Allez au contenu, Allez à la navigation



La défense antimissile balistique : bouclier militaire ou défi stratégique ?

6 juillet 2011 : La défense antimissile balistique : bouclier militaire ou défi stratégique ? ( rapport d'information )
3. L'alliance européenne au travers de l'OTAN

En 2002, sous l'impulsion américaine, l'Alliance atlantique adopte, lors du sommet de Prague une déclaration politique lançant l'étude de faisabilité d'une défense antimissile balistique relative à la protection du territoire, des forces et des centres de population de l'Alliance.

En 2004, au sommet d'Istanbul les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN donnent pour instruction de poursuivre sans délai les travaux liés à la défense contre les missiles balistiques de théâtre. En 2005, l'Alliance décide du lancement du programme intitulé Active Layered Theater Ballistic Missile Defense (ALTBMD). Ce programme est en cours de déploiement.

A compter de 2007, la question est posée d'une contribution de l'OTAN en complément des déploiements de systèmes antimissile prévus par les Etats-Unis en Europe centrale, ces derniers étant destinés à la protection du territoire américain mais pouvant également assurer la couverture d'une partie du territoire européen.

Enfin en septembre 2009, le Président Obama propose dans une initiative intitulée European phased adaptive approach (EPAA) d'étendre la protection anti-balistique américaine aux nations européennes et de fusionner l'ensemble des systèmes - d'une part, la défense de théâtre et, d'autre part, la défense de territoire - dans un système unique.

C'est sur la base de cette offre que les nations de l'Alliance ont décidé au sommet de Lisbonne en novembre 2010 le principe d'une future défense antimissile territoriale de l'OTAN.

Les DAMB de l'alliance asiatique et des alliances du Moyen-Orient sont hors champ du présent rapport. Néanmoins, leur existence ne peut être ignorée. Des trois alliances l'alliance européenne, au travers de l'OTAN, est celle qui s'est constituée le plus tardivement, car c'est celle dans laquelle les opinions publiques se sentent le moins menacées.

Ensemble ces trois alliances constituent les maillons régionaux d'une chaîne d'alerte destinée in fine à assurer la protection du territoire américain. La présentation de la Missile Dfense Agency sur la « Homeland Defense System Status » ne dit pas autre chose en incluant ces trois sous-systèmes dans une approche planétaire centrée sur les Etats-Unis (voir annexes introductives).

La DAMB joue ainsi un rôle structurant dans les relations internationales d'une force comparable voire supérieure à celui que joua la dissuasion nucléaire pendant la guerre froide. Elle introduit une relation entre les Etats-Unis, protecteurs, et les autres nations alliées, protégées, qui placent celles-ci dans une position difficile pour aller à l'encontre des décisions américaines les plus importantes. Elle permet ainsi aux Etats-Unis de se placer sans conteste à la tête d'une alliance mondiale (« the free world ») dont le nom fait ressurgir le souvenir de la ligue Athénienne.

L'intégration dans cette alliance est d'autant plus alléchante qu'outre la sécurité qu'elle apporte, elle offre de nombreuses possibilités de coopération commerciale et prend l'allure d'une vaste cathédrale industrielle où chaque nation désireuse de le faire peut apporter sa contribution, qu'il s'agisse d'une rosace ou d'une simple pierre.