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Les plantes médicinales et l'herboristerie : à la croisée de savoirs ancestraux et d'enjeux d'avenir

25 septembre 2018 : Les plantes médicinales et l'herboristerie : à la croisée de savoirs ancestraux et d'enjeux d'avenir ( rapport d'information )

II. UNE FILIÈRE À FORT POTENTIEL : SOUTENIR UNE PRODUCTION FRANÇAISE D'EXCELLENCE ET ÉCO-RESPONSABLE

La France produit depuis des siècles des plantes médicinales. D'un point de vue économique et agricole, cette production est englobée dans la filière des plantes à parfum, aromatiques et médicinales, les PPAM. Cela traduit la difficulté à distinguer chacune de ces catégories en raison du caractère très fréquemment multi-usages des plantes, quoique chaque catégorie réponde à des logiques de marché différentes.

Portée par des marchés dynamiques, la production des PPAM connaît une croissance et une attractivité singulières dans le monde agricole, participant ainsi à la revitalisation de certains territoires ruraux.

À l'interface du monde des plantes sauvages et de celui des plantes cultivées, la filière se situe au coeur d'enjeux importants, non seulement pour le développement local et socio-économique des territoires, mais également pour la préservation de la biodiversité. Pour les outre-mer en particulier, en raison de leur richesse végétale exceptionnelle mais encore insuffisamment reconnue et valorisée, cette filière constitue un levier de développement à considérer à sa juste valeur.

Ces constats conduisent votre mission d'information à avancer des propositions pour soutenir une filière française exigeante, en réponse à des attentes sociétales et face à la concurrence internationale.

A. UNE FILIÈRE AGRICOLE MODESTE MAIS DYNAMIQUE 

La filière des PPAM, quoique très hétérogène, présente de sérieux atouts : fortement ancrée dans les territoires, axée sur des marchés porteurs, elle jouit d'une certaine attractivité. Elle est toutefois confrontée à des défis de taille dans un secteur fortement concurrentiel, qui appellent à renforcer le soutien à ses acteurs et à favoriser leur structuration.

1. Les « PPAM », une croissance singulière dans le monde agricole
a) Une augmentation de 40 % des surfaces cultivées depuis 2010

La filière des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) ne figure pas parmi les grandes filières agricoles françaises. Et pour cause : elle représente moins de 1 % de la surface agricole utilisée sur le territoire français.

D'après le plan de filière transmis en décembre 2017 au ministre en charge de l'agriculture, plus de 3 500 exploitants agricoles sont investis dans cette culture qui représente un chiffre d'affaires agricole de près de 150 millions d'euros, soit 0,2 % de la valeur de la production agricole française. Le marché de produits finis qui en sont issus était quant à lui estimé, au milieu des années 2000, à environ 4 milliards d'euros et 30 000 emplois directs et indirects.

La filière PPAM se caractérise par un dynamisme quasi-unique dans le monde agricole, qui contraste avec la tendance générale à la régression de la surface agricole : les surfaces cultivées en PPAM ont ainsi été multipliées par 2,5 en un quart de siècle, soit une augmentation de 3,4 % par an, tandis que, dans le même temps, la surface agricole utile totale a diminué en France de 6 %.

Cette croissance connaît une accélération depuis 2010 en s'approchant d'un taux de + 6 % par an : les surfaces cultivées en PPAM sont ainsi passées de 38 000 à plus de 53 000 hectares entre 2010 et 2016, en hausse de 40 %.

Évolution de la surface agricole cultivée en PPAM en France (en hectares)

Source : FranceAgriMer, recensements agricoles et déclarations PAC (politique agricole commune) 

Cette dynamique concerne l'ensemble des types de production, principalement les plantes aromatiques et, dans une moindre mesure, les plantes médicinales, même si ces typologies conservent un caractère artificiel compte tenu du caractère multi-usage des produits. Le thym, classé comme plante aromatique, est aussi un remède contre le rhume.

