III. LES DÉPENSES EN ATTÉNUATION DE RECETTES

A. DES DÉPENSES À CARACTÈRE FLUCTUANT

Les dépenses en atténuation de recettes, c'est-à-dire les remboursements et dégrèvements d'impôts, s'élèvent à 306 milliards de francs soit près de la moitié des crédits du budget des charges communes.

Ces dépenses ont également pour particularité de figurer dans la partie recettes du budget général et de venir en diminution des recettes brutes pour définir les recettes nettes.

Par ailleurs, leur montant est généralement déterminé en extrapolant les prévisions de l'année précédente, qui sont parfois révisées, afin de tenir compte des aléas de la conjoncture économique.

Leur évolution est donc étroitement liée à des facteurs exogènes ou à l'effet de mesures législatives antérieures. La progression en 1999 des remboursements d'impôts directs fait ainsi suite à l'adoption de la loi portant mesures urgentes à caractère fiscal et financier (dite " MUFF ") qui a entraîné la mise en place d'un acompte exceptionnel au titre de l'impôt sur les sociétés en décembre 1997 et corrélativement s'est traduite par une forte augmentation des remboursements en 1998, qui n'avait pas été prévue en loi de finances initiale.

De même, la progression attendue des remboursements au titre de la TVA pour un montant de 16,2 milliards de francs est due à la prise en compte au titre des mesures acquises, de la croissance en 1998 des exportations ainsi que de la progression des investissements.

B. L'ÉVOLUTION EN 1999

Les dépenses de remboursements et dégrèvements d'impôts s'élèvent à 306,7  milliards de francs , soit une progression de 9,8 % 15( * ) . Cette forte hausse résulte pour 27,2 milliards de la révision des estimations qui figuraient en loi de finances initiale pour 1998 principalement au titre de la TVA et de l'impôt sur les sociétés. Ainsi que l'indique le gouvernement, " cette situation reflète la difficulté d'appréhender, a priori, l'évolution de certains postes de dépenses au caractère particulièrement fluctuant ".

1. Les contributions directes

L'ensemble des dépenses de remboursements et dégrèvements sur impôts directs 16( * ) s'élève à 146,1 milliards de francs en 1999, en progression de 8,34 % par rapport aux estimations de la loi de finances initiale et seulement de 0,2% en comparaison de ces estimations révisées.

Cette progression " révisée " est essentiellement liée, à hauteur de 9 milliards de francs à des remboursements exceptionnels effectués au titre de l'impôt sur les sociétés suite aux recettes encaissées en décembre 1997 au titre d'acompte sur les mesures de la loi dite MUFF (taxation des plus-values et contribution de 15%) ainsi que pour 1,6 milliard de francs aux dégrèvements de taxe professionnelle et 1,3 milliard de francs pour la taxe d'habitation.

La hausse de 0,2%, soit 200 millions de francs, par rapport aux estimations révisées correspond à une hausse des dégrèvements sur impôts directs au profit de l'Etat, des dégrèvements de taxe professionnelle et des admissions en non-valeur que " compense " une baisse des remboursements au titre de l'impôt sur les sociétés.

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