Allez au contenu, Allez à la navigation

10 février 1998 : Travail - Les éléments d'informations sur les conséquences financières, économiques et sociales de la décision de réduire à trente-cinq heures la durée hebdomadaire du travail ( rapport de commission d'enquête )

 



Retour Sommaire Suite

2. La vanité de penser que l'on peut commander à l'économie, et faire le bonheur des citoyens malgré eux

a) Commander à l'économie

La décision de réduire à 35 heures hebdomadaires la durée légale du travail repose sur l'idée qu'il serait possible, en agissant sur les différentes variables de l'économie par le biais, d'une part, de la réglementation et, d'autre part, d'un système adéquat d'aides publiques, de procéder à un " réglage fin " de l'économie permettant de maximiser les gains et de minimiser les pertes.

C'est en somme l'idée exprimée par M. Jean-Paul Fitoussi91(*) que : " pour les économistes habitués à raisonner en termes d'agents micro-économiques rationnels surtout en ces temps de montée de l'individualisme la seule chose qu'il soit possible d'affirmer est que la loi sera d'autant plus efficace qu'elle mettra en place un système d'incitations et de contraintes tel que les choix individuels égoïstes conduisent spontanément au bien commun. Elle jouerait alors le rôle de la main invisible qui harmonise les intérêts individuels, selon la métaphore d'Adam Smith. "

Mais l'Etat est-il vraiment à même de jouer ce rôle ? Que fait-il pour combattre le travail au noir ?

b) Faire le bonheur des citoyens malgré eux

Pour M. Jean-Paul Fitoussi92(*) : " La réduction du temps de travail est un objectif en soi de toute société humaine. Il témoigne de ce que la lutte contre la rareté, qui est le contenu même de l'activité économique, est victorieuse. La " fin du travail " est éminemment désirable car elle signifierait alors que nous aurions trouvé le secret de l'abondance. " C'est peu ou prou l'idée qui inspire la réduction du temps de travail et selon laquelle c'est le travail qui avilit, c'est le loisir qui libère.

Non seulement cette idée nous semble contestable, mais surtout, elle suppose qu'il appartient à l'Etat de substituer, sur la base d'appréciations forcément technocratiques, son propre choix à celui des citoyens et de dire à chacun quelle doit être la part du temps libre et celle du travail. Comment, et sans vouloir polémiquer, qualifier cette décision autrement que par le qualificatif " d'étatiste " ?

Retour Sommaire Suite