Allez au contenu, Allez à la navigation



Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Compte-rendu des auditions (tome 2)

 

INSTITUT FRANÇAIS DE L'ENVIRONNEMENT - IFEN

Site Internet : http://www.ifen.fr

M. Bruno TREGOUËT, Directeur

(20 septembre 2006)

M. Bruno TREGOUËT, à la tête de l'Institut français de l'environnement (IFEN) depuis trois ans, a rappelé que la mission de cet institut résulte d'un décret qui le charge de collecter, produire et diffuser de l'information sur l'environnement en France ; le président de l'OPECST est membre de droit de son conseil d'administration.

Il a ensuite regretté que l'institut ne soit pas à même de répondre à la demande de l'OPECST relative aux éthers de glycol et aux polluants de l'air intérieur car la mission de cet institut ne porte que sur l'environnement extérieur, qu'il s'agisse de l'air, de l'eau, de sols ou de la nature en général.

Certes, l'IFEN s'intéresse au formaldéhyde et au benzène mais seulement au travers des pollutions extérieures résultant de ces substances ; or, celles-ci, diffuses, mal observées et mal mesurées sont donc peu utilisables pour établir des séries.

L'IFEN est le service statistique du ministère de l'Ecologie et du développement durable ; il ne se livre à aucune observation directe sur le terrain, cette information étant recueillie par d'autres acteurs : associations pour la qualité de l'air, CITEPA pour les polluants de l'air, agences de l'eau, DIREN, DDASS.

Pour l'eau, l'IFEN compare les seuils observés à ceux préconisés par la directive-cadre.

La valeur ajoutée de l'IFEN consiste à transformer l'information de base en information représentative statistiquement. Il en est ainsi pour les points d'observation de l'eau, la démarche de l'IFEN consistant à élaborer une information synthétique comparable dans le temps et dans l'espace.

Pour les pesticides, les travaux de l'IFEN se limitent aux pesticides à usage agricole. M. Bruno TREGOUËT a précisé qu'un règlement statistique européen était en préparation sur l'usage des pesticides et que le texte initial de ce règlement, qui incluait les biocides utilisés par les ménages, avait été retiré. De la sorte, le règlement à venir ne portera que sur le domaine agricole. Il est probable que l'exclusion des biocides résulte de l'absence de textes de référence européens définissant les biocides.

Actuellement, la Commission prépare un texte sur les pesticides ; il est donc logique que le règlement statistique sur le même thème ne vienne qu'ensuite, même si la direction générale Environnement a insisté pour qu'il en soit autrement. A cet égard, M. Bruno TREGOUËT a estimé que le projet initial de règlement statistique européen, excessivement compliqué, risquait de générer une surcharge de travail considérable.

Interrogé sur l'éventuelle extension de la mission de l'IFEN à l'environnement intérieur, M. Bruno TREGOUËT a noté que l'IFEN avait déjà du mal à faire face à sa mission relative à l'environnement extérieur.

A propos de la durée de vie d'un produit polluant, M. Bruno TREGOUËT a précisé que cet aspect n'était pas suivi par l'IFEN, mais l'était peut-être par le CEMAGREF à travers les produits de protection des plantes et les engrais. A cet égard, il a précisé que l'on pensait toujours aux produits utilisés en agriculture mais qu'il fallait compter également avec les produits utilisés en milieu urbain, par exemple par les collectivités territoriales, la SNCF ou encore les jardins familiaux et qu'en outre il ne fallait pas oublier les scenarii d'application des produits.

En réponse à une question sur le budget de l'IFEN, M. Bruno TREGOUËT a noté qu'il ne connaissait aucun problème, mais que, avec seulement une soixantaine de personnes, la question des effectifs demeurait préoccupante. Il a observé par ailleurs que l'exposition de l'IFEN sur les quais de la station de métro « Sèvres-Babylone » serait à simplifier avec l'aide d'un spécialiste de la communication. Il a indiqué que cette exposition ne donnait pas lieu au versement d'une redevance à la RATP car le ministère de l'Ecologie avait négocié ces espaces.

Interrogé sur les particules des véhicules automobiles, il a précisé que les chiffres du rapport de l'IFEN provenaient des mesures effectuées par le CITEPA et que les ménages sont responsables d'une part importante des émissions issues des véhicules comme d'ailleurs de l'habitat. De plus, les émissions de particules en provenance des ménages augmentent en dépit des progrès liés aux véhicules eux-mêmes. De fait les trajets domicile-travail en véhicule personnel se multiplient, notamment avec des véhicules diesel. Les documents de synthèse de l'IFEN mentionnent que les véhicules particuliers représentent 10 % de l'émission des particules dites pm10 provenant surtout des diesel et que les camions et les deux-roues sont très polluants.

M. Bruno TREGOUËT a confirmé qu'il n'existait pas d'équivalent de l'IFEN pour l'air intérieur.

Il a ensuite insisté sur l'importance de la vulgarisation des données concernant l'environnement qu'il serait souhaitable de diffuser depuis les instances internationales jusqu'au particulier et sur la nécessité pour les auteurs de l'IFEN d'être sensibilisés à l'intérêt d'une écriture adaptée au public comme à l'amélioration de la diffusion des documents. Il a ajouté que l'IFEN n'était pas un institut scientifique, même s'il a pour tâche de diffuser des informations sur des sujets très complexes. Il s'est réjoui des efforts accomplis par les auteurs de l'IFEN avec l'aide d'une cellule spécialisée comme en témoigne le site web.

Les produits de l'IFEN consistent en synthèses élaborées à partir de chiffres pour répondre à des questions simples tout en restant rigoureux, compréhensible et sans parti pris.

L'IFEN publie notamment une dizaine de « 4 pages » par an visant les élus et la presse, ils sont disponibles sur son site gratuitement et 4.000 versions papier sont diffusées.

Interrogé sur les liens entretenus par l'IFEN avec l'INPES, M. Bruno TREGOUËT a dit qu'il ne connaissait pas l'INPES et que l'IFEN ne visait pas le grand public.

L'IFEN explique mais il n'est ni prescripteur ni donneur d'alerte ; par exemple, sur les particules, il appartiendrait aux préfets de lancer une alerte si nécessaire. De son côté l'IFEN n'a pour mission que de dire ce qui est, par exemple dans le cas de la grippe aviaire, l'information fournie par l'IFEN a porté sur le périmètre des zones humides où se posent les oiseaux migrateurs.