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Hongrie, la facture du mensonge politique

 

B. LE POIDS DU PASSÉ

1. Les cicatrices de l'Histoire

a) Le traumatisme du Traité de Trianon

La Première Guerre Mondiale est une catastrophe pour la Hongrie qui fait partie de la Triple Alliance: après la défaite, le traité de Trianon ampute la Hongrie de la Croatie, de la Ruthénie, de la Slovaquie et de la Transylvanie, soit des deux tiers de son territoire et de plus de 60 % de sa population. Aujourd'hui encore, une partie de la population hongroise impute largement la paternité de ce funeste traité au seul Clemenceau, c'est à dire à la France. Il demeure plus de 2 millions de hongrois hors des frontières nationales, soit 20 % de la population de la République animé par le « parti des petits propriétaires ».

b) Le soulèvement de 1956

Après une transition assurée par un gouvernement de coalition plutôt libéral, les communistes montent en puissance et remportent les élections de 1949. Le régime stalinien de Matyas Rakosi met en place une puissante police politique, se lance dans des collectivisations forcées, déplace des populations et pratique des purges.

Le soulèvement populaire de 1956 est réprimé par les chars russes, qui écrasent définitivement l'insurrection le 11 novembre en faisant plusieurs milliers de morts. Janos Kadar prend alors les rennes du pouvoir et engage plus tard des réformes. Le « nouveau mécanisme économique » (1968) introduit ainsi des éléments de marché dans l'économie socialisée. On parle alors à l'étranger de « socialisme du goulasch ».

c) Une transition démocratique en douceur

Mais l'échec économique est flagrant : surendettement du pays, inflation galopante... A partir de 1985, les « réformateurs » revendiquent de profonds changements.

En mai 1988, Janos Kadar est exclu de la direction du PC et c'est le parti communiste lui-même qui initie les changements démocratiques, contrairement à ce qui se passe dans les autres démocraties populaires.

Le régime avait connu une évolution douce par suite de la « liquéfaction idéologique » et de la crise économique qui avait porté des réformateurs au pouvoir : Károly Grosz, puis Miklos Nemeth, puis, enfin, Imre Pozsgay. Selon l'ancien ministre des affaires étrangères M. Janos Martonyi, que votre rapporteur général a rencontré, c'est à partir du moment où ce dernier a osé déclarer sur la radio nationale que 1956 avait été un « soulèvement populaire » qu'était tombé un tabou qui allait faire basculer le régime.

Mais, bien qu'ils aient su gérer cette « révolution négociée », les communistes sont balayés aux élections de 1990 par le Forum Démocratique de centre-droit.

Les privatisations d'entreprises sont massives et rapides après le changement de régime. Le pays s'ouvre sur l'Europe occidentale, puis renforce ses liens avec l'Amérique et se donne comme principale priorité son adhésion aux institutions euro-atlantiques. La Hongrie rejoint l'OTAN en mars 1999 puis l'Union Européenne le 1er mai 2004.