Allez au contenu, Allez à la navigation



Perturbateurs endocriniens, le temps de la précaution

12 juillet 2011 : Perturbateurs endocriniens, le temps de la précaution ( rapport de l'opecst )
2. La fécondité féminine

Chez la femme, sans qu'ait émergé un syndrome synthétique ou particulier, les gynécologues et les chercheurs s'interrogent sur l'augmentation de l'incidence de certaines maladies ou sur des évolutions comme l'âge de la puberté ou de la ménopause.

a) L'âge de la puberté et de la ménopause évolue-t-il ?

L'âge de la puberté et de la ménopause sont importantes car elles induisent d'importantes conséquences sur la santé des femmes.

Une puberté précoce (9-11 ans) est de nature à favoriser le cancer du sein, de l'ovaire ou l'hypertension artérielle. En revanche, lorsqu'elle est tardive (13-15 ans), elle diminue le risque de l'obésité et du diabète mais affaiblirait la fertilité.

L'âge de la ménopause est lui aussi déterminant. Précoce (avant 45 ans), elle est un facteur d'ostéoporose, de maladies cardiovasculaires et de mortalité. Au-delà de 55 ans au contraire, elle favoriserait le cancer du sein ou de l'ovaire.

L'évolution de l'âge de la puberté a fait l'objet de nombreuses études aux États-Unis et également au Danemark autour de Niels-Erik Skakkebaek. Ces travaux montrent un rajeunissement pour les filles. Une puberté avant 8 ans toucherait 1 fille sur 5 000.

On estime aujourd'hui que, dans les pays occidentaux, l'âge de la puberté s'abaisse de 0,3 an par décennies (Norvège, Finlande, États-Unis) et de 0,18 an en France.

En revanche, l'âge de la ménopause semble peu évoluer et reste stable autour de 50 ans.

b) L'endométriose

L'endométriose est une maladie liée à la présence de muqueuse utérine en dehors de l'utérus. Cette maladie atteindrait de l'ordre de 10 à 15 % des femmes. Les gynécologues semblent observer une augmentation de son incidence sans toutefois que l'on dispose de données historiques fiables compte tenu de l'important biais lié au diagnostic. Il est en revanche certain qu'elle fait l'objet d'un plus grand nombre de consultations.

c) Le syndrome des ovaires polykystiques

Le syndrome des ovaires polykystiques toucherait 7 % des femmes en âge de se reproduire mais beaucoup plus chez les obèses. 50 % des femmes atteintes de ce syndrome seraient obèses et auraient une insulinorésistance. Au total dans le monde ce serait 105 millions de femmes qui en souffriraient dont la moitié aurait un problème de fertilité.

Selon le Pr Bouchard, la maladie semble induite par une exposition à des facteurs environnementaux dans la vie foetale conduisant à une hyperandrogénie qui elle-même prédispose à son déclenchement une fois adulte. A ce phénomène s'ajoute des prédispositions génétiques. Une soeur sur deux serait atteinte mais ce serait l'obésité qui serait le déclencheur de la maladie. Cette hypothèse est confirmée par les résultats chez le singe et le mouton.

*

L'enjeu de cette inquiétude sur la fertilité est considérable. En 2008, Remy Slama et Henri Leridon estimaient qu'une baisse de 15 % de la fécondabilité (la durée pour concevoir naturellement) entraînerait une augmentation de près de 70 % du nombre des couples susceptibles de recourir à une AMP. Ce serait donc près d'un couple sur 5 qui aurait alors recours à une aide médicale pour se reproduire.