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La défense antimissile balistique : bouclier militaire ou défi stratégique ?

6 juillet 2011 : La défense antimissile balistique : bouclier militaire ou défi stratégique ? ( rapport d'information )
(3) Niveau 3 d'ambition : l'alerte spatiale et les intercepteurs exo-atmosphériques ?

Un niveau d'ambition plus élevé consisterait à se doter d'un système d'alerte avancée spatiale, voire d'intercepteurs exo-atmosphériques. Toutefois, en se plaçant exclusivement d'un point de vue militaire, on doute de l'utilité de pousser jusque là l'ambition nationale.

En premier lieu, parce notre évaluation de la menace nous conduit à penser que la probabilité que le territoire européen fasse l'objet, dans un horizon de dix à quinze ans, d'une attaque balistique en provenance du Moyen-Orient est faible.

En second lieu, parce que l'Alliance disposera à cet horizon des satellites d'alerte américains SBIRS et TPSS, du ou des radars AN/TPY-2 ainsi que des moyens d'interception exo-atmosphériques en cours de déploiement : frégates Aegis et « Aegis Ashore » ; d'un point de vue militaire, le satellite d'alerte avancée et les missiles exo-atmosphériques dupliqueraient des capacités existantes ; certes cela apporterait de la redondance et donc de la robustesse au système, mais le rapport coût-avantage n'est pas favorable à une décision positive.

Enfin, parce qu'en cas d'attaque balistique intercontinentale, nous entrerions dans le champ de la dissuasion. Notre force de frappe dans sa globalité - c'est-à-dire les deux composantes de la dissuasion nucléaire mais aussi notre arsenal de missiles de croisière conventionnels - suffirait à dissuader les assaillants potentiels. Une attaque nucléaire appellerait une riposte nucléaire. Une attaque conventionnelle appellerait une riposte conventionnelle. Dans les deux cas à des niveaux de dommage tels pour l'assaillant qu'il n'aurait aucun intérêt à nous attaquer.