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Familles monoparentales, familles recomposées : un défi pour la société française. Rapport d'information sur l'activité de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes pour l'année 2005-2006

 

(4) La spécificité des départements d'outre-mer (DOM)

Les modes de cohabitation dans les départements d'outre-mer apparaissent sensiblement différents de la métropole. Les couples sans personnes à charge et les personnes seules sont moins fréquents, tandis que les ménages « complexes » y sont nettement plus nombreux. En particulier, des études ont mis en évidence l'instabilité des unions et les recompositions familiales comme une caractéristique des régions des Caraïbes. Par exemple, près de 8 % des ménages guyanais pouvaient être dits « complexes » en 1999, contre 5 % dans l'hexagone.

La force des solidarités familiales outre-mer apparaît également dans la décomposition par type de ménage des bénéficiaires des minima sociaux : en métropole, les bénéficiaires du RMI sont principalement des personnes seules (près de 60 %), dont une majorité d'hommes ; dans les DOM, la proportion de personnes seules est plus faible d'une quinzaine de points.

En revanche, le poids des familles monoparentales semble très caractéristique des DOM : 36 % des bénéficiaires du RMI contre 24 % en métropole. La surreprésentation des familles monoparentales est valable pour les quatre DOM, mais est particulièrement accentuée en Guyane (45 %).

Cette forte proportion d'allocataires des minima sociaux s'explique notamment par la part élevée de chômeurs de longue durée, qui réduit « mécaniquement » le périmètre de leur indemnisation et accroît corrélativement la part des bénéficiaires du RMI.

Sur la base, notamment, du compte-rendu d'une mission effectuée du 8 au 18 septembre 2005 par une délégation de la commission des affaires sociales chargée d'étudier la situation sociale à la Réunion et à Mayotte, Mme Anne-Marie Payet a constaté devant la délégation que le nombre de mariages à la Réunion était en proportion moindre qu'en métropole. Elle a toutefois estimé qu'en raison des séquelles de la polygamie - désormais interdite, mais appelée à s'éteindre de manière progressive - les plus grandes difficultés en matière de familles monoparentales concernaient Mayotte, dont la population est à 99 % de confession musulmane. Elle a fait observer que certains hommes avaient répudié leurs femmes, qui se retrouvent désormais seules, alors que ni l'API ni le RMI n'existent à Mayotte et que les allocations familiales étaient, jusqu'à l'adoption de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2006, plafonnées à trois enfants par allocataire, ce qui s'expliquait notamment par le souci de ne pas donner l'impression de cautionner la polygamie.