pays, s'il parvient à exploiter tout ce potentiel, « l'un des plus gros producteurs mondiaux de terres rares »11(*) selon le ministère de l'industrie kazakhstanais, et faire contrepoids à la domination chinoise.

Les gisements de terres rares au Kazakhstan

Source : Courrier international

Le Kazakhstan compte beaucoup sur ces perspectives prometteuses, auxquelles il a consacré une enveloppe d'études sur 3 ans de 38 millions de dollars, pour diversifier ses productions et construire un développement économique moins dépendant des hydrocarbures.

Les entreprises chinoises sont d'ores et déjà très présentes dans le secteur minier ; les États-Unis, désireux de réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine dans ce secteur, s'intéressent également aux gisements kazakhstanais, qui recèlent près de la moitié des 54 matériaux critiques répertoriés par l'US Geological Survey.

Les investisseurs européens bénéficient quant à eux d'une prime de réputation, dans la mesure où ils apportent des normes environnementales, sociales et de gouvernance (dites « ESG ») que d'autres entreprises considèrent souvent comme facultatives. Or l'extraction des terres rares est notoirement associée à des impacts environnementaux importants12(*), ce qui constitue l'un des défis majeurs de leur production.

Bruxelles, qui a renforcé ses outils grâce au Global Gateway13(*), mais qui s'avère souvent plus lente que ses concurrents, devra cependant se positionner rapidement pour faire valoir ses atouts14(*).

Ø ...Et celui du pétrole de schiste

Le Kazakhstan, a par ailleurs récemment annoncé le lancement d'une production de pétrole de schiste15(*), qui devrait commencer à porter ses fruits dès cette année. Pour soutenir et dynamiser ce secteur, le président Tokaïev compte sur les investissements étrangers.

2. Les énergies renouvelables : une opportunité pour diversifier sa production... et ses partenaires

Les énergies renouvelables constituent pour le Kazakhstan une piste de diversification prometteuse et le pays entend bien se positionner comme le leader régional - en promouvant l'hydroelectricité et l'harmonisation des normes -, voire comme un acteur-clé de la transition énergétique mondiale.

Les perspectives pour ce secteur sont principalement européennes : Le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et l'Azerbaïdjan ont lancé, en juillet 2025, l'UNION DU CORRIDOR VERT16(*) en vue de coordonner leurs efforts en matière d'énergies renouvelables afin de conquérir le marché européen. Les trois pays ont signé des accords clés avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d'investissement (BEI) lors du Global Gateway Forum du 10 octobre 2025, qui s'inscrivent dans l'approche plus large de la Team Europe lancée en marge de la COP2817(*).

Le Kazakhstan compte actuellement 148 projets d'énergies renouvelables18(*) totalisant 2,9 GW. Des plans sont en cours pour 66 projets supplémentaires d'une capacité de 1,68 GW, attirant 1,3 milliard de dollars d'investissements.

Alors que la part du charbon représente actuellement, dans le mix énergétique kazakhstanais, près de 70 %, le pays projette de la ramener, à l'horizon 2035, à 34%, tandis que la part des énergies renouvelables passerait de 6% actuellement à 15% en 2030, pour atteindre 50% en 2050.

3. Le pari de l'intelligence artificielle

Le développement de l'intelligence artificielle, avec pour objectif la numérisation complète du pays à horizon 2029, constitue l'une des pistes de diversification économique privilégiée par le Président Tokaiev19(*), qui ambitionne de positionner son pays comme leader régional dans le secteur.

Il y voit en même temps un puissant levier de développement, en mesure de soutenir plusieurs secteurs stratégiques tels l'énergie, l'agro-industrie, la gestion de l'eau, le transport et la logistique ; la numérisation doit également permettre aux entreprises d'accéder plus facilement aux services publics, aux financements et aux marchés, tout en réduisant les coûts administratifs.

