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Vin, santé et alimentation

12 mai 2003 : Vin, santé et alimentation ( rapport d'information sur colloque )

 

 

N° 286

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2002-2003

Annexe au procès-verbal de la séance du 13 mai 2003

RAPPORT D'INFORMATION

FAIT

au nom de la commission des Affaires économiques et du plan (1) et du groupe d'études Economie agricole et alimentaire (2) sur les Actes du Colloque « Vin, santé et alimentation » organisé par le Sénat le 6 novembre 2002,

Par MM. Gérard LARCHER et Gérard CÉSAR,

Sénateurs.

(1) Cette commission est composée de : M. Gérard Larcher, président ; MM. Jean-Paul Emorine, Marcel Deneux, Gérard César, Pierre Hérisson, Bernard Piras, Mme Odette Terrade, vice-présidents ; MM. Bernard Joly, Jean-Paul Émin, Patrick Lassourd, Jean-Marc Pastor, secrétaires ; MM. Jean-Paul Alduy, Pierre André, Philippe Arnaud, Gérard Bailly, Bernard Barraux, Mme Marie-France Beaufils, MM. Michel Bécot, Jean-Pierre Bel, Jacques Bellanger, Jean Besson, Claude Biwer, Jean Bizet, Jean Boyer, Mme Yolande Boyer, MM. Dominique Braye, Marcel-Pierre Cleach, Yves Coquelle, Gérard Cornu, Roland Courtaud, Philippe Darniche, Gérard Delfau, Rodolphe Désiré, Yves Détraigne, Mme Evelyne Didier, MM. Michel Doublet, Bernard Dussaut, Hilaire Flandre, François Fortassin, Alain Fouché, Christian Gaudin, Mme Gisèle Gautier, MM. Alain Gérard, François Gerbaud, Charles Ginésy, Francis Grignon, Louis Grillot, Georges Gruillot, Charles Guené, Mme Odette Herviaux, MM. Alain Journet, Joseph Kergueris, Gérard Le Cam, Jean-François Le Grand, André Lejeune, Philippe Leroy, Jean-Yves Mano, Max Marest, Jean Louis Masson, Serge Mathieu, René Monory, Paul Natali, Jean Pépin, Daniel Percheron, Ladislas Poniatowski, Daniel Raoul, Paul Raoult, Daniel Reiner, Charles Revet, Henri Revol, Roger Rinchet, Claude Saunier, Bruno Sido, Daniel Soulage, Michel Teston, Pierre-Yvon Trémel, André Trillard, Jean-Pierre Vial.

(2) Ce groupe d'études est composé de : M. Gérard César, président ; MM. Marcel Vidal, Jean-François Picheral, Michel Pelchat, Marcel Deneux, Daniel Soulage, Hubert Durand-Chastel, vice-présidents ; MM. Hilaire Flandre, Gérard Le Cam, secrétaires ; MM. Philippe Adnot, Bertrand Auban, José Balarello, Jean Besson, Joël Billard, Claude Biwer, Jean Boyer, Mmes Yolande Boyer, Monique Cerisier-ben Guiga, MM. Roland Courteau, Gérard Delfau, Claude Domeizel, Michel Doublet, Bernard Dussaut, Bernard Fournier, Alain Gérard, Francis Giraud, Louis Grillot, Patrick Lassourd, Jean-François Le Grand, Mme Hélène Luc, MM. Serge Mathieu, Gérard Miquel, Louis Moinard, Paul Natali, Georges Othily, Jean-Marc Pastor, Bernard Piras, Mme Gisèle Printz, MM. Charles Revet, Yves Rispat, André Rouvière, Bruno Sido, Simon Sutour, Michel Thiollière, Pierre-Yvon Tremel, François Trucy, André Vallet, André Vézinhet.

Agroalimentaire.

VIN, SANTÉ ET ALIMENTATION

C O L L O Q U E

Sous le haut patronage de

Monsieur Christian PONCELET, président du Sénat

et la présidence de

Monsieur Gérard LARCHER, sénateur des Yvelines,

Président de la commission des Affaires économiques et du Plan du Sénat

et de

Monsieur Gérard CÉSAR, sénateur de la Gironde,

Président du groupe d'études Économie agricole et alimentaire du Sénat

PALAIS DU LUXEMBOURG

Paris

Le mercredi 6 novembre 2002

Débats animés par M. Jean-Claude Larrivoire, journaliste indépendant

La Commission des Affaires économiques du Sénat et le groupe d'études sur l'économie agricole et alimentaire ont organisé, le 6 novembre 2002, un colloque intitulé « Vin, santé et alimentation ».

