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Approvisionnement électrique : l'Europe sous tension (rapport)

 

b) La prévention et les remèdes
(1) La prévention

En premier lieu, il est essentiel de disposer d'un plan de protection parfaitement coordonné et suffisamment sélectif pour ne déclencher, lors d'un court-circuit, que les ouvrages nécessaires à l'élimination du défaut. Ensuite, il faut disposer, en temps réel, de schémas d'exploitation suffisamment « robustes » pour éviter l'émergence du phénomène. Ceci est obtenu en appliquant la règle du « N-k » (voir l'explication page suivante) aux différents stades de la préparation de l'exploitation et de la conduite du système

(2) La surveillance

Il s'agit à ce stade de mener les actions de conduite appropriées permettant de lever les surcharges d'ouvrages apparues avant arrivée à échéance de leur temporisation de déclenchement, par manoeuvre sur le réseau ou par action sur les groupes de production (les protections de surcharge génèrent une alarme qui est rapatriée vers les dispatchings).

La règle du N-k

L'exploitant du système doit faire en sorte qu'à tout instant, le système reste viable après un aléa hypothétique sur la situation nominale conduisant à la perte de k ouvrages. Vis-à-vis de ce type d'aléa, il peut néanmoins tolérer un certain risque en fonction d'un arbitrage coût - sûreté.

La règle du N-k définit le niveau de risque maximal toléré, évalué par une valeur de référence du produit « probabilité de l'événement x profondeur de coupure » : plus la probabilité d'un événement est forte, plus la coupure admise (en MW) est faible. Si les conséquences potentielles d'un aléa sont inacceptables ou si le risque encouru est supérieur au risque maximal toléré, l'exploitant du système doit ramener la coupure prévisionnelle aux niveaux tolérés ou, si ce n'est pas possible, la minimiser, en prévisionnel et en temps réel. Pour cela, il peut mettre en oeuvre des moyens entraînant des surcoûts d'exploitation. Lorsque plusieurs solutions sont possibles, il doit chercher à minimiser les conséquences des événements redoutés.

Le schéma ci-dessous illustre l'application de la règle de sécurité standard, à savoir la règle du N-1 : le maillage du réseau permet de pallier la défaillance d'une unité de production ou de consommation.

Source : RTE

(3) Les parades ultimes

Lorsque les manoeuvres de report s'avèrent insuffisantes pour juguler les surcharges en cours, l'action ultime consiste à délester volontairement de la clientèle ou de la production.