A cette fin, il a créé un Ministère de l'Intelligence artificielle et du développement numérique20(*), qui a notamment adopté un plan visant à développer les capacités IA souveraines du pays21(*). Il prévoit d'investir dans les nouveaux talents, de développer un modèle linguistique large en kazakh et de rendre des jeux de données locaux disponibles pour les start-ups, l'objectif étant de mettre en place « un écosystème d'IA centré sur l'humain ». En outre, au cours des cinq prochaines années, le pays ambitionne de former un million de citoyens à l'intelligence artificielle.

Cet ambitieux programme numérique a été encadré, le 17 novembre 2025, par une loi fondatrice sur l'intelligence artificielle. Ce texte crée un régime de responsabilité inédit pour sanctionner les abus de l'intelligence artificielle, allant de la désinformation au préjudice moral. Le Kazakhstan devient ainsi le premier pays d'Asie centrale à légiférer de manière exhaustive sur l'intelligence artificielle.

Le pays a également engagé une évaluation menée par l'UNESCO afin de déterminer son niveau de préparation global en matière d'intelligence artificielle, notamment sous ses aspects juridiques, sociaux, économiques, scientifiques, éducatifs et technologiques22(*).

4. Le Kazakhstan, passage obligé entre l'Asie et l'Europe

La situation géographique du Kazakhstan, entre Europe et Asie, impose le pays comme une incontournable plaque tournante logistique et commerciale.

Le pays est notamment traversé par un axe majeur du commerce international, le « Corridor central » (ou Corridor transcaspien de transport international (TITR)), qui relie en moins de 15 jours la Chine à l'Europe, via une route terrestre et ferroviaire23(*).

Le « Corridor central » est en train de s'imposer comme l'un des axes commerciaux les plus stratégiques au monde, car il constitue la meilleure alternative logistique aux voies ferroviaires ou maritimes traditionnelles très exposées aux tensions géopolitiques ou aux encombrements logistiques : Alors que les routes via la Russie sont désormais soumises à des sanctions, et que d'autres routes subissent une insécurité accrue, cette voie alternative s'affirme à présent comme l'itinéraire le plus sûr et le plus stable de la région.

Ainsi, depuis le début du conflit ukrainien, on assiste à une réorganisation de la logistique régionale au profit du Kazakhstan : les géants du transport international privilégient dorénavant le Corridor transcaspien, qui offre aux exportations chinoises à destination de l'Europe un trajet ferroviaire certes plus long que le corridor dit Eurasiatique mais permettant d'éviter la Russie24(*). A cet égard, l'atout de la stabilité constitue pour le Kazakhstan un avantage majeur sur la carte des « Nouvelles routes de la soie », et la diplomatie multilatérale conduite par le président Tokaiev met tout en oeuvre pour préserver au maximum le pays des tensions régionales et mondiales.

Le Kazakhstan entend bien mettre à profit cet atout géostratégique pour devenir un hub logistique eurasiatique de premier plan25(*), et a entrepris d'importants investissements destinés à moderniser ses infrastructures ; il a notamment mis en place un guichet numérique unique intégrant la compagnie ferroviaire nationale KTZ, le Comité des douanes et l'Agence nationale des recettes, permettant de simplifier l'enregistrement et de fluidifier la transmission des données. Par ailleurs, un accord signé en mars 2023 avec le port de libre-échange de Xi'an a permis à KTZ d'implanter une station logistique en Chine continentale, renforçant l'interconnexion des chaînes d'approvisionnement.

Grâce à ces investissements, les flux de marchandises transitant par le Corridor du milieu ont considérablement augmenté depuis 2022 (+60% sur la seule année 2024) et pourraient encore tripler d'ici 2030. Au cours des seuls huit premiers de 2025, le secteur de la logistique kazakhstanais a globalement progressé de plus de 22%.

