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Les hélicoptères de l'armée de terre : situation et perspectives

10 juillet 2002 : Les hélicoptères de l'armée de Terre ( rapport d'information )

 

 

C. LE MANQUE DE MATÉRIELS DISPONIBLES CRÉE DES TENSIONS SUR L'UTILISATION DES HÉLICOPTÈRES

Un ensemble de raisons structurelles et conjoncturelles ont contribué à réduire à un niveau difficilement acceptable la disponibilité des appareils. Cette situation entraîne une sur-utilisation des appareils disponibles et limite les capacités aéromobiles des forces, essentiellement dans le domaine du transport. En outre, le niveau d'entraînement des équipages a lui aussi chuté et se situe en dessous des objectifs souhaitables.

1. Une disponibilité insuffisante des appareils

Le taux de disponibilité des hélicoptères de l'armée de terre n'est pas satisfaisant.

Votre rapporteur ne reviendra pas sur la problématique générale de la baisse de disponibilité technique opérationnelle qui a affecté ces dernières années les équipements des armées, et notamment ceux de l'armée de terre. Il y a là un problème général qui a été largement commenté lors de l'examen des lois de finances successives.

Dans ce contexte général défavorable, que le ministère de la défense cherche depuis plusieurs mois déjà à redresser, la situation des hélicoptères est particulièrement critique.

S'agissant des hélicoptères de combat, le niveau de disponibilité technique opérationnelle s'était amélioré pour atteindre plus de 70% à l'été 2001. On rappellera que ce taux de 70% a été admis, depuis le changement de contexte géostratégique au début des années 1990 et compte tenu de la réduction du budget militaire, comme un niveau de disponibilité acceptable pour les matériels aériens de l'armée de terre.

Le parc Gazelle a été affecté d'un chute brutale de disponibilité à l'automne 2001 en raison de la corrosion constatée sur une pièce de la tête de rotor (faisceau torsique). Deux accidents s'étant produits sur des appareils du même type à l'étranger, les exigences de sécurité ont conduit à immobiliser à titre préventif toutes les Gazelle durant 10 jours au mois de décembre dernier, puis à engager la révision de l'ensemble du parc. Cette opération, qui se poursuit, a fait passer la disponibilité technique opérationnelle de 70% du parc lors de l'été 2001 à 40% depuis le début de l'année 2002. La situation devrait rapidement se redresser avec l'arrivée de nouvelles pièces. Toutefois, la Gazelle n'étant plus industrialisée, il a fallu relancer chez un fournisseur britannique une chaîne de fabrication pour la pièce concernée. Les pièces nouvelles devront elles-mêmes faire l'objet d'évaluations avant d'être totalement validées.

Une chute de disponibilité comme vient d'en connaître la Gazelle est pleinement admissible dès lors qu'elle répond à une exigence absolue de sécurité. Elle n'est d'ailleurs que conjoncturelle et l'on devrait, lorsque les opérations de remplacement de la pièce défectueuse auront été accomplies, retrouver les niveaux de disponibilité antérieurs. Toutefois, cet incident, et les conséquences qui en résultent en terme de diminution de capacités, sont révélateurs des difficultés qu'engendre un parc vieillissant.

Il est heureux que l'incident technique rencontré sur la Gazelle ne l'ait pas été sur le Puma. En effet, ce dernier, dans ses fonctions de transport, est davantage sollicité que les hélicoptères de combat. Une telle interruption aurait restreint plus sévèrement nos capacités opérationnelles.

Pour les hélicoptères de transport Puma et Cougar, la disponibilité technique opérationnelle continue de se situer à des niveaux critiques. S'agissant du Puma, elle n'était que de 50% au début de l'année 2001 et, après avoir avoisiné 65% à l'été 2001, elle est retombée aux environs de 60% en avril 2002. La disponibilité technique opérationnelle du Cougar était également de l'ordre de 60% à la même date.

Ce taux de 60% est insatisfaisant, même si une perspective de « sortie de crise » se dessine pour le courant de l'année 2002, avec l'arrivée de pièces de rechange. De surcroît, certains hélicoptères sont comptabilisés comme « disponibles » sans avoir la plénitude du potentiel d'heures de vol nécessaire à des missions opérationnelles ou à des exercices d'entraînement. Il semblerait qu'en se limitant aux appareils réellement aptes pour des missions ou pour l'entraînement au delà d'une certaine durée, le taux réel de disponibilité des hélicoptères de transport se situe plutôt aujourd'hui en dessous de 50%.