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A quoi sert le baccalauréat ?

 

DEUXIÈME PARTIE - AU-DELÀ DU BACCALAURÉAT, LES BACCALAURÉATS

Si, dans les esprits, le baccalauréat est un examen dont l'unicité ne fait aucun doute, puisqu'on parle toujours du baccalauréat, qu'il s'agisse de le louer ou de le remettre en cause, cette unicité n'est qu'apparente. Loin d'être un et indivisible, le diplôme-phare qu'est le baccalauréat se décline en une infinité d'espèces, qui ont chacune leurs singularités.

C'est sans doute une des forces du baccalauréat que d'être parvenu à se pluraliser ainsi au fil de son histoire sans jamais perdre, aux yeux de l'opinion, le caractère d'un examen unique. Aussi le jeune bachelier vient-il d'avoir « son baccalauréat », et non tel ou tel, et la filière qu'il a pu suivre n'est alors mentionnée que pour mémoire.

Ce sentiment d'unité, combiné à l'idée commune selon laquelle le baccalauréat est obtenu peu ou prou par tous les jeunes ou presque, contribue sans doute à donner une idée fausse du baccalauréat, examen généraliste que tous obtiendraient. Derrière le rituel social, il y a en effet une réalité scolaire très différenciée, que tous les élèves ne connaissent pas nécessairement.

Faire l'état des lieux du baccalauréat, c'est donc aller au-delà de l'image la plus répandue et prendre la mesure de la diversité des baccalauréats. Cela est d'autant plus nécessaire que quiconque ne prête pas attention à la pluralisation du baccalauréat ne peut saisir les enjeux particuliers associés au développement et au fonctionnement de tel ou tel type de baccalauréat.

Plus encore, si la diversification du baccalauréat a largement permis sa démocratisation, elle a également partiellement empêché la démocratisation de tous les baccalauréats. Derrière la pluralité des filières, il y a en effet aussi une hiérarchisation latente, qui fait à l'évidence problème.

Car si l'existence des différents baccalauréats est sans doute une nécessité, il n'est pas satisfaisant qu'elle puisse faire naître ainsi une forme de hiérarchie. Ici encore, la valeur sociale du baccalauréat doit trouver un relais dans les réalités éducatives et il importe sans doute de garantir à chaque bachelier que le diplôme qu'il aura obtenu aura bien une égale dignité et une égale valeur quelle que soit la filière qu'il fréquente.

I. UNE DÉMOCRATISATION ENCORE INACHEVÉE

A. L'OBJECTIF DE 80 % D'UNE GÉNÉRATION AU NIVEAU DU BACCALAURÉAT N'A PAS ÉTÉ ATTEINT

1. 64 % d'une génération seulement obtiennent le baccalauréat

A rebours de certaines idées préconçues, le groupe de travail a également constaté que le baccalauréat était loin d'être devenu une formalité pour les jeunes adultes qui le préparent. Selon un sondage récemment publié par le magazine Phosphore, seuls 18,4 % des lycéens interrogés trouvent le baccalauréat facile. L'immense majorité des élèves éprouve ainsi une certaine inquiétude, voire une inquiétude certaine, à l'idée de le passer.

Cela se conçoit d'autant plus aisément que le taux d'accès d'une génération au baccalauréat stagne depuis plus de dix ans, en demeurant largement supérieur à 60 %. Le baccalauréat général, référence implicite de tous les discours critiques portant sur l'examen, ne concerne quant à lui qu'un peu plus de 34 % des jeunes Français.

A cet égard, la confusion dans les esprits du taux de réussite à l'examen - 83,3 % en moyenne pour l'ensemble des séries en 2007 - et le taux d'accès d'une génération au baccalauréat - 64,2 % en 2006 - conduit l'opinion publique à surestimer la proportion de bacheliers parmi les jeunes Français.

De fait, 36 % des jeunes n'obtiennent toujours pas le baccalauréat et 65,4 % n'accèdent pas au baccalauréat général. 17,2 % d'une génération obtient quant à elle un baccalauréat technologique et 12,3 % un baccalauréat professionnel.

Quand au taux de réussite, s'il est sans doute élevé, il doit être ramené au nombre de candidats pour prendre sa pleine signification : en 2007, 626 000 candidats passaient le baccalauréat et parmi eux, 521 000 l'ont obtenu, ce qui signifie donc que 105 000 élèves ont échoué.

A l'évidence, il semble difficile de qualifier de simple formalité un examen qu'un nombre aussi significatif d'élèves rate chaque année. Sans doute les candidats qui échouent ainsi une première fois obtiennent-ils leur diplôme au bout de la deuxième, voire de la troisième tentative : cela n'enlève rien au fait que près de 100 000 lycéens doivent s'y reprendre à plusieurs fois avant de l'obtenir.