5. Un commerce extérieur boosté par les hydrocarbures26(*)

Le volume des échanges du Kazakhstan atteint en 2024 141,4 milliards de dollars (en augmentation de 1,3% par rapport à 2023), avec une balance commerciale nettement excédentaire de 21,8 milliards de dollars (soit 8,1 % du PIB), en augmentation de 16,6 % par rapport à 2023.

Évolution 2019-2024 de la balance commerciale du Kazakhstan

(en milliards de dollars)

Ses exportations s'élèvent à 81,6 milliards de dollars (+3,1%). Elles restent majoritairement composées d'hydrocarbures naturels, qui représentent 56,7 % des exportations totales du pays (contre 61,3 % en 2022 et 58,7 % en 2023)27(*).

Composition des exportations kazakhstanaises

Le principal client du Kazakhstan en 2024 reste l'Italie, qui concentre à elle seule 23% des exportations du Kazakhstan (18,6 milliards de dollars, + 25,8% par rapport à 2023). Suivent la Chine (14,9 milliards de dollars, +1,6%), la Russie (9,5 milliards de dollars, -6,5%), et les Pays-Bas (5,2 milliards de dollars, +30,5%). La France occupe la cinquième position avec 3,7 milliards de dollars, en progression de 25,1%.

La valeur des importations du Kazakhstan s'établit à 59,7 milliards de dollars (-1 % par rapport à 2023).

Composition des importations kazakhstanaises

L'Union européenne assure 17,2 % des importations du Kazakhstan, (10,6 milliards de dollars en 2024, -7,1%). Le principal fournisseur du Kazakhstan est la Russie, qui concentre 30,5 % des importations totales du pays (18,2 milliards de dollars, +8,3 %), suivie de la Chine (15,2 milliards de dollars, -1,5 %), de l'Allemagne (2,8 milliards de dollars, -6,5 %), des Etats-Unis (2,2 milliards de dollars, -11,8 %) et de la Corée du Sud (1,9 milliards de dollars, -13,6 %). La France, tirée par l'industrie aéronautique, se classe 6e fournisseur du Kazakhstan en 2024, avec 1,8 milliard de dollars, en hausse de 43,5 % par rapport à 2023.

6. Un environnement financier relativement stable

Le Kazakhstan offre aux investisseurs étrangers un environnement attractif du fait notamment de sa stabilité. La COFACE souligne notamment 28(*):

· Une dette publique limitée à 25% du PIB, et quasiment domestique,

· Un fonds souverain alimenté par les exportations énergétiques, jouant un rôle de « tampon budgétaire »,

· De solides réserves de change, en mesure de couvrir près de 10 mois de besoins de financements.

7. Une croissance dynamique

Malgré les incertitudes liées à la faible productivité du pays et à la dépendance de son économie aux matières premières, le Kazakhstan a enregistré une croissance soutenue, avoisinant ou dépassant les 5% par an, depuis plusieurs années. En 2025, son produit intérieur brut (PIB) a progressé de 6% au seul premier semestre ; la Banque Mondiale table sur une croissance totale de 10% en 2025. Les perspectives de croissance du pays demeurent très favorables à moyen terme, tirées par les secteurs des hydrocarbures, des services et des infrastructures, et encouragées par un positionnement géopolitique rassurant.

Le Kazakhstan, qui, avec un PIB de 288 milliards de dollars, concentre près de 50 % du PIB de l'Asie centrale, est en passe de devenir le pays le plus riche de l'espace post-soviétique ; en termes de PIB par habitant, avec 14 770 dollars par habitant, il dépasse dorénavant la Russie (14 260 dollars par habitant) et la Chine (13 340 dollars par habitant)29(*). Le Plan de développement national 2029 - ambitieuse feuille de route définie par le Président Tokaiev en 202330(*) - ne prévoit pas moins d'un doublement en 5 ans du PIB du pays, avec un objectif-cible de 450 milliards de dollars en 2029, qui s'accompagnerait d'une multiplication par 1,4 du PIB par habitant, et par 1,9 du salaire médian31(*).