Ce colloque s'inscrivait dans le prolongement du rapport du groupe de travail sénatorial sur l'avenir de la viticulture française, publié en juillet 2002. Il visait à engager, avec les acteurs concernés, un débat constructif et prospectif sur des questions variées telles que l'évolution des modes de consommation du vin et la situation de la filière viticole française, mais aussi à faire le bilan de la recherche scientifique s'agissant des effets du vin sur la santé et d'en tirer les enseignements en termes de communication.

Le présent rapport d'information présente les actes de ce colloque, chaque intervenant ayant donné son accord à la transcription de ses propos telle qu'elle figure dan le présent document. La Commission des Affaires économiques en a approuvé la publication lors de sa réunion du mercredi 7 mai 2003.

ALLOCUTION D'OUVERTURE

Lecture, par M. Gérard Larcher, Président de la Commission des Affaires économiques et du Plan du Sénat, du message d'accueil
de M. Christian Poncelet, président du Sénat

« Monsieur le Président, chers collègues sénateurs, mesdames et messieurs, chers amis, sachez que vous êtes les bienvenus au sein de cette assemblée.

Je tiens, tout d'abord, à féliciter mes collègues Gérard Larcher et Gérard César pour l'intéressante idée qu'ils ont eue d'organiser un colloque sur le thème « Vin, Santé et Alimentation », en collaboration avec Gérard Delfau.

Ce thème peut apparaître provocateur pour un néophyte, mais ne l'est nullement pour un public averti comme le vôtre.

Loin est le temps où, en 1938, l'État, par le biais du ministère de l'Agriculture, réalisait des campagnes d'affichage qui faisaient rimer « Vins de France » avec « Santé, Gaieté, Espérance »... Depuis cette époque, les effets bénéfiques d'une consommation modérée de vin ont été occultés par un amalgame avec la consommation excessive. La passion est entrée dans le débat, au point qu'il est devenu difficile aujourd'hui d'aborder ce sujet de manière scientifique, impartiale et sereine.

Depuis une vingtaine d'années, les spécialistes se sont penchés sur ce qu'il est convenu d'appeler le French paradox, c'est-à-dire la relation entre le faible taux des maladies cardio-vasculaires et la consommation de vin dans certains pays européens dont les habitants sont pourtant réputés être de gros consommateurs d'aliments riches en matières grasses, comme c'est le cas de la France. À juste titre, ce sujet intéresse à la fois le monde vinicole et celui de la santé publique, les maladies cardio-vasculaires représentant la principale cause de décès aux États-Unis et constituant un important facteur de mortalité en Europe. Les recherches scientifiques sur la consommation de vin et la santé se multiplient, tant au niveau national que sur la scène internationale. Le congrès mondial de la Vigne et du Vin, qui s'est tenu en juin 2000, a permis le rapprochement entre les scientifiques, les médecins et les acteurs de la vigne, preuve de l'importance de ce sujet.

Ces travaux démontrent que, pour une consommation modérée de vin, de l'ordre de un à trois verres par jour, la mortalité cardio-vasculaire serait de 44 % inférieure à celle des non-consommateurs. Si une consommation modérée entraîne un effet relaxant sur les vaisseaux sanguins, elle apparaît aussi avoir un effet anti-oxydant permettant d'activer le système d'immuno-défense, notamment dans un certain nombre de maladies du cancer ou du virus HIV. Plusieurs pistes de recherche sont actuellement à l'étude dans le but de vérifier ces actions physiologiques, notamment aux États-Unis.

Cependant, prenons garde à ne trouver que des bienfaits à la consommation d'alcool. Il convient, en effet, de rappeler qu'elle doit être raisonnable, qu'elle concerne uniquement les vins et les spiritueux, qu'elle ne doit pas être associée à l'usage du tabac et qu'il ne faut pas systématiquement conseiller au public de consommer du vin, en particulier aux jeunes, sous prétexte que celui-ci agirait comme un remède. Le message à passer, me semble-t-il, n'est pas de commencer à boire pour vivre plus vieux, mais plutôt d'apprendre à boire de façon raisonnable et d'être conscient des bienfaits comme des dangers potentiels de l'alcool, notamment celui de la dépendance. Faire de l'exercice physique, avoir une alimentation saine et prendre le temps de déguster un verre de vin de qualité : voilà finalement le secret d'un coeur en bonne santé et d'une grande longévité.

Nous devons être particulièrement fiers de nos viticulteurs qui produisent du vin dont la qualité est en amélioration permanente.

Une rencontre comme celle-ci est de nature à favoriser la rencontre entre deux milieux professionnels qui peuvent paraître opposés - le milieu des producteurs et celui des professionnels de santé -, mais qui ont tous deux en commun le souci de la santé publique.

Je vous souhaite un plein succès pour cette manifestation. Je ne doute pas que vous vérifierez le proverbe in vino veritas, en contribuant à proposer de nouveaux savoirs et de nouveaux développements en matière de vin et de santé publique pour le troisième millénaire. »