Répartition de la surface agricole par type de production

Surfaces (en ha)

2010

2016

Évolution 2010/2016

Plantes à parfum

20 000

25 434

27%

Plantes aromatiques

2 500

6 255

150%

Plantes médicinales

15 500

21 505

39%

PPAM

38 000

53 194

40%

Source : FranceAgriMer, recensements agricoles et déclarations PAC

b) Une filière attractive, levier de diversification de l'activité agricole

L'augmentation de la surface agricole utile n'est pas imputable à une extension des surfaces cultivées par les producteurs déjà installés : en effet, la surface moyenne demeure stable à environ 7,5 hectares par exploitation. Elle repose sur de nouvelles installations, ce qui démontre l'attrait de la filière pour la profession agricole : depuis 2010, le nombre de producteurs de PPAM a augmenté de 16 % selon FranceAgriMer.

Un grand nombre de ces nouveaux producteurs se lancent dans cette culture le plus souvent pour diversifier leur production afin de sécuriser leurs revenus. Un sondage diligenté par FranceAgriMer en 2013 montre ainsi que les trois quarts des exploitants ayant déclaré des surfaces agricoles en PPAM le font à titre de diversification, notamment avec de l'élevage, du maraîchage ou de la grande culture.

Ces démarches sont intéressantes dans la mesure où les bénéfices tirés de la diversification des cultures, en assurant la production de plantes en rotation avec d'autres cultures, sont nombreux (rendements, qualité des produits et des sols, revalorisation de la paysannerie...).

Un autre moteur des installations réside dans l'intérêt pour la nature particulière des plantes cultivées de la part de jeunes agriculteurs, souvent des « néo-ruraux », désirant démarrer leur activité avec la production de PPAM. Pour Thierry Thévenin, porte-parole du syndicat des Simples : « Notre métier est très porteur, comme en témoigne le nombre de jeunes désireux de s'installer malgré les difficultés ». Ce sont notamment les nouveaux modes de production et de distribution, où la filière est exemplaire, qui se révèlent attractifs : comme l'a souligné Vincent Segretain, producteur-cueilleur, pour la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB), « les producteurs en circuit court disent recevoir de plus en plus de jeunes, stagiaires, qui souhaitent s'installer en circuit court ». Ces primo-installations sont facilitées par le fait que la production de PPAM ne nécessite pas une mobilisation importante de la ressource foncière.

c) Une dynamique à accompagner par un renforcement de l'offre de formation professionnelle agricole

Pour les agriculteurs souhaitant s'installer ou diversifier leur activité avec la culture de PPAM, l'offre de formation repose principalement sur quatre centres de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) spécialisés dans les PPAM, situés à Nyons (Drôme), Marmilhat (Auvergne), Saint-Ismier (Isère) et Montmorot (Jura).

Ces centres proposent une formation longue (environ 1 000 heures) de brevet professionnel de responsable d'exploitation agricole (BPREA) ou des formations plus courtes de spécialisation, sur certains aspects de la production ou de la transformation.

Pour plusieurs personnes auditionnées, cette offre de formation s'avère insuffisante pour répondre à la demande et aux besoins.

Par ailleurs, comme cela a été relevé lors du déplacement de votre mission d'information dans la Drôme et de sa visite au CFPPA de Nyons, les formations théoriques gagneraient à s'enrichir systématiquement d'une immersion pratique au sein d'exploitations, en raison de l'importance, dans ces types de cultures, des savoirs traditionnels. Les producteurs ont en effet une connaissance approfondie - aussi bien botanique que sensible, par l'expérience de plusieurs années de récoltes - des plantes qu'ils cultivent. Ils maîtrisent les principales caractéristiques agronomiques de leur sol, connaissent les besoins de leurs plantes en fonction de leur nature et savent quelles sont les meilleures conditions de production. Ils adaptent, plante par plante, jusqu'à l'heure de la cueillette afin de maximiser le principe actif qu'elle contient.

Des producteurs entendus par votre mission d'information ont exprimé un désir de transmission profond : pour Thomas Echantillac, de l'Association française des professionnels de la cueillette (AFC), « ce lien direct à la nature, qui nous anime, nous donne plusieurs fonctions : nous sommes les maillons d'une chaîne de transmission de savoirs et savoir-faire anciens ».