Cette croissance est soutenue par le dynamisme des investissements directs étrangers (IDE) : depuis son indépendance, le pays a attiré près de 130 milliards d'euros d'IDE.

C'est ainsi que le Kazakhstan a programmé 45 grands projets industriels d'une valeur de plus de 4,4 milliards de dollars, qui devraient créer environ 20 000 nouveaux emplois.

Cependant, en 2024, le Kazakhstan a enregistré une chute de 28 % de ses investissements étrangers, qui sont passés de 23,9 milliards à 17,1 milliards de dollars, tandis que le flux net est devenu négatif à hauteur de -2,55 milliards de dollars. Les autorités kazakhstanaises se veulent rassurantes sur cette évolution, invoquant des facteurs cycliques et une réorientation stratégique vers des projets à plus haute valeur ajoutée32(*). Certains analystes attribuent cependant cette baisse à une tendance plus systémique reflétant l'inquiétude des partenaires étrangers quant à la stabilité et les perspectives économiques du pays, liée notamment à inflation qui demeure à un niveau élevé et à la dépendance à l'économie russe (voir B.I.b) ci-dessous)33(*).


* 1 Cet accès à la mer Caspienne ne constitue pas une ouverture maritime puisque cette immense étendue d'eau salée ne présente aucune communication naturelle avec les océans.

* 2 Source : https://lapresseturquoise.fr/2025/09/05/kazakhstan-hydrocarbures-en-plein-essor-la-production-de-petrole-multipliee-par-4-depuis-1991.

* 3 Cinq autres bassins - le Nord-Turgaï, l'Aral, le Syr-Daria, le Shu-Sarysu et l'Ad Priirtysh - recèlent un potentiel considérable non exploité, en cours d'étude. Les ressources prévues pour la seule région de Zapadny du bassin d'Aral sont estimées à 800 millions de tonnes.

Les géologues ont d'ores et déjà identifié au total 15 bassins sédimentaires contenant environ 76 milliards de tonnes de ressources en combustible potentielles.

* 4 Le pipeline CPC est un oléoduc transportant le pétrole du champ pétrolifère de Tengiz au Kazakhstan jusqu'au terminal maritime russe Novorossiysk-2, sur la mer Noire. Il est détenu à 40% par des capitaux russes.

* 5 Cf https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/ces-petroliers-en-provenance-de-russie-qui-accostent-dans-les-ports-francais-5584602.

* 6 Également le 13 janvier 2026.

* 7Cf https://www.sfen.org/rgn/le-kazakhstan-au-carrefour-de-la-geopolitique-de-luranium/

* 8 Basée sur la technologie de récupération in situ (In Situ-Recovery - ISR), permettant d'extraire l'uranium de façon économique et avec peu d'impact sur l'environnement.

* 9 Cf https://www.orano.group/fr/actus/actualites-du-groupe/2025/juillet/south-tortkuduk-une-nouvelle-ere-s-ouvre-pour-l-extraction-d-uranium-strategique-au-kazakhstan

* 10 La part d'énergie nucléaire dans le mix énergétique chinois devrait passer de 4% en 2018 à 28% d'ici 2050.

* 11 Cf https://www.sudouest.fr/international/kazakhstan-ouverture-du-plus-grand-gisement-de-terres-rares-du-pays-entre-1-et-20-millions-de-tonnes-a-exploiter-23877394.php.

* 12 La Cartographie des impacts et des conflits liés aux terres rares (2023) explique ainsi : « Les terres rares sont généralement présentes en très faibles concentrations et combinées entre elles, ce qui signifie que leur extraction et leur séparation coûtent cher, nécessitent de grandes quantités d'énergie et d'eau et génèrent de grandes quantités de déchets. En outre, elles sont souvent mélangées à d'autres éléments radioactifs et dangereux, tels que l'uranium, le thorium, l'arsenic et d'autres métaux lourds, ce qui présente des risques élevés pour la santé et la pollution de l'environnement. Les méthodes d'extraction sont notamment l'extraction à ciel ouvert (la plus courante, très gourmande en eau), l'extraction souterraine et la lixiviation in situ ».

