B. COMPARAISON INTERNATIONALE

1. En dépit de certains indices de compétitivité...

Jusqu'en 1992 les statistiques douanières permettaient de déterminer, sur un certain nombre de destinations, les parts de marché des ports français et étrangers dans l'acheminement du commerce extérieur de la France. Cet indicateur, communément appelé "détras" ou "détournements de trafics" permettait de suivre l'évolution de la compétitivité relative des ports français par rapport à leurs concurrents.

La méthode utilisée consistait à comptabiliser à nos frontières terrestres la part du commerce extérieur acheminée par les ports français et celle acheminée par les ports étrangers. La suppression des contrôles aux frontières au 1er janvier 1993 a eu pour conséquence de rendre beaucoup plus difficiles les observations habituelles, ainsi que la mesure des parts de marché prises par les ports étrangers sur le commerce extérieur de notre pays.

Cette lacune devrait bientôt être comblée, avec l'adoption au Conseil des ministres européens du 18 juin 1995 du règlement relatif à l'action de la communauté dans le domaine statistique. Par ailleurs, le récent plan de modernisation des procédures administratives et douanières dans les ports (voir ci-après p.33.) comporte un important volet consacré au développement des outils d'observation du marché.

Dans l'immédiat, un autre indicateur peut toutefois être utilisé. Il s'agit du trafic de transit, que les places portuaires ont les moyens d'estimer, du moins en partie. Ce trafic est celui des marchandises débarquées ou embarquées dans les ports français en provenance de pays étrangers ou leur étant destinées. Il a représenté plus de 38,3 MT en 1994, soit une augmentation de 2 % par rapport à 1993 (37,7 MT).

Une bonne partie du trafic de transit des ports français est constituée de produits pétroliers, qui représentent en 1994 21,1 MT.

Le transit des vracs solides est réduit (0,6 MT) et concerne pour l'essentiel le port de Marseille qui assure un trafic d'éclatement de charbon vers l'Italie.

Le trafic de transit de marchandises diverses, qui représente la plus forte valeur ajoutée par la communauté portuaire, représente environ 17 MT. Il se décompose principalement en 1.5 MT pour les conteneurs (essentiellement de transbordement maritime au Havre et à Marseille), plus de 14 MT pour le trafic transmanche et 0,5 MT pour les autres diverses.

Ces résultats montrent que, dans une conjoncture peu propice aux trafics de grands vracs et de produits pétroliers et malgré l'attente, prolongée jusqu'au début de 1994, des effets de la réforme de la manutention sur le trafic conteneurisé, nos ports restent capables d'attirer les trafics des pays voisins. La progression de + 2 % des trafics de transit en 1994, alors que le trafic total diminuait de - 0.4 % cette même année, est un indice favorable de la compétitivité des ports français.

2. ...les performances des ports français sont moins bonnes que celles de leurs concurrents européens

Dans l'ensemble, on observe en 1994 une progression régulière et homogène des trafics des ports de l'Europe du Nord et des évolutions beaucoup plus contrastées en Méditerranée et le long de l'Atlantique. Les ports autonomes français paraissent se situer en dessous de la moyenne des autres ports européens, mais cette comparaison doit être faite avec prudence, car les baisses des importations de vracs (pétrole, charbon, etc.) et des exportations de céréales imputables à des difficultés de conjoncture et non à des pertes de compétitivité, pèsent très lourdement sur les résultats des ports autonomes français.

Comparé à 1993, le trafic des ports autonomes français a baissé de 1,8 % en moyenne alors que celui des principaux ports allemands a progressé de 5,3 %, celui des principaux ports du Benelux de 4,5 %, celui des principaux ports méditerranéens de 5,9 % et celui des principaux ports de l'Atlantique de 3,3 %.

Comparativement aux ports français, Hambourg a un trafic en hausse de 3,8 %, Brême Bremerhaven de 8,9 %, Rotterdam de 4,1 %, Anvers de 7,5 %, Bilbao de 1.9 %. Barcelone de 15.3 % et Gênes de 5,7 %.

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