Ces stages pourraient figurer obligatoirement dans les plans de professionnalisation personnalisés, point de passage pour les agriculteurs venant à s'installer en vue de l'obtention des aides agricoles, ou s'inscrire dans d'autres dispositifs tournés vers les petits producteurs comme le « stage paysan créatif ». Le modèle de l'alternance est par ailleurs une piste intéressante à explorer.

Proposition n° 4 : Développer l'offre de formation professionnelle agricole spécialisée dans la culture de PPAM, en y incluant des stages pratiques en exploitation

2. Une production variée sur l'ensemble du territoire, associée à des bassins historiques

D'après les données de FranceAgriMer, qui ne portent que sur le territoire métropolitain, plus de 120 espèces végétales seraient cultivées, et plus de 300 espèces sauvages ou cultivées seraient cueillies.

Comme votre rapporteur le soulignera plus loin, cela ne prend pas en compte la grande diversité de la ressource végétale des outre-mer. Il est à cet égard regrettable que les données officielles n'incluent pas ces territoires.

La diversité des plantes se retrouve dans la diversité des bassins de production en France, qui comptent certains bassins historiques en fonction des cultures. Sur les 96 départements de France métropolitaine, 65 comptent au moins 10 hectares de surfaces agricoles liées aux PPAM.

Les principales cultures sont localisées en région Centre et Aquitaine (pavot, gingko), en Provence (lavande sur 3 500 hectares, lavandin sur 16 000 hectares, sauge sclarée sur 1 000 hectares), dans le Maine-et-Loire (plantes médicinales comme la camomille, la valériane ou le mélilot), en Auvergne (gentiane, narcisses), en Bourgogne (bourgeon de cassis), en Île-de-France (thym, sarriette, origan) ou encore dans les Vosges (arnica montana).

Les plantes façonnent les paysages de ces régions et marquent les cultures et traditions locales, en particulier dans les zones de montagne.

Les principaux bassins de production de PPAM en France métropolitaine

Source : FranceAgriMer et déclarations PAC

En ce qui concerne plus spécifiquement les plantes médicinales, cette catégorie rassemble d'après FranceAgriMer plus de 100 espèces cultivées. Près des deux tiers des surfaces agricoles sont dédiées à la culture du pavot oeillette (13 000 hectares) ou du ginkgo biloba - dit « arbre aux quarante écus » - pour l'industrie pharmaceutique. Le reste recouvre une réalité plurielle de productions dont il est difficile d'avoir une vision détaillée, les déclarations PAC ne donnant pas de nomenclature précise permettant de recenser les espèces.

Plusieurs départements, comme la Marne, l'Aube, l'Eure-et-Loir ou encore le Maine-et-Loire, se distinguent par un fort dynamisme des superficies dédiées aux PPAM depuis 2010, en particulier aux plantes médicinales.

Évolution de la production de PPAM en France métropolitaine

Source : FranceAgriMer et déclarations PAC

3. Des acteurs et des marchés hétérogènes

Au sein de la filière, plusieurs modèles économiques - en circuits longs ou en circuits courts - le plus souvent complémentaires, cohabitent, en fonction des espèces cultivées et des territoires.

a) Des filières intégrées du producteur à l'industriel

Une partie de la filière est structurée autour d'une chaîne allant du producteur à l'industrie consommatrice de produits à base de plantes, qu'elle opère dans le domaine pharmaceutique, agroalimentaire, cosmétique ou encore dans les produits d'entretien :

- au début de la chaîne, le producteur s'investit dans la transformation pour capter de la valeur ajoutée. Comme l'ont relevé les représentants de FranceAgriMer, la France se distingue des autres pays européens en ce que le producteur réalise le plus souvent lui-même la première transformation, par le séchage et, parfois, la distillation ;

- une fois le produit transformé, il transite par des grossistes ou négociants avant d'atteindre selon les cas une première industrie transformatrice, par exemple les fabricants d'extraits végétaux ou de compositions parfumantes ;

- les industries utilisatrices de la matière végétale élaborent enfin les produits finis à destination des consommateurs.