* 13 Lancée fin 2021 sous Présidence française de l'Union européenne, la stratégie Global Gateway est une initiative de la Commission Européenne contribuant au développement des pays partenaires émergents et en développement de l'UE, notamment dans les domaines du numérique, de l'énergie et de l'environnement, en s'appuyant sur la mobilisation du secteur privé.

* 14 Cf https://euractiv.fr/news/les-avancees-du-kazakhstan-dans-le-domaine-des-terres-rares-incitent-lue-a-agir-plus-rapidement-et-plus-intelligemment/

* 15 Cf https://www.latribune.fr/climat/energie-environnement/le-kazakhstan-se-met-au-petrole-de-schiste-1016975.html.

* 16 Liaison à haute tension vers l'Europe destinée à transporter les surplus d'énergie éolienne et solaire de la région.

* 17 Cf https://euractiv.fr/news/le-kazakhstan-souhaite-devenir-un-partenaire-strategique-pour-la-transition-ecologique-de-leurope, 8 octobre 2025.

* 18 Parmi les projets les plus importants figurent un parc éolien de 1 GW en partenariat avec TOTAL ENERGIES ainsi qu'un parc éolien de 1 GW avec l'entreprise publique émiratie MASDAR et le russe UNIGREEN ENERGY. Il existe également des projets de collaboration avec la Chine pour 1,8 GW d'énergie renouvelable.

* 19 Cf son allocution télévisée du 31 décembre 2025, où la numérisation est affichée comme une priorité nationale.

* 20 M. Jaslan Madeiev, proche du Président Tokaiev, a été promu le 29 septembre 2025 Vice-premier Ministre et Ministre de l'Intelligence artificielle et du développement numérique.

* 21 Cf https://lapresseturquoise.fr/2026/01/02/kazakhstan-numerisation-intelligence-artificielle-priorite-nationale-2026.

* 22Cf https://www.cryptopolitan.com/fr/kazakhstan-advances-human-centered-ai/

* 23 Passant notamment par Tbilissi (Géorgie), Istanbul (Turquie) et Sofia (Bulgarie.)

* 24 Cf Le Figaro, La route de la soie ferroviaire se rallonge pour contourner la Russie, 27 juin 2022.

* 25 Cf La presse turquoise, Le Kazakhstan accélère le transit sur le corridor central : un saut logistique stratégique en 2025, 8 avril 2025.

* 26 Source, pour l'ensemble du paragraphe : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/KZ.

* 27 Pour mémoire, les exportations d'hydrocarbures kazakhstanaises avaient connu une très forte augmentation en 2022 (+48,8 %), le Kazakhstan s'étant largement substitué à la Russie après l'entrée en vigueur des sanctions occidentales contre ce pays, avant de refluer en 2023 (-10,3 %).

* 28 Kazakhstan : fiche pays, analyse économique des risques, Coface.

* 29 Source : Euractiv.fr/news/le-kazakhstan-depasse-la-russie-et-la-chine-en-termes-de-pib-par-habitant, 26 août 2025.

* 30 Le programme s'articule autour de quatre axes :

- Assurer une qualité de vie élevée,

- Construire une base solide pour l'économie,

- Développer de nouveaux points de croissance économique,

- Transformer transversalement l'économie et la vie sociale.

* 31 Source : https//www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/KZ : La situation économique et financière du Kazakhstan, 26 juin 2024.

* 32 Cf https://lapresseturquoise.fr/2025/04/08/investissements-directs-etrangers-kazakhstan-bilan-2024-kazakh-invest/

* 33 Cf https://www.ifri.org/fr/notes/le-kazakhstan-apres-le-double-choc-de-2022-consequences-politiques-economiques-et-militaires.

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