Certaines productions s'inscrivent totalement dans ce modèle de filière intégrée, fondé sur le recours à la contractualisation, le plus souvent pluriannuelle, entre l'amont (le producteur) et l'aval (l'industriel). Cela assure en général l'écoulement de gros volumes de production en permettant une spécialisation des producteurs et une sécurisation de leurs revenus par un partage des risques, par exemple en cas d'aléa de production. D'après les données de FranceAgriMer, le recours à la contractualisation est de 100 % pour la culture du pavot oeillette, utilisé par l'industrie pharmaceutique, ainsi que pour les plantes aromatiques et médicinales fraîches ; il n'est que de 20 % pour les plantes médicinales et aromatiques sèches, ayant moins de contraintes de conservation, ou pour les huiles essentielles.

Cette organisation peut contribuer à tisser un lien fort au niveau des territoires entre acteurs économiques et producteurs. C'est ce qu'ont mis en avant notamment, lors de leur audition par votre rapporteur, les représentants du groupe Larena19(*), installé dans l'Allier au sein d'un naturopôle qui a contribué à revitaliser une zone rurale.

b) Une part croissante de petits producteurs engagés dans la vente directe

Un autre modèle économique, principalement dans le domaine des plantes médicinales, est incarné par les petits producteurs engagés dans des circuits courts, combinant parfois une activité de culture sur de petites surfaces (1 à 2 hectares) avec une activité de cueillette de plantes sauvages.

Selon le dernier recensement agricole, plus de la moitié des exploitations investies en PPAM ont une surface inférieure à 5 hectares.

Comme l'ont relevé les représentants de la Confédération paysanne, « les petits producteurs, en raison de la taille de leur exploitation, se heurtent à un effet de seuil : jusqu'à 5 hectares, ils sont en mesure de maintenir une grande variété de plantes cultivées, allant de 30 à 50 espèces ; mais cela entraîne un faible volume de produits pour chaque plante, avec des lots de taille insuffisante pour la commercialisation en marchés de gros ou de demi-gros. » Vincent Segretain, pour la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB), a rappelé que 69 % des producteurs de PPAM en agriculture biologique produisent entre 10 et 50 espèces, certains passionnés allant bien au-delà (2 % en produisant plus de 200).

Ces producteurs ont quasi-systématiquement recours à la vente directe, à la ferme, sur des marchés ou des foires, par l'intermédiaire de boutiques, coopératives ou via la vente en ligne.

Ce modèle comporte des avantages.

D'une part, il permet aux agriculteurs de mieux capter la valeur ajoutée de leurs productions, en procédant à une transformation simple des plantes (en hydrolats, baumes, huiles essentielles...), ce qui contribue à revaloriser la profession agricole en véritable métier d'artisan. Comme l'a relevé Thierry Thévenin, porte-parole des Simples, « aujourd'hui en France, quand on est agriculteur, on est avant tout un professionnel délivrant des matières premières à l'industrie ou à des détaillants. Or, de plus en plus d'agriculteurs veulent désormais suivre leurs produits de bout en bout ».

D'autre part, en matière d'aménagement du territoire, il entretient un écosystème local en sauvegardant des emplois agricoles dans des zones fréquemment délaissées par l'agriculture conventionnelle et en renforçant les liens sociaux entre producteurs et consommateurs, urbains et ruraux. Une productrice l'a souligné : « L'avantage d'être positionnée en circuit court, c'est la proximité avec le consommateur. Nous savons pour qui nous prenons soin de nos plantes. Derrière le geste, il y a des noms et des visages. Parallèlement, les personnes qui achètent nos plantes savent l'importance que nous leur donnons et la considération que nous leur portons »20(*).

Ces acteurs témoignent d'une passion pour leur métier et pour les plantes qu'ils produisent, indispensable pour exercer une activité difficile et exigeante en raison notamment de la faible mécanisation de la production.

Ce modèle en circuits courts se heurte toutefois à des freins : un frein structurel du fait de la géographie de la production, essentiellement basée dans des territoires ruraux isolés ou en moyenne montagne qui ne sont pas des bassins où les débouchés sont les plus nombreux ; surtout, un frein réglementaire (cf. partie III) lié au cadre juridique complexe de la commercialisation des produits à base de plantes.

4. Une filière exposée à une concurrence internationale forte

· La production de PPAM présente des caractéristiques particulières. Compte tenu de procédés de récoltes qui s'assimilent parfois à de la cueillette, elle est fortement consommatrice de main d'oeuvre.

Ce modèle expose la filière à la concurrence des importations venues de pays à plus bas coûts de production.

Ainsi que l'ont souligné les représentants de la Confédération paysanne, les distorsions de prix sont souvent défavorables aux productions françaises : à titre d'exemple, le tilleul de Chine est vendu 5 euros le kilogramme contre environ 100 euros pour le tilleul français. Les situations diffèrent selon l'orientation des cours sur les marchés.

La hausse des cours sur certaines plantes attire les appétits de producteurs de pays où les coûts de production sont plus faibles, entraînant une perte de parts de marché de la production française au niveau international. Votre mission d'information a constaté lors de son déplacement dans la Drôme que cela concerne une production « phare » comme la lavande : la surface agricole consacrée à la lavande a été multipliée par trois en Bulgarie entre 2009 et 2017, phénomène qui sera renforcé ces prochaines années compte tenu des plantations massives effectuées dans le Nord-Est bulgare au cours des deux dernières années. La Bulgarie est devenue le leader du marché de la lavande, détrônant la France, qui a certes été dans le même temps confrontée au phytoplasme du stolbur21(*) ayant considérablement réduit les récoltes provençales. Le même phénomène existe pour la camomille ou la mélisse.

La situation est plus critique pour les plantes dont les cours sont structurellement bas. Le représentant du syndicat des Jeunes agriculteurs, producteur d'ylang-ylang à Mayotte, a souligné lors de son audition la baisse de cette production en raison de la concurrence de pays comme les Comores ou Madagascar : « avec des cours mondiaux d'huile essentielle à 100 ou 120 euros le litre, le coût de production à Mayotte est de l'ordre de 180 à 200 euros par litre ». En conséquence, la production mahoraise est passée « de 26 tonnes en 1993 à moins de 500 kilogrammes aujourd'hui ».

· La France a ainsi recours massivement à l'importation de plantes alors même qu'elle bénéficie, notamment par la richesse ultramarine, d'une biodiversité exceptionnelle.

Les membres de votre mission d'information ont été frappés d'entendre que ces importations représenteraient de 70 à 80 % des volumes de plantes utilisés en France. Cette donnée ne figure toutefois dans aucune étude statistique précise ou officielle22(*).

Tandis que la France exporte chaque année environ 6 000 tonnes de plantes médicinales, elle en importe plus de 20 000 tonnes par an pour une valeur d'environ 80 millions d'euros, principalement en provenance du Maroc, de Chine ou d'Inde. Le volume des importations est néanmoins stable dans le temps. Celles-ci concernent en particulier les secteurs des plantes aromatiques et médicinales, qui, même s'ils se développent à l'échelle nationale, ne suffisent pas à approvisionner les marchés.

Si des importations portent sur des plantes exotiques peu présentes sur le territoire français, une partie d'entre elles se tournent désormais vers des plantes moins chères produites à l'étranger au détriment des productions nationales. En atteste l'importation massive de thym polonais ces dernières années, y compris pour les mélanges d'herbes de Provence finalement bien peu provençales.

Dans ce contexte, de nombreux acteurs entendus par votre mission ont souligné la nécessité d'accompagner le développement pérenne et durable d'une filière à fort potentiel, en favorisant la structuration de ses acteurs et en valorisant ses atouts, à savoir sa contribution à l'aménagement des territoires, au développement local et à la préservation de la biodiversité végétale.


* 19 Ce groupe réunit notamment la marque PiLeJe (phytothérapie et micronutrition).

* 20 Catherine Segretain, productrice de plantes médicinales en Auvergne, pour le Mouvement d'agriculture biodynamique (cf. compte rendu de la table ronde, 6 juin 2018).

* 21 Maladie bactérienne des plantes transmises par des insectes, le plus souvent des cicadelles.

* 22 Cette absence provient sans doute de la nomenclature douanière qui ne comporte que deux catégories pour les plantes (plantes en l'état et huiles essentielles) ce qui ne permet pas d'avoir une idée précise sur le volume d'importations de PPAM en France aujourd'hui.